[Avis] Le Gagnant, de Sammo Hung

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A peine libérés de prison, le cambrioleur Pot de Thé et quatre autres de ses compagnons de cellules se sont jurés une amitié à vie. Ils décident de se ranger et ils vont créer une compagnie de nettoyage. La sœur de l’un d’eux s’associe également à la bande. Mais lors d’une transaction ratée, une valise appartenant à un parrain de la mafia se retrouve dans leur camionnette.

Avis de Rick :

Le Gagnant (encore un titre français qui m’irrite), alias Winners and Sinners, ou encore Five Lucky Stars, est le premier opus de la saga des Lucky Stars, et sera suivi par de nombreux opus, la plupart réalisés par Sammo Hung, dont les deux plus connues, sorties en 1985, seront connues en France sous le nom de Le Flic de Hong Kong 1 et 2. En France, les métrages sont largement vendus sur le nom de Jackie Chan, ce qui fait que les épisodes suivants n’ont pas eu droit à leur sortie. Hors, avant tout, ces métrages sont des comédies où l’action n’est pas toujours très présente, mettant en avant un groupe de cinq amis, dont Jackie Chan et Yuen Biao (ne faisant qu’une très courte apparition ici) ne font pas parti. Bouder les films, ou dans le cas présent, ce film, pour ces raisons, c’est passer à côté d’un bon gros moment de comédie. Dès la scène d’ouverture et la présentation de nos cinq personnages principaux, on a le sourire au visage, qui ne va quasiment plus nous quitter jusqu’à la fin du métrage. Car oui, Winners and Sinners est un film drôle, parfois très drôle même, où les situations les plus stupides s’enchaînent rapidement.

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D’ailleurs, il suffit de voir le casting pour comprendre. Outre Sammo Hung en voleur souple avec un plan d’évasion « quasi » à toute épreuve, comment ne pas souligner la délicieuse et toujours hilarante prestation du grand Richard Ng, déjà aperçu l’année précédente dans Carry On Pickpocket, déjà de Sammo Hung (et dans un tout petit rôle l’année suivante dans Wheels on Meals – Soif de Justice, où John Sham s’invite également à la fête). Acteur comique de génie (bon ça, ce n’est que mon avis hein), rien que de voir sa tête fait toujours rire, surtout que ces scènes font parties des meilleures du métrages. Outre la saga des Lucky Stars, on pourra citer sa grande participation à Mr Vampire 3 en 1987, autre grand moment de rire. Les autres acteurs ne sont pas en reste, dans la fameuse bande des 5, on retrouve également John Shum, Charlie Chin et le grand (oui je m’emballe) Stanley Fung, souvent hilarant, que l’on a pu voir également dans la comédie de Wong Jing : How to Pick Girls Up ! (un super rôle quand j’y repense) ou dans le tristement raté Mr Vampire 2. Dans la première suite (My Lucky Stars donc), Eric Tsang rejoint l’équipe.

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Bref, un casting d’enfer. Jackie Chan lui, très en retrait, joue comme souvent un flic aux méthodes brutales (il frappe lors d’un interrogatoire, avant de se rendre compte qu’il a faux sur toute la ligne envers son détenu) qui n’apparaît que tardivement (comme ce sera le cas pour les suites) et ne vient se greffer dans l’intrigue que par total hasard. Yuen Biao ne fait qu’une très courte apparition pour un combat rapide (environ 20 secondes), mais ça fait toujours plaisir à voir, surtout qu’il est toujours aussi souple et rapide. La grosse première partie du métrage se concentre sur l’aspect comédie des cinq personnages principaux qui se lient d’amitié en prison. A leur sortie, ils décident de rester ensemble, et le scénario, mince comme du papier à cigarette, n’est qu’un prétexte à une accumulation de gags. Dans un premier temps, la fine équipe va tout tenter pour draguer la sœur de l’un d’eux (la sœur de John Sham). Les coups bas s’enchaînent lors de petites parties de shopping ou de représentations sur scène où chacun va tenter de se débarrasser des autres pour se retrouver avec la belle. Bien entendu, cela ne suffit pas, et c’est bel et bien Richard Ng qui se tape la meilleure scène du métrage, alors qu’il tente de devenir…invisible. Ses amis jouent le jeu et lui font croire que sa technique marche, histoire de pousser la blague beaucoup plus loin, tout comme le ridicule. Irrésistible. Lorsque finalement la fameuse équipe se lance dans l’aventure de la création d’entreprise avec une compagnie de nettoyage (et que Sammo Hung se retrouve à être l’homme à tout faire – tout porter), l’action s’invite alors dans le métrage.

