Mardi 8 novembre :

Après cette avant-première sanglante et toute en puissance, rien de tel qu'un peu d'amour dans ce monde de brutes avec le sulfureux La Saveur de la Pastèque. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s'agit d'une comédie musicale érotique réalisée par le Taïwanais Tsai Ming-Liang à qui l'on doit entre autres The Hole et Goodbye Dragon Inn. Une véritable réussite où le délire est poussé assez loin. Souvent d'une vulgarité assumée et très second degré, l'érotisme du film vient surtout de la place tenue par la pastèque ... croyez-moi, elle n'aura plus le même goût maintenant. Souvent drôle (la scène du bouchon !), certaines scènes prennent le spectateur par surprise (rarement vu un accouchement aussi original). Les passages musicaux sont d'une esthétique travaillée et d'une originalité qui vous feront sortir de la salle le sourire jusqu'aux oreilles. On regrettera tout de même les 20 dernières minutes un peu poussives mais nécessaires dans la finalité. Un régal pour moi mais, apparemment, le film n'a pas fait l'unanimité.

Avec un peu de retard, voici que pointe enfin un gros morceau du festival avec Antarctic Journal qui a été projeté dans le cadre de l'inauguration du festival après une amusante démonstration de Taekwendo. Le pitch est sans surprise : fin fond de l'Antarctique, une équipée coréenne découvre le journal d'une expédition anglaise menée 80 ans plus tôt. D'étranges phénomènes commencent à se produire. Voilà un film au contexte original mais qui ne tient pas ses promesses. Pourtant ce ne sont pas les qualités qui manquent. Tout d'abord on appréciera le niveau technique de la bête avec des plans en extérieur de toute beauté (les paysages magnifiques et photogéniques y sont pour beaucoup). L'interprétation est bonne mais le monstrueux Song Kang-Ho (Sympathy For Mister Vengeance, Memories of Murder) relègue tout le reste du cast au second plan. La partition de Kawai (même si on est loin de ses plus belles réussites), malgré un manque d'originalité, colle parfaitement au contenu. En fait, ce qui déçoit c'est tout le soupçon de fantastique venu se greffer au récit d'aventure. Antarctic Journal a le cul entre deux chaises et n'assume aucun des deux genres. Le film d'aventure est prévisible au possible mais reste le plus réussi. La partie fantastique est inutile, hors sujet et uniquement démonstrative. Dommage. Au moins Carpenter, avec des moyens différents, a su intelligemment lier les deux aspects. La mayonnaise ne prend pas ici, un simple film d'aventure aurait suffi à rendre le tout plus digeste. Dommage, on passe certainement à côté de quelque chose de bien.
On notera tout de même des points positifs comme l'agression de ce soleil interminable ainsi que la torture mentale de l'équipage qui sont bien rendues à l'écran. Dans ces plaines enneigées et infinies, on a un sentiment inattendu de claustrophobie. On attend la venue de la nuit polaire avec angoisse. Ce fabuleux coucher de soleil final est d'une rare beauté. D'ailleurs le final est particulièrement beau et touchant et sauve ce Antarctic Journal de l'anonymat le plus total.



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