Super Express 109

Titre original : Shinkansen daibakuha
Réalisé par : Junya Sato
Année : 1974
Origine : Japon
Durée : 1h29
Acteurs : Sonny Chiba, Ken Takakura, Takashi Shimura, Tetsuro Tamba

PRESENTATION :

La version du film qui a été diffusée durant cette 11ème édition de l’Etrange Festival est la version française. Au lieu des 2h52 de la version originale, la version française ne dure que 1h29. Les coupes effectuées lors de sa sortie en France sont principalement dûes à l’époque à l’arrivé du TGV et à la concurrence avec le « Shinkansen » train présent dans le film qui parcourt tout le Japon de Shinjuku jusqu'à Hakata en l’espace de 7 heures seulement (à l’époque car il est encore beaucoup plus rapide aujourd’hui).
Au niveau du casting, on retrouve dans ce film Sonny Chiba qui joue le rôle du conducteur du train, sobre et très loin des films qui lui on value sa réputation mondiale comme The Streetfighter (voir fiche dans ce même dossier). On retrouve aussi Ken Takakura surnommé le Clint Eastwood Japonais qui est surtout un habitué des films de Yakusa dont notamment le Yakusa de Sidney Polack et on a pu le voir également dans quelques films américains comme Black Rain de Ridley Scoot ou encore Mrs Baseball au coté de Tom Selleck. Dans ce film, c’est lui qui joue le terroriste responsable de la bombe qui se cache dans le train.
Un autre acteur phare fait parti du casting du film : Takashi Shimura qui joue le chef du central des trains. Il ne s’agit ni plus ni moins que l’un des acteurs fétiches de Kurosawa essentiellement dans les années 50, 60. En plus des Kurosawa, on a aussi pu l’apercevoir dans de nombreux grands films comme par exemple les 47 ronins de Hiroshi Inagaki ou encore Kwaidan de Masaki Kobayashi.
Certains amateurs de cinéma bis et de catégorie 3 auront peut être également reconnu Tetsuro Tamba, le vieux maître de Fan Siu Wong dans Story of Ricky qui joue l’inspecteur en chef de la police dans le film.
Le film a été réalisé et co-écrit par Junya Sato, un habitué des grosses productions dont la production sino-japonaise « Silk Road », mais qui ironiquement pour un film à gros budget comme Super Express 109 a du se contenter d’utiliser un train miniature pour représenter le Shinkansen puisque la compagnie des chemins de fer japonaise (Japan Railways) ne voulait absolument rien avoir à faire avec un film où leur fierté, leur fameux Shinkansen, est l’objet d’une rançon et est menacé d’exploser en milles morceaux.


SCENARIO :

Un terroriste a arrimé une bombe ingénieuse au Shinkansen, le train le plus rapide du monde. Si le train descend en dessous de la vitesse de 80 km/h, la bombe explosera. Le seul moyen d’éviter le drame est de payer la rançon demandée par les terroristes.

ANALYSE :

Comment juger un film qui à été charcuté de plus de une heure de métrage ? (quasiment la moitié du montage original). C’est plutôt difficile car évidemment on est vraiment loin d’avoir toutes les cartes en mains. On sent bien que la majorité des scènes se passant dans le train ont été enlevées, à un moment par exemple le policier s’adresse au terroriste pour lui dire qu’il y a une femme enceinte dans le train et que son bébé risque d’être prématuré, trame que malheureusement nous ne verrons jamais et pourtant qui est bien présente dans la version japonaise du film. Ainsi au lieu de suivre tour à tour la tension dans le train et l’enquête des policiers pour retrouver les terroristes, dans cette version du film on assiste quasiment qu’à l’enquête des policiers. Mais là encore, de nombreuses choses manquent au film et on sent réellement que les relations entre Ken Takakura et sa famille ou encore entre les différents terroristes ont été coupées, jusqu’à la raison même de leur geste car à aucun moment on nous dit qu’avant d’en arriver à faire des bombes, ils n’étaient que de pauvres travailleurs victimes de la mauvaise situation économique du Japon. Et en plus de cette censure visuelle, j’ai l’impression que la censure pro TGV a également affecté les dialogues. En effet, le doublage français n’est pas là pour améliorer les choses. Assez médiocre, on a l’impression qu’en plus certaines phrases sont douteuses. Comme quand Sonny Chiba apprend par radio qu’il y a une bombe dans le train il répond « encore ? » ou alors les fameuses phrases sur les gauchistes : « Je ne pense pas que ce soit un coup des gauchistes, il n’utilisent pas de dynamite d’habitude » et : « En 1975, il a abandonné ses études et ses activités gauchistes pour mener une vie normale ».

C’est donc avec une certaine frustration et impuissance qu’on regarde le film se dérouler jusqu'au final qui, à mon avis, a beaucoup inspiré Michael Mann pour le final de son film « HEAT ». C’est en quelque sorte une bande annonce qui donne vraiment envie de voir ce qu’est le film dans sa version intégrale.
Le film a été une grosse source d’inspiration par la suite. La même année, le réalisateur Yasuzo Masumura réalisa le film « Domyaku Retto » dans lequel le Shinkansen est menacé d’exploser s’il ne ralentit pas jusqu'à atteindre une vitesse où il ne fera quasiment plus de bruit. Deux années plus tard, en 1977, en Thaïlande, sort le film « 1 2 3 Monster Express » qui suit une trame similaire et puis bien sûr en 1994, Speed de Jan De Bont qui remplace le train par un bus.

Note : Le film est disponible en dvd chez Crash Cinema en version américaine (1h52) doublé en anglais sous le nom de Bullet Train et également en zone 2 japonais chez Toei Video en version japonaise intégrale (2h52) mais sans sous titres.



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