
Petite journée essentiellement consacrée à
des séances thématiques ou des films plutôt méconnus. Histoires du coin de la rue est le premier court métrage réalisé
par l'immense Osamu Tezuka et, malgré un style très inspiré par l'animation américaine, reste une petite pépite
de poésie et d'imagination. Le film datant de 1962, force est de constater qu'il n'a pas pris une ride et que l'on sent
déjà le style de futur grand du manga et de l'animation japonaise. En bonus, La Sirène
(1964) et Autoportrait (1964) ont, eux aussi, été présentés au public. L'après-midi
a été l'occasion de découvrir deux films de Yu Hyun-Mok qui prennent leur essence dans l'histoire récente et
traumatisante de la Corée (La saison des pluies - 1979 - et
Les filles du pharmacien Kim - 1963 - ) qui confirment qu'il y avait bien un patrimoine
cinématographique important en Corée du Sud avant la nouvelle vague initiée par le Shiri
de Kang Je-Gyu en 1999. Autre pays, autre sujet : Bright Pearl, du chinois
Jun Wu, raconte les difficultés d'un projectionniste ambulant qui apporte un petit bout de bonheur dans les
campagnes reculées de la Chine. Œuvre aux moyens minimalistes mais à la portée politique très forte,
Bright Pearl a le mérite de mettre en avant la réalité d'une Chine ambivalente
partagée entre la modernité et la misère. La fin de la soirée est consacrée à un petit plaisir coupable : voir
Buppha Rathtree sur grand écran. Petit fourre-tout thaïlandais comme on les aime,
le génial Yuthlert Sippapak (Killer Tattoo, February) remet au goût du jour la légende folklorique la plus
adaptée du cinéma thaïlandais des amours triomphant de la mort. Certes bancal dans son souci de mélanger humour,
horreur et romance dans un style purement thaïlandais, Buppha Rathtree reste
néanmoins une bonne petite surprise de ce festival. Comme quoi, malgré ce qu'on peut entendre ici et là sur la
programmation de l'Asiexpo, quand ça ose, ça ose vraiment !