Mercredi 9 novembre :

Rien de tel qu'une bonne journée pluvieuse pour ce 3ème jour largement consacré à la Corée.

Je vais commencer par le dernier g, à savoir L'Arc qui a plutôt mauvaise presse. Soyons brefs : L'Arc est réellement une petite pépite. Sorte de synthèse de tout ce qui caractérise le cinéma de son auteur : le cadre récurrent de l'eau (L'île, Birdcage Inn), des personnages semi autistes (Locataire, Coast-Guard), des personnages tourmentés (on va dire tous ses films) ... et un sujet encore torturé : un vieil homme vit avec une jeune fille qu'il retient sur son bateau, loin de tout, attendant les 17 ans de sa captive pour l'épouser. L'Arc est une véritable œuvre d'art couchée sur pellicule. Une histoire émouvante où une adolescente hésite entre l'amour et l'affection pour le vieil homme qui l'a élevée. Seo Min-Jeong (découverte dans l'excellent Samaria) est encore une fois à la hauteur du challenge ; et Jeon Seong-Hwang incarne avec une rare justesse un vieil homme plein de vécu et de mystère sans même ouvrir la bouche. On se surprend à être plein de tendresse pour une personne à la motivation aussi douteuse. Sans oublier un décor épuré de tout superflu et embelli par une photographie fabuleuse, le cadre se veut encore plus minimaliste qu'à l'accoutumée. Complètement exclu de toute civilisation, L'Arc met paradoxalement en valeur toute la richesse de la culture coréenne au travers d'une multitude de petits détails. De plus, le spectateur ne sombre jamais dans l'ennui car le film est ponctué par une succession de saynètes kitaniennes parfois drôles, souvent dures et pleines de mélancolies. La musique (à base d'instruments traditionnels) qui accompagne cette douce peinture est tout simplement sublime et aussi agréable que le film qu'elle accompagne. Croyez-moi, vous ne l'oublierez pas facilement.
Toujours aussi prolifique, Kim Ki-Duk n'en perd pas moins de son originalité et arrive à se renouveler tout en gardant son style et ses obsessions. La fin est aussi belle qu'émouvante (j'ai vraiment apprécié le parti pris du réalisateur) et probablement la plus réussie de sa riche filmographie. N'ayez pas honte d'aimer L'Arc et encore merci à l'Asiexpo de nous proposer en avant-première une telle merveille. Kim-Ki Duk poursuit tout doucement son parcours (presque sans fautes).
On regrettera la coupure inattendue de nos amis d'EDF … Heureusement que le one man show improvisé par un Gimenez très en forme est venu remettre de l'ambiance.

Sinon pour finir la soirée, une petite vieillerie datant de 2000 : le très sympathique The Foul King de Kim Ji-Wun (souvenez-vous de 2 sœurs).
Une bonne petite bouffonnerie ponctuée de gags plus ou moins réussis. On suit l'apprentissage de ce catcheur atypique sans déplaisir. C'est marrant de retrouver Song Kang-Ho cabotinant avec autant de légèreté. Cela contraste énormément avec ce Antarctic Journal (film d'inauguration du festival) dans lequel il est si sérieux. Les scènes de catch parfaitement mises en scène sont à mourir de rire ... sacré Elvis !
Pour ajouter du charme à la soirée, on a eu droit à une déchirure de la pellicule à une minute du générique final (après la coupure de courant pendant la projection de L'Arc, ça fait beaucoup pour une soirée)... à un moment clé ! Frustrant mais l'ambiance sympathique a rapidement fait tomber la déception.

On regrettera aussi l'annulation de la venue de Kim Ji-Wun (remplacé par sa productrice). Dommage !



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