
Cette 11e édition de l’Etrange Festival fut vraiment un pur moment de plaisir. Vu la diversité des films présentés, il y en avait pour tout les goûts.
L’accueil,
tout d’abord, était vraiment très convivial de la part
de toute l’équipe du festival, que ce soit les bénévoles,
toujours souriant, ou les personnes chargées des relations avec la
presse, toujours disponibles. Le public aussi était dans l’ensemble
très bon, excepté à certaines séances, les éternels
rieurs qui rient pendant tout le film quoi qu’il se passe, mais on ne
peut pas les éviter. Le festival est aussi l’occasion de croiser
et rencontrer certains membre de sites ou de forums comme ceux de Dvdclassik,
Devildead,
HKMania,
Cinemasie,
Dvdrama
ou encore quelques personnalités comme Christophe Gans, habitué
des cinémathèques et festivals.
Trois salles étaient essentiellement mises à disposition : l’auditorium, qui est une grande salle pouvant accueillir un peu plus de 500 personnes avec une disposition en biais, la salle 300 qui est une salle de taille moyenne, du style d’un cinéma classique avec une capacité de l’ordre de 300 personnes, et la salle 100 qui est une tout petite salle comportant un peu moins de 100 places. Chaque film du festival était présenté par Gilles Boulenger, qui est également un des organisateurs du festival, dont l’interview est d’ailleurs présente dans ce dossier. . Dans l’ensemble, les présentations étaient vraiment intéressantes et riches en informations.
L’hommage consacré à Sonny Chiba était intéressant et il permettait de découvrir ou redécouvrir ses films en version originale, excepté Super Express 109 qui a été diffusé en VF faute d’avoir une copie en VO. Le dispositif de sous titres utilisé était fort agréable puisque qu’un prompteur est placé en bas de l’écran, ainsi ils ne couvrent pas l’image. Chaque film était précédé d’une vidéo de présentation de Sonny Chiba, faiteexclusivement pour le festival. Ces vidéos n’était vraiment pas passionnantes, Sonny Chiba qui répétait à chaque film : « Alors ça c’est un vieux film, je me rappelle que le tournage était très dur ». Cependant ça reste sympathique de voir l’acteur nous dire quelques mots.
Le
film ayant eu bien sûr le plus de succès fût Streetfighter
pour lequel beaucoup de personnes se sont déplacées. Dans l’ensemble
cet hommage était intéressant, voir ses débuts de karatéka
dans Bodyguard puis confirmés par l’énorme Streetfighter.
Shaolin Karaté est sûrement le meilleur des films passés
durant cet hommage et puis voir Stormriders sur grand écran, c’est
quand même autre chose que sur une télévision, le son
était fantastique et durant les scènes d’action, on avait
des frissons.
On regrette quand même que Super Express 109 n’a été diffusé que dans une version française coupée de plus de 1h30 de métrage, affublé d’un doublage français désastreux. Cependant je pense sincèrement que le film dans sa version intégrale doit valoir le coup d’œil et cette vision a eu le mérite d’éveiller ma curiosité pour ce film.
Un des évènements de ce festival fut aussi
la nuit Dead or Alive, avec la diffusion pendant toute une soirée des
trois films de Takashi Miike. La salle était comble, plus une place
de libre, et l’ambiance était vraiment excellente, de loin la
meilleure ambiance durant un film pendant tout le festival. Jean Pierre Dionnet
est venu en début de soirée pour nous présenter les films
sous un tonnerre d’applaudissement, pour finalement laisser la parole
à Takashi Miike qui a présenté chacun de ses films sous
la forme d’une vidéo qu’il a enregistré pour cette
soirée. Complètement déjanté dans ses films, Miike
est pareil en faisant sa présentation, il n’hésite pas
à se tourner en auto dérision et a l’air d’être
complètement défoncé.
Apres
le 1er film, une partie des spectateurs est partie, sans doute déçue
par le film et son rythme déroutant. Apres le 2e film aussi il y a
encore eu des départs mais qui je pense, cette fois, étaient
dus à la fatigue et seul un peu moins des 3/4 de la salle ont terminé
la nuit.
Pendant les films, bien sur l’ambiance était au beau fixe et chaque délire miikesque était salué par des applaudissements. Il y eu également la fameuse saga du bouchon occasionné par certains membres du forum de Devildead. Pendant le 1er film, dans un moment creux, le bouchon d’une bouteille de cidre saute, laissant entendre un « pouf ». Puis après la présentation de Miike sur Dead or Alive 2, le 2e bouchon fit son effet. Et pour finir, le rituel s’est achevé avec la 3e ouverture de bouteille durant le début de Dead or Alive 3, provocant les applaudissements de toute la salle. Mis à part l’ennui durant le milieu du 1er film, celui du 3e passant mieux grâce au traitement des personnages dans le 2e, ce fût vraiment une excellente soirée avec une très bonne ambiance.
L’hommage à Masato Harada fut également
très intéressant. Le réalisateur, venu du Japon pour
le festival, a présenté chacun de ses films et à la fin
de chacun, il y avait un débat de questions/réponses d’environ
30 min car Mr Harada est vraiment un homme bavard, et ce n’est pas nous
qui allons nous en plaindre. Les films diffusés étaient tous
en version originale, la plus part du sous titres en anglais.
Le
choix des films était très bon, sauf peut être qu’on
aurait aimé voir Jubaku : Spellbound, mais comme la mentionné
Masato Harada, c’est le plus grand hommage qu’on lui ait fait
jusqu'à maintenant avec la diffusion de 5 de ses films.
C’était aussi l’occasion de découvrir le fameux Mélodie pour un Yakusa, inédit jusqu'à maintenant, et que le réalisateur lui même n’avait pas revu depuis 10 ans. Masato Harada était également très disponible et on pouvait discuter avec lui après les séances.
Hormis cela, il y eu également la diffusion, lors d’une séance gratuite, du dernier film réalisé par Hideo Gosha avant sa mort en 1992 : Femmes dans un enfer d’huile.
Et puis bien sûr, en dehors des films asiatiques, il y eu aussi beaucoup de choses intéressantes comme l’avant première de Max, film qui raconte la rencontre de Hitler et Max, un artiste peintre qui engendrera le passage d’Hitler, de la vie d’artiste à celui qu’on lui connaît aujourd’hui, ou encore l’hommage à Eloy de la Iglesia avec des films comme L’Enfer de la Drogue 1 et 2 ou Le Député. Sans oublier la nuit Bollywood, la carte blanche à Gaspard Noé avec notamment la diffusion du film Mishima, précédé d’un moyen métrage de 30 min introuvable (interdit par sa veuve), interprété par Mishima lui même : Yukoku, et puis les films qui ont inspiré 2001 de Stanley Kubrick.
En résumé, il y en avait pour tous les goûts et la population de spectateurs était vraiment très variée, mais ils ont tous une chose en commun, c’est d’aimer le cinéma.
Remerciement : Je tiens à remercier Axel et Aurore qui s’occupent des relations avec la presse pour leur aide et leur disponibilité, ainsi bien sûr que tous les bénévoles qui ont fait un super boulot. Un grand merci également à Shoko, la traductrice de Masato Harada, pour son réquisitionnement un peu forcée et aux organisateurs du festival pour nous avoir permis de découvrir tous ces films.
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