
Je vais commencer par le dernier g, à savoir L'Arc qui a plutôt mauvaise presse. Soyons brefs :
L'Arc est réellement une petite pépite. Sorte de synthèse de tout ce qui caractérise
le cinéma de son auteur : le cadre récurrent de l'eau (L'île, Birdcage Inn), des
personnages semi autistes (Locataire, Coast-Guard), des personnages tourmentés
(on va dire tous ses films) ... et un sujet encore torturé : un vieil homme vit avec une jeune fille qu'il retient
sur son bateau, loin de tout, attendant les 17 ans de sa captive pour l'épouser. L'Arc
est une véritable œuvre d'art couchée sur pellicule. Une histoire émouvante où une adolescente hésite entre l'amour
et l'affection pour le vieil homme qui l'a élevée. Seo Min-Jeong (découverte dans l'excellent
Samaria) est encore une fois à la hauteur du challenge ; et
Jeon Seong-Hwang incarne avec une rare justesse un vieil homme plein de vécu
et de mystère sans même ouvrir la bouche. On se surprend à être plein de tendresse pour une personne à la motivation
aussi douteuse. Sans oublier un décor épuré de tout superflu et embelli par une photographie fabuleuse, le cadre se
veut encore plus minimaliste qu'à l'accoutumée. Complètement exclu de toute civilisation, L'Arc
met paradoxalement en valeur toute la richesse de la culture coréenne au travers d'une multitude de petits détails.
De plus, le spectateur ne sombre jamais dans l'ennui car le film est ponctué par une succession de saynètes
kitaniennes parfois drôles, souvent dures et pleines de mélancolies. La musique (à base d'instruments traditionnels)
qui accompagne cette douce peinture est tout simplement sublime et aussi agréable que le film qu'elle accompagne.
Croyez-moi, vous ne l'oublierez pas facilement.
Sinon pour finir la soirée, une petite vieillerie datant de 2000 : le très sympathique The Foul King
de Kim Ji-Wun (souvenez-vous de 2 sœurs).