Samedi 12 novembre :


La grosse journée du festival avec son lot de gros blockbusters et autres films attendus. De grosses impasses me concernant sur une série de films que j'avais déjà vus.

         

Jiang Hu était très attendu car présenté par son réalisateur Wong Ching-po. Surfant sur la vague Infernal Affair avec son casting similaire, seule la présence d'un formidable Jacky Cheung relooké permet de faire sortir le film du ventre mou de la production hongkongaise de 2004.
Autre film attendu, le gros blockbuster indien Veer Zaara et son traitement maladroit des relations indopakistanaises. Sa maîtrise technique et esthétique suffisent tout de même à en faire un grand film qui doit entrer dans une toute autre dimension sur grand écran. En ce qui concerne Black, l'autre film indien de la soirée, il s'agit là de l'un des meilleurs films du festival et accessible à tous. Le réalisateur du formidable Devdas pousse le Dieu vivant Bachchan au meilleur de sa forme.
Enfin, je ne reviendrai pas sur le très bon Marathon qui semble, d'après mes échos, avoir été l'un des films les plus appréciés du festival.

L'ambiance lyonnaise dégénère en après-midi avec quelques échauffourées … de quoi rassurer les festivaliers. Plus de transports depuis 16h, un regroupement massif de CRS en centre ville, les commerces se sont vidés et ferment un par un... C'est dans ce contexte particulier qu'a eu lieu, à la librairie Decitre de Bellecour, la rencontre avec Tom Mes venu présenter son dernier ouvrage consacré à Tsukamoto après celui consacré au très controversé Miike.

En soirée, un énorme événement : la projection de deux courts/moyens métrages de Tsukamoto (dans des conditions techniques déplorables malheureusement). Je n'ai pas encore vu Snake Of June et Vital, mais apparemment il s'agit d'un retour en grande forme du réalisateur après deux demi déceptions.

Haze raconte l'histoire d'un homme qui se réveille confiné dans une petite pièce. Il n'a aucune idée de l'endroit où il se trouve ni de ce qui lui est arrivé. A mesure que les choses s'éclaircissent, la pièce semble rétrécir autour de lui.
Haze est d'abord un court métrage que Tsukamoto a volontairement rallongé suite au plaisir qu'il a pris sur le tournage. Il se met lui-même en scène dans un milieu clos à la manière d'un Cube et joue sur nos peurs claustrophobiques. On voit un Tsukamoto qui revient au style qui a fait sa réputation. Mise en scène travaillée, musiques métalliques, montage inspiré. Moins ambitieux et moins délirant qu'un Tetsuo et un univers minimaliste et bien épuré ... Ce moyen métrage artisanal joue sur nos nerfs et nos peurs de l'inconnu et du noir. Comme on pouvait s'y attendre, la fin possède une infinité d'interprétations sans répondre aux questions que se pose le spectateur... Une expérience unique qui réveille les sens.

Tamamushi est le second court de Tsukamoto proposé dans la soirée. Beaucoup plus académique et accessible avec quelques scènes fortes nous montrant l'étendue de sa maîtrise de la caméra. En plus on découvre une sérieuse concurrente à Chantal Goya.

Tom Mes est venu présenter les films et nous annonce la préparation avancée (sur le papier) de Tetsuo 3 qu'il tournera après quelques films de commandes. Normalement le projet avec Tarantino est mort (ouf!) et ce nouveau Tetsuo gardera le statut d'œuvre indépendante.

La soirée s'enchaîne sur Shutter, un film horrifique thaïlandais surfant sur la vague Ring. Comme on pouvait s'y attendre le film est très convenu mais il faut avouer qu'il est diablement efficace ! L'histoire part d'une trame assez originale, à savoir que les fantômes se voient sur les photos prises par Tun, le personnage principal. Malgré cette originalité, on retrouve une sensation de déjà-vu. Cependant, je crois que techniquement je n'ai rien vu d'aussi maîtrisé venant de Thaïlande et le film reste bien au dessus de la moyenne du genre. Je ne compte plus le nombre de passages qui m'ont fait sauter du fauteuil. Vivement conseillé si vous n'êtes pas blasés par les films de fantômes (à noter que le film a trouvé un distributeur pour la France et qu'une sortie est prévue. Reste à savoir si ce sera directement en vidéo).

Enfin, pour les plus courageux, et malgré un énorme retard suite à un problème technique (certains se sont découverts des talents de chauffeur de salles), DV Domestic Violence a pu clôturer une soirée bien remplie. DV raconte la plongée en enfer d'une femme dont le mari sombre soudainement dans la violence. Un tout petit budget qui tourne dans l'œuvre coup de poing des plus réussies. Pour du DV, le résultat est parfaitement maîtrisé et le tout filmé sans trembler. Le format DV apporte même une touche de réalisme que l'on pourrait perdre sur un autre support. Cette descente aux enfers crescendo glace le sang et est filmée sans voyeurisme (on espérait tous voir quelque chose de plus trash avec un bourrin en train de tartiner sa femme de beignes) mais c'est finalement bien plus subtile. Ce DV Domestic Violence ne s'adresse finalement pas exclusivement au public visé par le distributeur.

Dommage que le film soit passé si tard car je n'ai pas pu m'empêcher de m'assoupir quelques trop longues minutes. Ce DV Domestic Violence méritait bien mieux !



Retour au Sommaire