PAGE 4 DU DOSSIER SUR DANIEL LEE

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# 5/ BLACKMASK :

Sous l'égide de Tsui Hark, Daniel Lee s'attèle à la mise en scène d'un film mi-science fiction, mi-hero movie sous influence bande-dessinée en particulier Ar Hap, relatant l'histoire d'un héros masqué façon Frelon Vert, une des rares BD hongkongaises arrivant à la hauteur de certains mangas japonais.

Le scénario de Black Mask est donc assez futuriste ; une unité spéciale de combat appelée 701 composée de soldats insensibles à la douleur est dissoute, les autorités ne parvenant pas à maîtriser le projet mais le soldat Tsui Chik (Jet Li) réussit à s'échapper. Devenu simple bibliothécaire afin d'oublier son passé, il va devoir tout de même aider son seul ami, Rocky (Lau Ching-Wan) afin de stopper les conflits entre triades et terroristes. Mais pour cela il revête une combinaison et un masque noir devenant ainsi le Black Mask, afin de ne pas révéler à ses proches (dont la belle Tracy jouée par la très talentueuse Karen Mok), sa véritable identité. Et pour corser l'histoire, ce sont des anciens membres de la 701 dirigé par le sordide Hung (Patrick Lung) qui mettent à feu et à sang, les milieux mafieux. Et donc tout ça nous emmène inévitablement par la confrontation entre le Black Mask et la 701 dont fait partie son ancienne complice (Françoise Yip).
 
Hormis les planches de Ar Hap, le film s'inspire de différents sf comme Universal Soldier, Batman et L'Effaceur. Attendu comme une superproduction, Black Mask se révèle être tout juste un bon divertissement.

Sachant que Tsui Hark en est l'un des scénaristes et le producteur attitré, on comprend très vite où est le problème et Daniel Lee n'est pas assez impliqué dans la réalisation (il avoue clairement son manque d'intérêt pour la Science-fiction et son indifférence envers le comic-book) pour pouvoir jouer les " fortes têtes " avec Tsui. Pour s'en persuader, dans son interview pour le HK Orient-Extrème Cinéma (n° 4 - octobre 1997), Daniel Lee explique :

" Je vais vous avouer un truc….. : je n'ai pas vu Batman et encore moins Superman ! Tsui Hark par contre est un fou de comics. Il adore Batman et tout ce cirque… ".

On comprend mieux alors l'importance de l'apport de Tsui Hark dans ce film, surtout au niveau des influences (Daniel Lee n'aurait à ses dires jamais lu la bande-dessinée Black Mask avant de réaliser son film).
 
 
 
Pourtant on dénote quelques effets de style très "Danielien" comme les passages en noir et blanc des flash-back qui annoncent ceux de Till Death do Us Part (en violet/rose ou vert).

Mais Black Mask n'est en rien représentatif de Daniel Lee, les producteurs exécutifs ont fait faire retourner des scènes ainsi que remonter le film pour l'exportation.

Tsui Hark non satisfait lui aussi du film, vient de finir SON Black Mask 2, écrit par Julien Carbon et Laurent Courtiaud (deux anciens journalistes de feu HK Mag') et toujours chorégraphié par Yuen Woo-Ping. Le casting est déstabilisant, les têtes connues ne sont plus au goût du jour (plus de Jet Li, de Lau Ching-Wan, ni de Karen Mok) mais des " nouvelles têtes " comme Andy On, Scott Adkins ou des acteurs peu notoires comme Blacky Ho (acteur dans Alan & Eric Between Hello & Goodbye ou Full Alert et réalisateur de Days Of Being Dumb) voir même une ancienne actrice de films pornographiques (sic) du nom de Traci Lord.

Black Mask 2 ou le moyen de voir ce que voulais réellement faire Tsui Hark sur le premier volet via Daniel Lee.

Donc au final, Black Mask est un assez bon divertissement avec de moyennes chorégraphies matrixiennes de Yuen Woo-Ping et l'on peut par la même occasion considérer ce film comme le brouillon de Matrix dont les frères Andy et Larry Wachowsky se sont largement inspiré : organisation informatique, expérience sur le cerveau, protagonistes habillés en noir, lunettes noires ou cuir façon s-m, des soldats d'élites, les chorégraphies de Yuen (ils ne l'ont pas recruté par hasard ^_^).

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