Burst City - Special Version
Titre original : Bakuretsu Toshi
Réalisé par : Sogo Ishii
Année : 1982
Origine : Japon
Durée : 0h30
Acteurs : Takanori Jinnai, Machizo Machida, Michiro Endo, Shinya Ohe
Production : Sogo Ishii
Scénario : Sogo Ishii
|
|
PRESENTATION :
Un film agressif et déjanté à l'indice d'octane aussi élevé que son indice d'action violente !
Un travail à la caméra portée et au montage frénétique qui a révolutionné le cinéma indépendant
Japonais et qui a influencé toute l'œuvre de Shinya Tsukamoto
(Tetsuo, Bullet Ballet). Présentation dans une version spéciale (la Toei ayant en effet
exploité la version originale du film, à savoir un montage inachevé de deux heures en salles),
avec un mixage en direct huit pistes par Hiroyuki Onogawa, un des
quatre comparses du groupe de Sogo Ishii, MACH 1.67, et
Sogo Ishii lui-même.
PRESENTATION DU REALISATEUR :
" Burst City est une commande de la Toei à l'origine. La date de sortie ayant été fixée à l'avance,
je n'ai pas pu finaliser le montage du film, car j'avais l'obligation de la respecter. Burst City est
donc sorti dans une version inachevée. Autant vous dire que je ne suis pas satisfait du résultat final.
Mon idée, au départ, avec Burst City, c'était d'en faire un pure film punk. J'étais très influencé
depuis mes années au lycée par le mouvement punk anglais et, en particulier les Sex Pistols. On était de la
même génération. Je voulais faire des films dans le même esprit. Sur Burst City je me suis rendu
compte que je ne savais pas réaliser, que je ne savais pas construire un film, et c'est la raison pour
laquelle je n'ai pas pu le finir en temps et en heure. Encore aujourd'hui la Toei est très réticente à
l'idée de montrer le film en salles, car ses responsables n'en sont pas satisfaits, eux non plus. Lorsque
j'ai réalisé Burst City, j'avais deux films en tête : " Le Cuirassé Potemkine " de
Serguei M. Eisentsein et " Napoléon " d'Abel Gance.
Mais évidemment mes idées dépassaient de loin mes capacités. Et ça a été le chaos le plus total. Les punks
de l'époque en ont fait un de leur films préférés, ce qui est toujours le cas aujourd'hui. La version
montrée à l'Etrange Festival fait trente minutes, mais son montage change en fonction de mes humeurs.
J'ai fait la même chose avec Shuffle, Asia strikes back et certaines de mes vidéos.
J'ai eu cette idée à l'époque où je ne pouvais plus réaliser de films et où je voulais proposer au
public une fusion entre ces deux médiums que sont le cinéma et la musique. D'habitude cette version
de Burst City est présentée dans un lieu de concert et on improvise dessus avec mon groupe Mach 1.67. "
 |
 |
SCENARIO :
Deux motards à l'aspect baroque débarquent dans une ville grande et laide où des adolescents punk se
déhanchent en blouson de cuir. Ils rejoignent un groupe de rock qui vit dans un squat ressemblant
à une usine abandonnée.
ANALYSE :
La Toei refusant de louer des copies du film pour les diffusions à l'étranger, la version
de Burst City diffusée à l'Etrange Festival était un montage spécial de 30 min accompagné
par un mix de Sogo Ishii et Hiroyuki Onogawa
à la musique. Si il y avait une séance à ne pas rater dans ce Festival, c'était bien celle là diffusant
successivement Burst City et Electric Dragon 80000 V. D'habitude, Sogo Ishii
et son groupe Mach 1.67 accompagnent le film à la guitare et le diffusent à l'aide de deux projecteurs
35mm mais pour cette séance, ils ont décidé lui et Hiroyuki Onogawa de
réaliser le mix à l'aide d'un ordinateur et de diffuser le métrage en vidéo. Moins impressionnant
donc au niveau performance mais tout aussi efficace, l'aspect visuel de la vidéo assez crade renforce
le côté chaotique et le son était tellement fort que les sièges et le sol en tremblaient.
Le montage du film n'avait rien à voir avec le montage de 2 heures diffusé en salle à l'époque
et disponible en Laser Disc Japonais, le film devient complètement dénué de narration et ne possède
plus aucun dialogue. Ce remontage tient donc plus du clip que du film en effaçant toute chronologie
du montage " original " visant à passer dans un univers 100 % expérimental, on se laisse emporter
par la musique et les images pour ne redescendre, que partiellement, à la fin de la séance. Encore
une fois, Sogo Ishii nous offre une performance totalement sensorielle,
un trip visuel et sonore hallucinant et explosif autour de la scène punk nippone. Ce chaos visuel
et sonore mené à toute allure avec l'énergie habituelle du cinéaste engendre un moment inoubliable
et complètement jouissif. Tout comme un spectateur s'est exclamé à la fin de la séance, on a envie
de dire : " Waouh ! ".