La Rose de Pushui
Titre original : Xixiangji
Réalisé par : Hou Yao, Li Minwei
Année : 1927
Origine : Chine
Durée : 0h45
Genre : Wu xia pian / Comédie
Acteurs : Zhong Shuhuang, Huang Yin, Zhang Yi, Wang Yi, Er Lin |
|
SCENARIO :
Dans un monastère où il révise ses examens, un étudiant tombe amoureux d’une jeune fille qui est convoitée
par le chef d’une bande de hors-la-loi.
COMMENTAIRE :
Ryô Saeba : Ce film est une adaptation d’une célèbre pièce de théâtre qui servit de trame à de nombreux opéras. L’histoire
est assez simple : un étudiant demande le droit à habiter dans un monastère pour pouvoir raisonner sans gêne,
et en parallèle, la femme du 1er ministre et ses deux filles viennent effectuer un sacrifice au temple afin
que son défunt mari repose en paix. L’étudiant tombe amoureux d’une des deux filles mais elle est complètement
indifférente. Une bande de brigands apprennent la venue des trois femmes au monastère et leur chef décide d’enlever
la fille pour en faire sa femme. Sa mère décide donc de donner la main de sa fille à quiconque vaincrait ses bandits
quelque soit son rang et c’est là qu’intervient notre héros, l’étudiant usant de malice et utilisant ses connaissances
afin de trouver le moyen pour venir à bout de l’ennemi.
Ici, le film est non seulement muet mais également dépourvu de bande sonores ou bruitages. Cependant il est intéressant
de constater que l’image est teintée et diffère des films en noir et blanc habituels. La couleur dominante est un blanc
très clair qui donne une impression d’image dorée au film qui tend vers le jaune. La deuxième couleur utilisée est la
couleur bleu. Un peu à la manière d’un filtre, l’image est bleutée pour souligner la nuit, ainsi cela résout les
problèmes d’éclairage en partie. Une troisème couleur est également utilisée très brièvement, c’est le rouge, lorsqu’un
moine du temps est dans une pièce où se trouve un fourneau, l’image devient rouge pour souligner la sensation de
chaleur. Une autre chose assez impressionnante, c’est le nombre de figurants. Entre l’armée des bandits et celle
du chevalier blanc, il y a un nombre vraiment considérable de personnes à l’écran, ce qui n’a pas du être facile de
réunir tant de monde.
Le jeu des acteurs passe beaucoup par des gestes et expressions du visage, de façon assez théâtrale d’ailleurs, le
méchant par exemple ne cesse d’arborer une expression effrayante avec les sourcils froncés et une moue de la bouche.
Les combats eux aussi ne sont pas très élaborés et ressemblent un peu à de l’opéra chinois. Il y a également de
la comédie dont une séquence plutôt réussie où le jeune étudiant rêve que le chef des brigands enlève sa bien aimé
galopant à cheval, pendant que lui le poursuit en volant à califourchon sur sa plume devenu géante. Il s’en suit
un combat plume contre épée et le brigand meurt badigeonné d’encre sur la tête. Comme quoi la plume est plus forte
que l’épée (j’avoue qu’elle était un peu facile celle là).
Au final, le film est plutôt bien réussi, mêlant habillement comédie, romance et combats avec une utilisation teinté
de l’image plutôt originale et qui lui donne un certain charme.