L'enfer des tortures

Titre original : Tokugawa Irezumi-shi : Seme Jigoku
Réalisé par : Teruo Ishii
Année : 1969
Origine : Japon
Durée : 1h35
Acteurs : Teruo Yoshida, Adao Koike, Masumi Tachibana, Yumiko Katayama
Production : Toei
Scénario : Teruo Ishii, Masahiro Kakefuda
Photo : Motoya Washio
Musique : Masao Yagi
Décors : Yoshichika Amemori

PRESENTATION :

C'est le quatrième film, dans l'ordre chronologique, de la série des Joys of Torture et le seul dont l'intrigue ne soit pas divisée en contes séparés.


PRESENTATION DU REALISATEUR :

" Dans le film, deux tatoueurs se livrent une guerre sanglante pour savoir qui succèdera à leur maître et pourra ainsi obtenir les faveurs de sa fille d'une grande beauté. Dessiner les tatouages sur le corps des acteurs et de toutes les figurantes a été un travail terriblement long et éreintant. Surtout dans la scène du concours de tatouages organisée par le Shogun. Il nous fallait une armée de dessinateurs que même la grande Toei n'était pas en mesure de nous fournir, à moins d'avoir recours à des dessins déjà faits et prêts à être calqués sur le corps. Mais des dessins trop parfaits n'auraient pas fait assez naturels à l'écran. On a donc appelé à la rescousse les écoles de beaux-arts d'Osaka et de Kyoto, et on a pu rassembler une véritable armée d'artistes en herbe. Aucune figure ne leur ayant été imposée, on leur avait dit de laisser libre cours à leur imagination pour recouvrir de dessins les corps des belles et jeunes figurantes qui avaient été choisies. Les artistes ont pris, et on les comprend, un immense plaisir à faire tout ses dessins, et ont fait preuve d'une imagination débordante. Mais le film a fait l'objet d'une cabale de la part de certains acteurs du film et de réalisateurs " orthodoxes " des studios de Kyoto. Ils ont voulu faire capoter la production. Des tracts de protestation ont circulé partout dans les studios. Certains sont même allés se plaindre en haut lieu, y compris dans la sphère politique. D'autres ont utilisé la presse pour e xprimer leur indignation. Mes acteurs ont même fait l'objet de menaces et de coups bas, et il leur a fallu beaucoup de courage pour résister aux pressions de toutes sortes. J'ai fait cette année-là pas moins de neuf films dans le même genre, et co-signés certains des scénarios, contre vents et marées, et avec la bénédiction du directeur des studios, Shigeru Okada. Ce film marque l'époque la plus mouvementée de ma carrière, et je me demande encore aujourd'hui comment j'ai pu tenir physiquement. "


SCENARIO :

Ere Edo du calendrier japonais historique. La sous-maîtresse Ryu éprouve pour sa protégée Yumi un amour excessif. Du coup, elle la contraint à porter une ceinture de chasteté. Mais un tatoueur est justement tombé amoureux de sa peau et va les dénoncer. Les prostituées du quartier de Yoshiwara vont alors devenir les objets d'un effroyable concours de tatouages.


ANALYSE :

Contrairement aux autres volets de la série Joys of Torture qui se présentaient sous forme de films à segment, L'Enfer des tortures ne contient qu'une seul intrigue tout au long du métrage.
Teruo Ishii décide de reprendre plus ou moins l'histoire de tatoueur qu'il avait amorcé dans le 3e segment du volet précédent pour le développer plus longuement. Force est de constater que ce n'est pas le seul élément qui le sépare des autres, en effet la violence qui d'habitude est plutôt grossière et par conséquent jouissive est ici plus réaliste. Ainsi on ne prend plus aucun plaisir à voir ces tortures, ça en devient même assez écoeurant comme lors d'une crevaison assez horrible de l'œil d'une femme suspendue au plafond la tête en bas. Mais ce n'est pas le seul défaut du métrage qui malheureusement ne tient pas le rythme sur la durée. On a même l'impression que certaines scènes ont été rallongées pour pouvoir atteindre une durée suffisante pour que le film soit considéré comme un long métrage. Ainsi on assiste notamment à une poursuite inintéressante au possible qui semble durer une éternité. Et que dire des travesties sur le bateau qui se font passer pour des femmes aux voies de dessins animés …


Le seul vrai intérêt que l'on peut lui accorder est la vision d'un déluge de superbes femmes topless, parfois nues, recouvertes de tatouages superbes. Tatouages qui renvoient d'ailleurs toutes ces femmes au rang d'objet, d'œuvre d'art, qui ne sont évaluées que par les tatouages qui les recouvrent. Ainsi ces femmes sont choisies non pas sur leur beauté mais sur la beauté de leurs tatouages qui deviennent véritablement un objet de fétichisme. Donc au final, L'Enfer des tortures se démarque des autres volets mais malheureusement pas en bien, assurément le plus faible volet qui a été projeté lors de cette édition 2004 de l'Etrange Festival.


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