L’Amère Histoire d’une Servante
Titre original : Qionglou hen
Réalisé par : Ma-Xu Weibang
Année : 1949
Origine : Hong Kong
Durée : 1h48
Genre : Thriller
Acteurs : Wang Dangeng, Gu Eryi, Gu Yelu, Hong Bo, Yan Bijun, Su Qin
SCENARIO :
Une infirmière qui ressemble à la fille défunte du vieillard qu’elle soigne découvre peu à peu la cause de la mort de celle-ci.
COMMENTAIRE :
Ryô Saeba : Ma-Xu Weibang, le pionner du cinéma d’horreur chinois, nous livre ici avec
L’Amère Histoire d’une Servante un thriller horrifique. Le film raconte l’histoire de Mlle Lin, une
infirmière engagée par un serviteur d’un riche vieillard afin de le soigner. Seulement en arrivant dans la
maison, quelque chose ne tourne pas rond, tous les domestiques de la maison sont grandement effrayés par
l’infirmière et pour cause, elle est le sosie exact de Lingbao, la fille du vieux maître, morte dans d’étranges
circonstances. Pour soigner le père de Lingbao devenu fou car il n'accepte pas la mort de sa fille, l’infirmière
se déguise et se fait passer pour sa fille afin d’enquêter pour éclaircir les raisons de sa mort.
Le film s’ouvre sur un plan dans une chambre où l’on voit une fille (LingBao) effrayée, poursuivie par une ombre
qui lui veut du mal et qui finalement l’étrangle avant de passer en fondu enchaîné sur le train qui amène l’infirmière
sur les lieux du crime. Par le biais de ce plan d’ouverture, le réalisateur amène tout de suite le spectateur dans
le bain et il lui lance une série d’interrogation : qui est cette mystérieuse ombre ? et pourquoi a t’elle tué cette
fille ?
Pour répondre à cette question, arrive en train tel la police arrivant sur les lieux d’un crime, Mlle Lin, infirmière
qui s’improvisera enquêtrice. Cette arrivée n’est pas sans rappeler les films ou série à enquête comme les aventures
de Hercule Poirot dont le scénario est souvent tiré de nouvelles des années 20 ou 30. Cependant si le film joue
habilement la dessus pendant la première partie du film, il s’essouffle assez vite en donnant maladroitement toutes
les cartes en mains aux spectateurs. Ce qui fait que la deuxième partie est dénuée d’intérêt et le film fait un peu
du surplace. Il faudra attendre le dénouement pour avoir un regain d’intérêt. C’est un peu dommage car le traitement
effectué sur la première partie du métrage est fort intéressante, à la quête d’informations se rajoute une sorte de
suspense parallèle comme lors de la première nuit de Mlle Lin dans la maison, une ombre ouvre la porte et vient replacer
sa couverture avant de repartir.
Il est intéressant de faire une comparaison entre ce film et une œuvre précédente du réalisateur
Ma-Xu Weibang, Le Chant de Minuit
tant les similitudes sont évidentes que ce soit dans le traitement de l’histoire ou des personnages. Il y a vraiment
beaucoup de points communs. Tout d’abord la narration est la même, on présente une situation initiale puis tout comme
le monstre du Chant de Minuit qui raconte son histoire, ici la gouvernante raconte l’histoire de la mort de
Lingbao pour ensuite revenir sur la trame de départ. On retrouve aussi, même si en quantité beaucoup moins elevée comparé
au Chant de Minuit, de tres beaus effets de lumière comme la scène ou la gouvernante fait decouvrir la chambre
de Lingbao à Mlle Lin en entrant dans la pièce à l’aide d’une bougie pour garder le suspense avant d’allumer la lampe
au plafond éclairant subitement l’integralité de la pièce. Une autre chose qui est similaire, dans les deux films les
personnages principaux se font passer pour quelqu’un d’autre. Dans le Chant de Minuit, c’est le comédien Xiaogou
qui se fait passé pour Dannping complètement défiguré dans le but d’apaiser la douleur de XiaXia qui le croit mort et
ici c’est Lin qui se fait passer pour Lingbao afin d’apaiser la douleur de son père. Et pour finir, les deux films ont
un dernier point commun qui est le dénouement. Les films se terminent tous deux par un incendie violent et qui est
superbement mis en scène dans les deux oeuvres.
Au final, tout comme Le Chant de Minuit, le film est inégal, il y a de très bonnes chose dans la première partie
du film mais également de gros defauts sur la deuxième. Dommage.