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OLD BOY
Pays : Corée du Sud
Durée : 1h59
Réalisé par : Park Chan-wook
Avec : Choi Min-shik, Yoo Ji-tae, Kang Hye-Jeong, Ji Dae-Hang, Oh Dal-Su |
Synopsis :
A la fin des années 80, Oh Dae-Soo, père de famille sans histoire, est enlevé un
jour devant chez lui. Séquéstré pendant plusieurs années dans une cellule privée, son seul lien avec
l'extérieur est une télévision . Par le biais de cette télévision, il apprend le meutre de sa femme,
meurtre dont il est le principal suspect . Au désespoir d'être séquestré sans raison apparente succède
alors chez le héros une rage intérieure vengeresse qui lui permet de survivre . Il est relâché 15 ans
plus tard, toujours sans explication . Oh Dae-Soo est alors contacté par celui qui semble être le
responsable de ses malheurs, qui lui propose de découvrir qui l'a enlevé et pourquoi. Le cauchemar
continue pour le héros.
Critique du film :
Ryô Saeba :
La réussite n’a pas toujours souris à Park Chan-Wook qui lors de
la sortie de son 1er long métrage « Moon is the Dream of the Sun » en 1992 essuie un échec
cuisant au box office ce qui le contraint à mettre en suspens sa carrière. Il passe alors de l’autre
côté, celui du spectateur en devenant critique de cinéma. Il publie un essai (Discreet Charm
of Watching Film - 1994), écrit des articles pour des magazines et participe à de nombreuses emissions
consacrées au cinéma à la télévision et à la radio. Ce n’est qu’en 1997 qu’il a de nouveau l’occasion
de réaliser un long métrage. Avec l’aide de son ami Lee Moo-young avec
lequel il écrira régulièrement les scénarii par la suite, il écrit et réalise The Trio (aka Threesome)
racontant l’histoire de trois amis en cavale. Mais ce film qui tend plus vers la comédie que son
précédent ne remporte pas non plus le succès escompté. Park Chan-Wook
va alors se mettre à écrire plusieurs scénarii dont The Anarchists ainsi que The Humanist
réalisé par son ami et collaborateur Lee Moo-young.
Un scénario lui tient particulièrement à cœur, il s’agit de « Vengeance is mine » mais la
noirceur et la violence de ce dernier fait peur aux producteurs qui refusent de financer ce projet.
La suite on la connait, Myung Films lui propose le scénario de J.S.A qu’il accepte avant d’y
effectuer quelques retouches telles que l’ajout du personnage de Sophie Jang, la femme qui enquête
sur le drame. J.S.A est un succès retentissant à tout niveau et Park Chan Wook
qui a désormais les mains libres met enfin en scène son scénario qu’il a traîné depuis 7 ans pour
réaliser le très contreversé Sympathy for Mr Vengeance qui est le 1er volet d’une trilogie
ayant pour thème la vengeance.
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Basé sur le manga du même nom de
Tsuchiya Garon,
Old Boy est
donc le cinquième long métrage de
Park Chan Wook et le second film
de cette trilogie. Pour interpréter le personnage principal sur lequel tout le film repose, le réalisateur
a choisi
Choi Min Sik, acteur que l’on a pu remarquer pour son rôle
de soldat nord coréen dans
Shiri ainsi que pour sa magnifique interprétation dans le film
Ivre de femmes et de peinture. Par où commencer ? il est difficile de parler de
Old Boy sans
trop en dévoiler car c'est avant tout un thriller qui à la manière de
The Game de
David Fincher nous entraîne dans un jeu diabolique.
Ce jeu diabolique c’est Oh Daesu qui en est la victime, un soir après avoir un peu trop bu, il se fait
enlever et enfermer dans une chambre où il passera quinze années de sa vie. Quand finalement on le laisse
sortir Oh Daesu n’a plus que deux idées en tête : trouver celui qui est à l’origine de son emprisonnement
pour en connaître les raisons et puis bien sur se venger. Car le personnage de Oh Daesu est désormais
conditionné par la vengeance, durant toute son incarcération il n’a cessé de nourrir un sentiment de
haine envers ses ravisseurs en se préparant physiquement et mentalement pour les représailles.
Mais ce
Old Boy est une vraie claque que l’on reçoit en pleine figure. La réalisation est vraiment
très soignée et
Park Chan Wook nous offre des plans de toute beauté
dont un long travelling en plan séquence fabuleux où
Choi Min Sik
armé d’un marteau affronte une horde d’hommes munis d’armes en tout genre dans un couloir, plan qui
renforce encore plus le sentiment de solitude du personnage. Quant à cette violence qui est beaucoup
décriée même si elle est très graphique, on est tout de même très loin des films de
Miike
comme
Ichi the killer. Contrairement à
Miike,
Park Chan Wook ne montre pas tout, laissant faire notre
imagination il utilise le contre champ associé aux bruitages, la comparaison avec
Ichi
vaut d’autant plus qu’il y a une scène similaire nous permettant confronter le traitement des
deux réalisateur. Un travail minutieux a également été effectué sur tout ce qui est ombres et
lumières ainsi que sur les couleurs par le biais des décors.
Le scénario est également bien trouvé et les intrigues multiples réussissent à tenir le spectateur
en haleine tout au long du métrage, sans oublier le final dont on se souviendra lomptemps après la
vision du film, riche en surprises et en émotion qui nous assomme et nous scotche littéralement à
l’écran. Une autre qualité indéniable du film, c’est son score composé majoritairement de musique
classique collant parfaitement avec l’ambiance et qui est utilisé pour contrebalancer les scènes
de brutalité par sa douceur et légèreté. Ce qui fait que les airs au piano ou violon marchent aussi
bien sur les scènes dramatique que violente.
Mais la grosse réussite du film se doit également en grande partie à l’acteur principal
Cho Min Sik qui délivre là une énorme performance. Car tout
le film est porté vers lui, il transmet au film l’immense énergie dont il fait preuve. Ce côté
« surjoué » (non négatif) peux désorienter et agacer les non initiés car c’est une chose que
l’on retrouve beaucoup plus dans le cinéma asiatique que dans le cinéma occidental. Que ce
soit dans les expressions du corps et du visage que dans la manière de parler, il y a cette
exagération démonstrative qui suivant la manière dont on la prend peut soit accentuer les
émotions soit les rendre totalement grotesques. Tout dépend bien sur de la manière dont c’est
joué, il ne faut pas non plus dépasser « la limite » et
Cho Min Sik
je trouve réussi parfaitement à donner vie à son personnage en restant justement dans cette limite,
quitte parfois à la frôler.
Vous l’avez compris,
Old Boy est très bien réalisé et interprété, bénéficie d’un scénario
original et prenant, successivement jouissif, violent, touchant et à la limite de l’excès. Le
film mérite bien son prix et on attend avec impatience le 3e volet de cette trilogie sur la
vengeance pour l’instant intitulé «
Sympathy for lady vengeance » qui espérons sera au
moins aussi bon que
Old Boy.