Lundi 7 novembre :

Lundi marque l'ouverture du 11ème festival Cinémas & Cultures d'Asie organisé dans la ville de Lyon. Rien de plus
idéal que cette avant-première du très attendu Wu Xia Pian de
Tsui Hark. La grande salle du Pathé est presque
pleine pour accueillir
Seven Swords. Comme tous les ans,
Jean-Pierre Gimenez,
le directeur du festival, nous fait une petite présentation de ce qui allait nous attendre cette année. On regrettera
qu'il n'ait pas su retenir le nom de tous les réalisateurs qui ont fait le déplacement et d'avoir négligé la
présentation de
Seven Swords pour resituer le film dans son contexte. Mais
l'important c'est enfin la vision du film sur grand écran. Après plus de 2h, la polémique commence à gronder sur ce
dernier film de
Tsui Hark et il est étonnant de voir que le film est soit apprécié, soit détesté … sans
juste milieu.
Me concernant,
Seven Swords a littéralement comblé mes attentes.
Tsui Hark
ressuscite le Wu Xia Pian hongkongais à l'ancienne. Inutile de le comparer à
The Blade
tant le modèle est intouchable mais on retrouve cet univers crade et sanglant où les véritables personnages
centraux sont les épées (d'où le développement en second plan des personnages).
On retrouve tout le style du maître, à la fois dans ses qualités et défauts (c'est pour ça qu'on l'aime ce
réalisateur, bordel !). Des scènes à l'action dantesque dont l'impressionnante apparition des 7 guerriers
lors du 2ème combat ou bien le final dans le couloir étroit ... du pur Tsui Style ! C'est rapide, épileptique
et rageur. Certains pourraient lui reprocher une certaine naïveté ou une profondeur sentimentale mièvre mais
ce n'est pas une première chez
Hark. Et c'est plutôt un gage de sincérité. La scène des chevaux n'est pas
de trop à mon avis. On notera aussi un triangle amoureux un peu léger (
Tsui Hark nous a habitués à bien
mieux par le passé) et les scènes avec les enfants relativement bancales. Mais cela assure le charme du film.

L'interprétation est correcte mais, rappelons-le, le film se base surtout sur les armes. Le film se nomme
Seven Swords et non pas
Les Sept Samouraïs
(le faible développement des personnages n'est pas pénalisant).
Donnie Yen dégage un charisme étonnant
quand on connaît son niveau habituel.
Sun Honglei (découvert dans le savoureux
The
Road Home) est énorme avec son rire étouffé, sa cruauté décalée et pleine d'humour (noir). Seul
Michael Wong est véritablement hors sujet mais son caméo est pathétiquement drôle.
Concernant le score de
Kawai, sans être abouti comme l'étaient
Ghost In The Shell
ou
Avalon (difficile de faire mieux tout de même), reste tout à fait correct.
A la fois speedé et stressant. Franchement on est loin de la purge annoncée, on sent juste un travail un peu
bâclé du fait du carnet de commande bien rempli du compositeur.
Bref, j'ai bien apprécié le spectacle et la comparaison avec les derniers Wu Xia Pian à l'esthétique travaillée
(que j'apprécie à leur juste valeur) est déplacée à mon avis tant les réalisateurs ne boxent pas dans la même
catégorie.
Yimou,
Kaige ou
Ang Lee proposent des fresques travaillées pour le plaisir
de faire du beau alors que
Tsui Hark fait comme d'habitude : du cinéma total et apocalyptique. Son
cerveau doit être en surrégime pour pondre un truc pareil.
Sincèrement je ne comprends pas cet acharnement autour de ce film malgré l'argumentation de ses détracteurs,
qui plus est, connaissent très bien la filmographie du réalisateur. Une attente trop soutenue ? Si
Seven Swords avait été pondu il y a 10 ans il aurait été adulé ... Je
comprends que
Black Mask 2 divise, mais
Seven Swords
est bien plus excitant que 90% des productions hongkongaises actuelles. Pas le chef d'œuvre annoncé mais un
bon Wu Xia qui, à mon avis, prendra de la valeur au cours des années à venir.