A l’issue de son mariage, Wang Yu et sa femme se retrouvent au Temple du Lotus Rouge, un repère de voleurs déguisés en moines.
Ryô Saeba :
Temple of the Red Lotus est un film important dans l’histoire du cinéma de Hong Kong. Tout d’abord
parce que c’est le premier film de deux futures grandes stars de la Shaw :
Wang Yu
et
Lo Lieh, mais aussi un des tout premiers films du vétéran
Wu Ma.
Tous les trois possèdent des filmographies impressionnantes se rapprochant des 200 films pour
Wu Ma
et
Lo Lieh et des 100 films pour
Wang Yu qui lui a
vu sa carrière quelque peu basculer dans les années 80. On retrouve aussi furtivement, jouant des soldats du
Lotus Rouge, deux des plus grands chorégraphes du cinéma :
Yuen Woo Ping et
Liu Chia Liang, ce dernier qui s’inspirera d’ailleurs du film pour son
Shaolin Mantis.
Et pour finir,
Chang Cheh a travaillé en tant que superviseur de la réalisation
du film.
Le film commence par un défilé de peintures en guise de générique qui reproduisent des scènes de combats
qui seront présentes dans le film. Passé le générique, on nous gratifie d’un gros plan sur une mare de sang
avant d’effectuer un zoom arrière pour découvrir la tête d’un cadavre. Ce plan annonce déjà le futur style
spécifique à la Shaw et surtout d’un de ses plus illustre représentants :
Chang Cheh.
Par la suite, un convoi découvre le cadavre et au même moment, ils se font attaquer par des ninjas qui les
exterminent tous. Au milieu de tout, arrive le jeune épéiste Wu qui emprunte ce chemin pour se rendre
au château de la femme qu’il doit épouser. Il aide les gardes à se battre mais reçoit une fléchette dans
l’épaule et s’évanouie. Lorsqu’il se réveille, il découvre qu’il a été soigné par « la femme à l’épée rouge »
interprété par
Ivy Ling Po. Elle lui indique le chemin pour se rendre au domicile
de Lian Chu car ne l’ayant pas vu depuis 10 ans, il ne s’en souvenait pas. Arrivé à destination, la famille de
Lian Chu l’accueille mais ils se rendent compte que c’est l’homme sur lequel ils ont lancé une fléchette, tout
comme Wu qui se doute de quelque chose. A partir de là, le film est en place et les différentes intrigues vont
pouvoir se développer. La famille de Lian Chu sont t’ils des voleurs ? Wu est t’il un traître ? Qui sont les
membres du Lotus Rouge ?
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La réalisation est très soignée et les décors sont vraiment magnifiques bien que tournés en majeure partie
en studio. Le scénario est plutôt bien menée et les différentes intrigues tiennent la route tout au long du
film, ce qui n’est pas toujours le cas dans ce genre de film. Quant aux acteurs, ils livrent tous ici une
très bonne performance. De la petite Petrina Fung qui joue la sœur espiègle de Lian Chu à Lam Jing qui joue
la grand mère chef de famille en passant par la belle Chang Ping qui joue la femme de Wu. Le jeune
Lo Lieh
dont c’est le premier rôle s’en tire bien également en rival de
Wang Yu.
Wang Yu dont c’est le premier rôle également, n’a pas une image de grand
héros presque invincible mais au contraire, tout comme son personnage, il apparaît comme une jeune
épéiste encore en apprentissage et plutôt fragile.
Les chorégraphies sont plutôt bien réussies et on lorsque l’on sait que le film date de 1965 ça rajoute
encore du crédit. Je ne pense pas que le fait que
Liu Chia Liang joue un petit
rôle dans le film soit le fruit le hasard, il a du réaliser une bonne partie des chorégraphies. D’ailleurs
comme je l’ai dis plus haut, il s’est inspiré du film pour son film
Shaolin Mantis. La scène où Wu
et Lian Chu, pour partir de la maison, doivent affronter tous les membres de la famille car une personne
ayant appris la technique secrète familiale de l’épée Yang Yang ne peut plus partir à moins de tous les vaincre,
rappelle grandement une scène similaire de
Shaolin Mantis.
Il a été dit que
Come Drink With Me est le film qui a mis en place un genre à part entière avec des
chorégraphies impressionnantes et une héroïne féminine mais déjà dans
Temple of Red Lotus, on retrouve
toutes les bases des futurs wu xia pian avec des chorégraphies qui n’ont rien à envier à celles des films
des années 60 et 70. On retrouve aussi une domination des personnages féminins dans le film. Le personnage
le plus fort du film n’est autre que « la femme à l’épée rouge » qui semble invincible et dans la famille de
Lian Chu, les femmes semblent également être supérieures aux hommes en termes de combats. Pour preuve, c’est
une des femmes de la famille qui a mis au point la fameuse technique secrète de l’épée Yang Yang.
Au final, on se retrouve devant un film très plaisant et également très important dans l’histoire du wu xia
pian et de la Shaw Brothers.