La Divine / Goddess

Titre original : Shennü
Réalisateur et scénariste : Wu Yonggang
Directeur de la photographie : Hong Weilie
Année : 1934
Origine : Chine
Durée : 1h17
Genre : Drame
Acteurs : Ruan Ling-yu, Li Jian, Zhang Zhizhi


SCENARIO :

Afin d’échapper à un policier dans les étroites rues de Shuiping, une prostituée (Ruan Ling-yu) pénètre dans un logis pour s’y réfugier. Mais elle ignore qu’il s’agit du domicile de Zhang (Li Jian), un brigand et joueur invétéré.
Vivant seule avec son jeune enfant, elle va un jour avoir la mauvaise surprise de voir débarquer chez elle Zhang et deux petites frappes. Dès ce jour, il n’aura de cesse d’harceler la jeune mère et de lui voler le peu d’argent qu’elle gagne.
Les années passent et son garçon (Zhang Zhizhi) a grandit. Elle se met alors en tête de l’envoyer à l’école et pour cela, elle devra cacher ses économies à Zhang et sa profession aux autres parents et professeurs.


COMMENTAIRE :

Kamï : Goddess est l’un des films les plus célèbres d’une grande et fulgurante figure du cinéma chinois des années 20 et 30, Ruan Ling-yu. Filmé au Shanghai Studio N°1, ce film muet repose sur le personnage qu’interprète Ruan, une mère qui se prostitue le long des rues commerçantes. Elle doit trouver un équilibre entre l’éducation de son fils que sa voisine aide pour le surveiller en son absence et sa profession qu’elle doit exercer habilement sans éveiller les soupçons de la police locale. Un soir, se retrouvant au beau milieu de ce qui semble être une rafle visant à arrêter les prostituées et leurs clients, elle tente de fuir un policier tenace. La seule issue est une porte d’un logement qu’elle ouvre. Malheureusement pour elle, derrière se trouve Zhang, un brigand roublard qui prendra ses aises dans l’appartement de la jeune femme et dont il volera régulièrement le peu d’argent afin de le gaspiller aux jeux.

Ancienneté oblige (près de 70 ans), la qualité de la bande de La Divine est très abîmée, saute assez fréquemment mais on ne chipotera pas. S’il m’avait été donné d’entendre, il y a peu, que je pourrai un jour voir ce film de Ruan Ling-yu, quête du Graal du passionné que je suis, j’aurai sans doute rigolé aux éclats ou mieux fait comme si je n’avais rien entendu. L’initiative de la Cinémathèque Français et du festival La Chine à Chaillot est donc accueillie avec la plus grande joie.


Du cinéma muet, on connaît principalement les comédies américaines d’un Charlie Chaplin, d’un Buster Keaton ou du célèbre duo Laurel et Hardy. Les cabrioles et chutes en moins, on est amené à croire qu’un métrage qui s’apparente à un drame peut facilement lasser. Il n’en est rien. Ruan Ling-yu captive par ses gestes, son visage et son charisme volant la vedette à un Li Jian plus potelé mais surtout plus caricatural dans ses mimiques.

L’histoire est simple mais efficace, l’ensemble emballant. En résumé, Goddess est une expérience à vivre, une merveilleuse façon de découvrir le cinéma chinois muet des années 30.


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