Stormriders est à l’époque de sa sortie en 1998, le film le plus cher de l’histoire du cinéma de Hong Kong.
Adapté d’une BD qui fut un gros succès en Chine et au Japon,
Stormriders est un film important puisqu’il permet
de réconcilier le cinéma de Hong Kong avec son public. En effet, après le départ de toutes les grosses pointures
comme
John Woo,
Chow Yun Fat,
Tsui Hark
ou encore
Jet Li, ajouté aux troubles provoqués par la rétrocession, le
cinéma de Hong Kong va mal.
C’est donc dans cette situation que
Andrew Lau lance le projet de
Stormriders avec
un budget de 60 million de dollars HK (~ 10 M$) et réussi son pari puisque le film est un succès au Box Office.
Mais à part ça, qui est ce
Andrew Lau ? Si l’on devrait essayer de lui trouver un équivalent
américain on pourrait sans conteste dire que Andrew Lau est le
Michael Bay chinois. Si l’on
peut parfois admirer ses talents de chef opérateur, en tant que réalisateur c’est tout autre chose. Il reproduit tout
le temps le même schéma, après le carton au box office de son
Young and dangerous, Andrew Lau exploite le filon
jusqu'à faire 6 suites (sans compter les non officielles et autre spin off). Et il recommença avec
Stormriders
puisqu’il réalisa ensuite le mauvais
A man called hero, le très mauvais
The Duel et l’exécrable
Avenging Fist.
Même si dans ce cas ce ne sont pas de vraies suites, la recette est la même : on balance une avalanche d’effets spéciaux
sur fond de Wu Xian Pian. Apres avoir encore une fois exploité son filon jusqu'à épuisement, il se lance à nouveau dans
un film à très gros budget en la présence de
Infernal Affairs qui comme
Stormriders relance le cinéma HK
puisque le film est un énorme succès et
Brad Pitt en achète immédiatement les droits afin
d’en faire un remake. Bien sur, fidèle à sa recette, à l’heure où j’écris
Infernal affairs 2 est deja terminé et
le 3 est en tournage.
Dans la petite vidéo de présentation du film faite exclusivement pour l’Etrange Festival par
Sonny Chiba,
il explique que
Andrew Lau a construit le film autour de lui et de sa personnalité
et qu’il a cherché
Sonny Chiba partout pendant 6 mois avant de découvrir qu’il s’était
installé à Los Angeles. Toute cette attention pour lui a touché Chiba qui ne pouvait donc pas refuser ce rôle.
Cependant, derrière cette volonté d’avoir à tout prix
Sonny Chiba dans son film, se
cache à n’en pas douter une volonté d’accrocher le marché japonais par l’intermédiaire de la star de
Streetfighter.
Ce qui arrange également les affaires de
Sonny Chiba puisqu’il n’a pas tourné de
films depuis 3 ans.
Au côté de
Sonny Chiba, on retrouve
Ekin Cheng, chanteur/acteur
à la mode que connaît bien
Andrew Lau puisque c’est un peu lui qui la propulsé au rang
d’idole avec
Young and Dangerous et son image de jeune voyou rebelle cheveux au vents. Même si ce dernier tend à
s’améliorer dans ses dernières apparitions, on pourrait surnommer
Ekin Cheng de monsieur
expression mono-faciale car quoi qu’il arrive, il ne change jamais d’expression du visage, qu’il joue un jeune voyou
ou un héros légendaire son expression ne change pas.
Un autre chanteur/acteur à la mode est à leurs cotés, c’est
Aaron Kwok dont les talents
d’acteur sont plutôt proche d’Ekin Cheng même si ses débuts dans
Close Escape ou
Saviour of Soul semblaient
encourageants. En même temps, le choix de ses deux acteurs s’avère justifié puisque
Stormriders cherche à
impressionner par ses effets spéciaux et son style très jeux-vidéos, le choix se porte donc avant tout sur des « idoles »
que sur des acteurs et
Andrew Lau sait qu’il aura les faveurs du jeune public.
Dans les second rôles, on peut voir
Roy Cheung en moine shaolin,
Shu Qi
en potiche pour changé,
Sharon Yeung en jolie fille au cœur de toute les convoitises,
Alex Fong en guerrier légendaire père de Ekin Cheng,
Yu Rong Guang
qui joue le père de Aaron Kwok,
Elvis Tsui en maître des épées et
Anthony Wong
en guerrier tout puissant, seul rival du méchant Sonny Chiba.
Dans un pays ressemblant à la Chine médiévale, un tyran doté de pouvoirs surnaturels (Sonny Chiba)
élève trois garçons (dont Ekin Cheng et Aaron Kwok) à qui il
transmet une partie de ses pouvoirs. Devenus adultes, les héritiers du tyran se dressent contre lui.
Que dire sur
Stormriders ? Que c’est le meilleur film de la série de films à effets spéciaux qu’a réalisé
Andrew Lau de
Stormriders à
Avenging Fist ? Sûrement oui, c’est là le
plus beau compliment qu’on lui puisse lui faire. En même temps ce n’est pas difficile car même en étant meilleur
que toutes ces « suites » dont le niveau dégringoles au fur à mesure,
Stormriders reste un mauvais film.
Les acteurs quasiment tous de la nouvelle génération comme
Ekin Cheng ou
Aaron Kwok sont mauvais comme à leur habitude, et seul
Sonny Chiba
est crédible en grand méchant même si sa prestation est un peu diminuée par son doublage en cantonais.
Stormriders compte également un bon lot de personnages secondaires mais qui ne sont malheureusement
que très peu développés et sont parfois même complètement ridicules comme le rôle de
Shu Qi
totalement décalé dans l’attitude ainsi que dans sa tenue. Alors que tout le monde porte de superbes costumes, elle
est vêtu d’un blouson en cuir … C’est comme si
Wong Jing était arrivé sur le plateau
pour imposer ce personnage.
La musique est bien sur comme on pouvait s’en douter interprétée par
Ekin Cheng et
Aaron Kwok qui par ce biais font la promotion de leur album en cours.
Les effets spéciaux sont dans l’ensemble assez réussis exceptés la scène où
Sonny Chiba
et
Alex Fong se battent en duel sur le boudah où l’incrustation vidéo est complément ratée.
Les effets spéciaux sont utilisés quasi exclusivement pour les scènes d’action ce qui est assez beau visuellement
mais ce qui veut dire aussi l’exclusion d’une vrai chorégraphie martiale. Quand à la réalisation, c’est une sur-abondance
d’effets spéciaux, comme si le but du film était d’en placer le plus possible dans un minimum de temps jusqu'à mettre
dans le générique de fin des séquences du making off nous montrant l’élaboration de ceux ci.
Cependant même si Stormriders n’est pas un bon film, force est de lui reconnaître le mérite tout d’abord d’avoir aidé
à relancer un peu le cinéma HK en pleine crise depuis la rétrocession en 1997 et puis ensuite de donner un 2nd souffle
à la carrière de
Sonny Chiba qui n’avait plus tourné de films depuis 3 ans.