The Streetfighter est un film à l’image de son héros, Terry Suguri : Violent et méchant, sans
concession ! Pas étonnant donc que le film ait bénéficié d’une telle réputation, il dispose de tous
les ingrédients pour satisfaire l’amateur de films « bis ». Ce qui est le plus fascinant c’est que malgré
les années, il reste toujours aussi efficace et peu de films postérieurs ont dépassé le degré de violence
atteint dans
The Streetfighter.
Tout comme pour les films de
Bruce Lee, la grande réussite de
The Streetfighter
tient au charisme de son interprète principal,
Sonny Chiba. La comparaison
avec Bruce Lee est inévitable, il ne fait aucun doute que le film a été fait suite au succès mondial de ce
dernier et que Chiba est ici présenté comme une version japonaise du petit dragon. Mais limiter
Sonny Chiba
à un simple imitateur de
Bruce Lee serait atrocement réducteur. L’homme est
capable de créer son propre style, son Terry Suguri est un anti héros total ! Sans pitié, macho, égoïste,
violent… Il semble cumuler tous les défauts de la terre mais ce coté jusqu’au boutiste renforce, paradoxalement,
son charisme. Le jeu de Chiba est au diapason de son personnage : Extrême ! Arborant constamment un air méchant,
le corps toujours tendu vers l’action, Chiba donne corps à son personnage. Et quand il se met à se battre
c’est un festival : il grimace comme c’est pas permis, passe des minutes entières à respirer fortement
histoire de montrer sa musculature, prend des postures félines et autres gardes exotiques. Un surjeu total
oui, mais parfaitement cohérent avec l’esprit extrême/bis du film. Impossible après avoir vu le film d’imaginer
un autre acteur à la place de Chiba, il marque de son empreinte
The Streetfighter grâce à son charisme
brut et son jeu outrancier (il prouvera par la suite à quel point il peut être un bon acteur avec des rôles
plus fins).
En bon film d’arts martiaux qu’il est,
The Streetfighter ménage de nombreux moments pour les combats.
Ceux ci s’avèrent typiques du cinéma Japonais, chorégraphiés avec l’idée du « coup qui tue » (hérité des Chambara),
sans grandes fioritures et utilisant les arts martiaux traditionnels du pays (Karaté, Ju Jitsu et même Kendo).
Le résultat est très efficace, ce qui est perdu en technicité est gagné en brutalité rendant les séquences de
combat excitantes.
Chiba prouve ses talents de Karatéka mais a aussi les défauts
de son art martial (des coups de pieds parfois approximatifs). Qu’importe, après tout Terry Suguri n’est pas
un technicien mais un vrai « bagarreur des rues » ! A noter que Chiba profite aussi de quelques occasions pour
montrer ses talents de gymnaste (sa formation initiale). Plus gênant cependant est la réalisation de
Shigehiro Ozawa sur certaines de ces séquences. Le réalisateur s’en sort plutôt
bien en studio mais rate parfois ses angles rendant la lisibilité des combats difficile et surtout ne contrôle
pas sa caméra quand il est à l’extérieur, les affrontements deviennent alors impossibles à apprécier. Heureusement
ce genre de moment arrive trop peu souvent pour que le film en patisse sur le long terme.
Mais ce qui fait toute la spécificité des scènes d’action de
The Streetfighter, ce sont bien évidemment
ses débordements gores. A ce niveau il y a de quoi faire ! On y arrache des testicules, brise des cranes, casse
des bras avec une délectation incroyable. D’ailleurs le passage où
Sonny Chiba brise
le crane de son adversaire au rayon X sera plus tard repris dans
Story of Ricky puis par l’infame
Romeo Must die.
Il faut voir Chiba fixer un morceau de viande arraché à son adversaire avec un sourire carnassier aux lèvres
pour le croire ! Reste que de tels excès apportent une nouvelle dimension aux scènes d’action et au film dans
son ensemble. D’un film déjà assez peu moral (avec son héros brutal qui vend des femmes pour se faire payer)
on passe carrément à un monument du bis. Jouissif, tout simplement.
Evidemment le film a les défauts de ses qualités, à savoir un scénario prétexte. Les incohérences sont nombreuses
mais
Shigehiro Ozawa parvient à contourner le problème en maintenant un rythme
soutenu qui ne laisse pas le temps au spectateur de se poser des questions à ce niveau. Un peu plus regrettable
est l’absence de développements sur certaines personnages clés tel que le rival de Suguri ou au contraire la
manière assez maladroite d’expliquer la relation entre Chiba et son acolyte/faire valoir comique. Heureusement
ce ne sont là que des points de détails dans l’océan de bis du
Streetfighter.
Avec sa réputation de film culte on pouvait craindre que
The Streetfighter ne se révèle qu’un pétard
mouillé, il n’en est rien, bien au contraire, il remplit toutes les promesses qu’on pouvait en attendre !
YAAATTTAAAA !!! (cri du fan de Chiba qui essaye de reproduire le film avec sa table et se fait bien mal)