Vendredi 11 novembre :

Suites aux émeutes urbaines secouant la France, et tout particulièrement la ville de Lyon, le festival commence à souffrir des mesures mises en place avec arrêt des transports en commun dès 18h. Une baisse de fréquentation des salles était malheureusement à craindre. Jusque-là, les salles étaient bien remplies. Même sur un film tamoul obscur (Navarasa), il n'y avait plus une banquette de libre.
Tous ces problèmes ont surtout été regrettables du fait de l'absence de nombreux invités (Lyon, ce n'est pas Beyrouth tout de même). Annulations en cascade (le réalisateur de Marathon pour dernier exemple) mais qui n'ont en rien gâché le plaisir de voir les films.

Donc ce vendredi il y avait Navarasa de projeté au cinéma Opéra traitant de la caste des travestis dans une Inde puritaine et traditionaliste. Il était indiqué sur le programme qu'il s'agissait d'une réalisation de Santosh Sivan (Dil Se, The Terrorist, Asoka, Roja ...). Mais il s'agissait sans aucun doute d'un homonyme tant ce Navarasa est différent de tout ce qu'a pu réaliser jusque-là le célèbre cinéaste. Ça ressemble à un premier film qui a sûrement été tourné avec un budget ridicule.

Jamais vulgaire, extrêmement sincère, minimaliste et juste ... Navarasa ose mettre en avant toute une population habituellement traumatisée par les tortures et la moquerie. La jeune fille interprétant Swetha est très touchante dans son rôle et incarne parfaitement cette Inde moderne qui ne demande qu'à évoluer et oublier toutes les traditions néfastes à l'épanouissement. Tourné dans le sud de l'Inde et alternant tamoul, hindi et anglais, ce Navarasa mérite plus qu'un succès d'estime car, malgré son cadre exotique et si lointain, il réagit face à un tabou universel. Seule ombre au tableau, le personnage de Booby est vraiment insupportable.



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