L’affrontement dantesque entre un yakuza invicible et un policier particulièrement hargneux.
Dead or Alive est le film qui représente le mieux le problème récurrent des films de
Takashi Miike : le rythme. Le film commence sur un plan accroupi
des deux acteurs principaux qui effectuent le décompte : 5, 4, 3, 2, 1 : go ! et la c’est parti
pour 5 minutes de cinéma sous acide, la musique démarre et le montage suit la musique à 100 km/h.
Après cette véritable intro de folie, qui ressemble à un clip vidéo destroy, le film se calme et
là, pendant un peu plus d’une heure, rien, le vide, le néant total jusqu'à la fin completement
dingue.
Miike prouve qu’il peut d’un coté nous faire part d’une
invention visuelle et d’un traitement de l’image absolument fabuleux mais aussi poser sa caméra
et aller boire un café pendant que ça tourne. Bien sûr, il y a quelques petits délires pendant
le film comme par exemple lorsque le flic va demander des renseignements à son ami qui fait des
pornos un peu spéciaux, mais on a vraiment l’impression que
Miike a
deja tout donné dans l’introduction et qu’il n’a plus d’idées.
Riki Takeuchi
et
Sho Aikawa sont tout deux charismatiques mais malheuresement ils ne
sont pas utilisé à bon escient (ce qui sera plus le cas dans le 2ème).
Le film se développe donc assez péniblement avec de gros passages soporifiques, des dialogues d’une
pauvreté affligeante et se présente comme un polar classique, gangsters contre flics, avec une intrigue
vue des millions de fois.
Et puis après s’être amusé à créer des personnages et un univers cohérent,
Riki Takeuchi
nous lance un beau : « C’est la scène finale » et là en l’espace de quelques minutes
Miike
détruit tout dans un final chaotique comme pour nous dire : ce n’est que du cinéma, éclatons nous. Seulement
avec ce final tout ce qui ce qui a été construit pendant le film devient inutile, il fallait juste remplir
de la pellicule avec quelque chose.
On retiendra donc de ce
Dead or alive que son introduction et son final. C’est là qu’on se dit que le
dvd est une merveilleuse invention, une petite programmation : 1er chapitre, dernier chapitre et le film de
Miike se transforme tout à coup en un bon clip vidéo.