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Lors d’une scène anodine dans un restaurant, Sammo Hung croise le chemin de Jackie Chan. N’attendez pourtant pas une accumulation d’action, celle ci se fait plutôt rare, même si on pourra noter trois grandes scènes. La première, qui permettra de véritablement mêler l’histoire des 5 amis avec celle d’un trafic de faux billets, mettra en avant Jackie Chan dans une course poursuite… en patin à roulettes. L’acteur nous fait quelques bonnes cascades, dommage que quelques plans soient un peu trop accélérés au montage (ah les tics de mise en scène de Sammo Hung, quand il n’abuse pas du ralentis, il s’attaque à l’accéléré, comme pour certains plans du très sympathique The Moon Warriors). Passé cette séquence, dans laquelle les cinq pas si Lucky Stars que ça se retrouve mêlés à une affaire de faux billets, la faute à une valise tombée par accident dans leur camionnette, c’est alors Sammo Hung et ses acolytes qui prennent le relais niveau action, dans un mélange de coups techniques quand Sammo Hung s’en charge et de comédie quand les autres Lucky Stars s’y mettent. Le combat final dans le hangar est ainsi un très bon moment, où Richard Ng, tout comme Charlie Chin, ne peuvent s’empêcher de faire quelques pitreries du meilleur effet. Ce sera le début d’une longue saga. Le Gagnant est un faux premier opus puisque les personnages changeront de nom dès My Lucky Stars en 1985, et que John Sham disparaît de l’opus suivant, remplacé par Eric Tsang. Si Sammo réalise mais également joue et chorégraphie les 3 premiers opus, il n’est qu’acteur dans Lucky Stars Go Places puis délaissera la saga, préférant se charger de la réalisation de nouveaux films (Shanghai Express ou Eastern Condors par exemple) et de la production d’autres métrages comme la saga des Mr Vampire.

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Le Gagnant reste un très bon moment de comédie. L’action se fait rare mais réussie et amusante, tandis que Sammo Hung et Richard Ng crèvent l’écran. Jackie Chan tient un petit rôle pas si utile et nous offre quelques scènes d’action, et Yuen Biao ne fait qu’une courte apparition.

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gagnantTitre : Le Gagnant - Winners and Sinners – Five Lucky Stars – Wu Fu Xing – 奇谋妙计五福星
Année : 1983
Durée : 1h44
Origine : Hong Kong
Genre : Comédie

Réalisateur : Sammo Hung

Acteurs : Sammo Hung, Richard Ng, Charlie Chung, John Sham, Jackie Chan, Stanley Fung et Yuen Biao


Galerie d’images : 

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[Avis] Le Gagnant, de Sammo Hung, 8.4 out of 10 based on 7 ratings

A propos de Rick

Fan de cinéma en général depuis son plus jeune âge, c’est au début des années 2000, qu'il découvre Battle Royale et Audition entre autre. C’est pour lui le choc, et il se plonge à fond dans le cinéma asiatique, en particulier Japonais. Rapidement, il commence à aduler certains réalisateurs, notamment Sono Sion, Miike Takashi ou encore Tsukamoto Shinya, pour les plus connus, et à se lancer à la recherche de films méconnus et (ou) déviants.

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3 Réponses à [Avis] Le Gagnant, de Sammo Hung

  1. Dean dit :

    Ce film est tout simplement génial, la comédie à l’ancienne avec ses 5 gars restera culte

  2. raphnqnt dit :

    Ah J’adore ce film, il me fait toujours autant rire. Richard Ng est excellent comme d’hab’ et j’aime bcp le carambolage qui, il me semble, était une première pour un film de Hong Kong. Sammo réalisera encore un film de la « série », Ghost Punting et apparaitra dans le dernier, How To Meet the Lucky Stars.
     
    Vous avez déjà entendu Richard Ng parler anglais? Je me demande comment il n’a pas percer dans des films anglophones…

  3. Mugenjin dit :

    Vu et revu de nombreuses fois en famille quand j’étais petit. On se marrait à chaque fois, surtout les scènes mythiques de Richard Ng quand il se croit invisible et son combat tout en danse chaloupée.

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