CHA NO AJI (The Taste of Tea)



Pays : Japon
Durée : 143 mn
Réalisé par : KATSUHITO Ishii
Avec : Tadanobu Asano, Maya Banno, Takahiro Sato

Synopsis :

Les destins croisés de la famille Haruno, qui vit dans une petite ville isolée dans la montagne. Hajime, lycéen timide, est amoureux d'une nouvelle camarade de classe. Pour elle, il va devenir un as du jeu de go. La petite Saichiko, huit ans, voudrait faire disparaître son double géant qui semble la surveiller derrière son dos. La mère, Yoshiko, dessine des films d'animation et va rencontrer le succès sur le tard. Son mari, Nobuo, pratique l'hypnotisme. Le grand père excentrique amuse tout le monde. Enfin, le frère de Yoshiko vit plusieurs rencontres étranges, ou en invente une partie, tellement elles sont difficiles à croire. Il est déprimé suite à une rupture et accepte de faire le mixage d'un disque que veut enregistrer son frère.


Critique du film :

Bunman : Katsuhito Ishii nous propose de suivre la vie d'une famille particulière les "Haruno". Ils vivent dans la campagne, entourés par des montagnes. Un peu à la manière de Isao Takahata avec "Mes Voisins les Yamada", Katsuhito Ishii, nous dresse le portrait de cette famille pour le moins iconoclaste en employant le même type de narration que Takahata Isao, on n'a pas vraiment d'histoire mais des histoires, des scénettes ou plutôt des tranches de vie des 5 personnes qui constituent cette famille.

Saichiko (Maya Banno), la jeune fille d'une dizaine d'année, a comme principal soucis : faire disparaître son double géant qui la suit comme une ombre et dont elle voudrait bien se débarrasser (on pense immanquablement à Mon voisin Totoro, pour le coté grand personnage prévoyant qui est là silencieux, ce n'est pas le seul clin d'oeil à l'univers de Hayao Miyazaki, mais j'y reviendrai plu tard).

Hajime, le grand frère de Saichiko, qui connait les premiers amours adolescent et qui doit pour cela vaincre une timidité maladive (ce qui nous vaut des moments de comédie extrêmement proche de l'univers du manga, avec des personnages comme ceux du collège fou fou fou).

Yoshiko, la mère, est dessinatrice pour animé, ou plutôt artiste graphique et ses dessins servant de base à des animations. Elle suit le chemin du grand père qui est un grand nom de l'animation Japonaise et qui est toujours proche d'elle pour lui donner des conseils et surtout pour lui montrer des mouvements (d'ailleurs le personnage du grand père est un véritable bonheur, personnage lunaire dans son monde mais qui fait surface parfois afin d'aider sa belle fille, il fait immanquablement penser au personnage de Tortue géniale (si c'est comme ça que le personnage s'appelle), un viel homme hirsute complètement loufoque, avec son diapason pour se donner le la, et toujours près à prendre de formidables poses Sentaï).

Nobuo, le père, qui est médecin et qui pratique une médecine douce : l'hypnose, c'est une personne tout en silence, chef de cette famille iconoclaste et toujours prés à user de son art pour faire passer un bon moment à sa famille (séance d'hypnose familiale tout simplement fabuleuse).

Tadanobu Asano interprète l'oncle des petits, le frère de Yoshiko, c'est un ingénieur du son qui est venu faire un break dans sa famille, histoire de se ressourcer un peu et de se remettre d'une rupture. Tadanobu Asano joue le rôle de grand frère pour les deux petits toujours là pour leur raconter des histoires plus ou moins vraisemblables qui lui seraient arrivé. Il va faire la rencontre de personnages tout aussi déjantés : un Yakuza base-baller qui s'entraîne avec des pierres, un illuminé qui vit sur les bords du fleuve, et qui passe sa journée à prendre des poses comme s'il exécutait un mix de kung Fu et de danse contemporaine.

Tout ce beau monde vit dans une maison, qui est aussi un personnage à part entière dans cette histoire, on pense tout de suite à la petite maison dans laquelle emménage la famille dans mes voisins Totoro. Située et présentée de la même manière, c'est une maison où règne une quiétude et une sérénité, elle est situé en rase campagne mais côtoyé par un immense arbre. Toute la famille se retrouve souvent sur le pas de la porte pour partager un moment de silence et une tasse de Thé (d'ailleurs qui est toujours présent pour ponctuer les moments importants du film)

Katsuhito Ishii nous livre un film d'une incroyable poésie, qui prend sa source dans l'univers d'Ozu (pour l'ambiance, les moments hors du temps), dans celui de Miyazaki (pour la représentation de la campagne, de la montagne, pour tout ce qui entoure cette famille, pour l'amour de la nature, d'ailleurs le grand père et le frère de l'oncle feront une chanson en hommage à la montagne en général, ce qui vaudra un des moments les plus drôles du film). On pense aussi à Isao Takahata, pour la peinture de la famille et la structure même du film. En effet, il n'y a pas réellement d'histoire et sur 163 minutes cela aurait pu paraitre laborieux et longuet, il n'en n'est rien, on suit ces tranches de vie, qui toutes s'imbriquent les dans les autres et font un tout.

Le goût du thé (The Taste of Tea) est un formidable mix de beaucoup de chose (culture pop, univers Manga, etc) absolument pas indigeste, qui se fond ensemble pour former un film d'une extrême poésie.

A découvrir immanquablement (à suivre pour les sorties éventuelles). 9.5/10


Le réalisateur :


Né en 1966, Katsuhito Ishii débute en réalisant des publicités. En 1996, il obtient le Grand Prix au Festival International de Yubari pour son court-métrage The Promise of August. Avec son complice Tadanobu Asano, il réalise, en 1999, son premier long-métrage, Sharkskin Man and Peach Hip Girl, adapté d'un manga à succès. L'année suivante il réalise Party 7 avec Asano et Masatoshi Nagase. En 2001 et 2002 il réalise une série de courts-métrages d'animation en 3D, Hal & Bons, et une autre série en 2D, Trava. Avant de collaborer en 2003 avec la société d'animation IG dans le cadre de la séquence animée de Kill Bill (Vol. 1) de Quentin Tarantino. La Saveur du Thé est son troisième long-métrage.

Site Web du Film : http://www.chanoaji.jp/


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