Dragon Eye Morrison a été électrocuté lorsqu'il était enfant. Depuis, il communique avec les reptiles
et libère toute l'énergie électrique concentrée en lui en s'épuisant sur sa guitare. Thunderbolt Buddha,
un justicier foudroyé à l'adolescence, le provoque en duel. Pendant leur combat, Dragon et Thunderbolt
se rechargent aux sources les plus diverses et iront même jusqu'à utiliser une centrale électrique.
Voici donc le 2e film de cette soirée inoubliable passée en compagnie de
Sogo Ishii
et
Hiroyuki Onogawa. Après la diffusion d'une version spéciale de
Burst City
accompagnée d'un mix musical des 2 hommes en hors d'œuvre, tout le monde était fin prêt pour accueillir le clou
du spectacle :
Electric Dragon 80,000 V dont le compositeur musical n'est autre que le même
Hiroyuki Onogawa. Et là le bonheur, la joie, une claque gigantesque pris en
pleine tête, un coup de fouet fantastique, une décharge électrique de 80,000 Volt prise dans tout le corps,
il n'y a pas de superlatif assez fort pour exprimer l'émotion ressentie durant la séance.
Car si le film était déjà très bon sur le modeste support vcd sorti à l'époque, il prend une toute autre
dimension sur grand écran et notamment grâce à une puissance sonore sans égal. On a vraiment l'impression
de se faire littéralement foudroyer par chacune des décharges électriques envoyés par
Tadanobu Asano.
C'est vraiment un trip sensoriel impressionnant, la caméra frénétique parcourant la ville de Tokyo et
ses toits à la vitesse de la lumière associé à un son mélange de Hard Rock et de bruit donne une ambiance
complètement survoltée.
"He conducts electricity ! He talks to reptiles ! He's the man ! 'Dragon Eye' ! 'Dragon Eye' Morrison !!!"
Le film contient très peu de dialogue, quelques phrases en plus des présentations du narrateur qui tient
ici un rôle de speaker. La narration justement se présente comme un match de boxe avec la présentation des
2 combattants en commençant par
Tadanobu Asano qui interprète le rôle de
Dragon Eye Morrison, référence évidente à
Jim Morrison surnommé le " Roi Lezard ",
animal auquel Dragon Eye a la possibilité de parler et qui en a même fait son boulot consistant à retrouver
les lézards perdus.
" What saved him from ruin was... ...THE ELECTRIC GUITAR !!! "
Depuis que Dragon Eye Morrison a été électrocuté lorsqu'il était enfant, c'est une boule de nerf qui possède
une très forte énergie à l'intérieur, qu'il décharge en se battant toute sa jeunesse allant jusqu'à devenir
boxeur. Il comprend alors le danger qu'il représente pour les autres et trouve le moyen de se défouler à
volonté : la guitare ! Ainsi, lorsque Dragon Eye est sur les nerfs car il n'arrive pas à retrouver un
Lezard dans la rue, il appelle sa fameuse guitare : " I can't take it anymore ! GUITAR !!!! " et commence
à s'acharner frénétiquement dessus dans les rues de Tokyo devant des passants médusés. Cette guitare
devient une véritable drogue dont il est totalement dépendant.
" Enter the CHALLENGER !!! He's the electricity man ! All its wavelengths are his ! The mystery man...
Thunderbolt ! Thunderbolt Buddha !!!"
Et de l'autre côté du ring, le challenger : Thunderbolt Buddha qui a lui aussi été foudroyé à l'adolescence
et qui est devenu le justicier des grands mères en parallèle à son travail de technicien de maintenance
sur les installations électrique de Tokyo. Alors que Dragon Eye Morrison possède 80,000 volts à l'intérieur
de son corps, Thunderbolt Buddha lui en possède 2 millions mais ce personnage interprété par
Masatoshi Nagase est un schizophrène et son corps est divisé en 2 parties
égales aussi bien au niveau physique que mental. Deux parties qui sont constamment en opposition, la première
moitié cherche à le tuer pendant que l'autre cherche à vivre à tout prix.
Tout ça va donc donner un film complètement fou, au rythme endiablé et survolté dont le summum arrive à la
fin. Après les présentations de chacun des personnages et leur combat psychologique à distance fait de
provocations (toujours suivant le schéma d'un match de boxe), vient l'affrontement final et direct avec
des personnages utilisant tout ce qu'ils trouvent sous la main pour recharger leur énergie. Il est
d'ailleurs amusant de voir que
Tadanobu Asano reproduit les mêmes gestes
que
Bruce Lee (surnommé le petit dragon de par son nom cantonais : Siu Lung)
dans le final de
Fist of fury, encore un bel hommage collant parfaitement au personnage.
Comment peut on dire, comme j'ai pu le lire, que ce film prouve que
Sogo Ishii
est l'héritier du cinéma de
Shinya Tsukamoto, qu'il copie sans vergogne alors
que l'essence même du cinéma de
Tsukamoto est tiré de l'univers de
Ishii qui a ouvert la voie de cette vaine cyber-punk dans les années 80
et dont
Electric Dragon marque naturellement un retour aux sources de son réalisateur. Au final
Electric Dragon 80,000 Volt est un plaisir pour les yeux, un film excitant, complètement fou, une
énorme baffe en pleine face, un chef d'œuvre d'expérimentation cinématographique tout simplement.