
Après avoir projeté
If you were me l'année précédente sur le thème de la discrimination
en Corée, le film produit par la Commission des Droits de l'Homme de Corée If you were me 2
reprend la même recette à base de cinq courts métrages plus ou moins réussis. Parmi les réalisateurs les plus connus,
on retrouve Ryoo Seung-Wan (Die Bad, No Blood No Tears, Arahan) dans un
plan séquence absolument gratuit et inutile, ainsi que Jang Jin (Guns and Talks)
dans un segment dramatiquement drôle. Traitant de la discrimination au sens large (trisomie, immigration nord-coréenne,
révoltes estudiantines ... ) If you were me 2 reste un ensemble hétérogène et
intéressant mais quelque peu inégal. Dans la foulée, une petite comédie de mœurs indienne, sur un sujet non
conventionnel au pays de Bollywood (l'échangisme), vient apporter une bonne bouffée de fraîcheur au sein du
festival. Mixed Doubles raconte les efforts d'un père de famille qui veut
persuader sa femme de s'essayer à l'échangisme pour pimenter sa vie de couple.
Drôle et jamais vulgaire,
Mixed Doubles de Rajat Kapoor s'émancipe astucieusement bien des
stéréotypes du cinéma indien. Une bien belle surprise. Retour éclair sur le cinéma coréen avec cette petite
satire sociale qu'est Five is too Many narrant les mésaventures d'un groupe
de galériens. Réalisé par un professeur de mathématique, qui a dû annuler son déplacement dans la capitale
des Gaules pour cause de corrections de copies d'examen, Ahn Seul-Ki propose une œuvre bluffante de
maîtrise pour un amateur. Quant au support DV, il est compensé par un montage énergique et original, ainsi
qu'une direction d'acteurs aux petits oignons. Le public ne s'y est pas trompé, puisqu'à l'instar de ses deux
précédents prix coréens (Prix du Public au festival du Film Indépendant et Mention Spéciale des Critiques du
Public au 6ème Festival International du Film de Jeonju), Five is too many
a été récompensé à deux reprises à Lyon (Prix New Asian Cinema de la Presse et Prix New Asian Cinema du public).
Enfin, ceux qui ont eu le courage d'attendre pendant plus d'une heure la projection de Paprika
de Satoshi Kon, auront eu l'immense privilège de découvrir en avant-première ce nouveau trip visuel
réalisé sous cocaïne. Un film qui révolutionne tout simplement l'animation japonaise avec une bande son de
Susumu Hirasawa absolument sidérante.