
En 1972, avant le tournage d’
Opération Dragon,
Bruce Lee
part réaliser des scène-tests de
Game Of Death, sa seconde réalisation dont il a
signé le synopsis et les chorégraphies. L’idée principale est la suivante : des aventuriers
dont
Bruce Lee,
James Tien et
Chieh Yuan tentent de récupérer un grand trésor à l’intérieur
d’une pagode à 5 étages gardée par des combattants redoutables. Chaque étage correspond
à un style de combat (kung-fu, hapkido, karaté, jeet kune do), le dernier étage est
protégé par une sentinelle inconnue.
Une fois la promotion d’
Opération Dragon finie,
Bruce Lee tente de compléter le casting de
Game Of Death
avec l’ex-James Bond
Georges Lazenby et
Taky Kimura
et part avec
Raymond Chow convaincre la taiwanaise
Betty Ting Pei (la maîtresse de l’acteur selon des rumeurs
mais bon on s’en fout). Et c’est au domicile de celle-ci qu’il trouvera la mort à cause
d’une allergie d’équagésic (mais sur ce point des doutes planeraient permettant
l’expansion d’un mythe, d’un acteur précocement légendaire à la mort tout aussi précoce
et mystérieuse), en 1973.
Bruce Lee ne serait donc pas mort
pendant le tournage de
Game Of Death comme l’exprime René Château par le biais de
la bande-annonce de l’époque du film.
Il ne reste alors de son
Game Of Death que trois combats (l’ensemble durant
40 minutes). Ces combats, un contre
Dan Inosanto, un autre contre
Jin Han-Jae et le dernier contre
Kareem Abdul-Jabbar,
ont été inclus dans le puzzle de
Robert Clouse, plusieurs
années plus tard. Il doit pour cela remanier une trame d’histoire pour en arriver aux
fameux combats.
L’histoire est simple : un acteur nommé Billy Lo est harcelé par
une organisation criminelle, au point où l’un des hommes de main du chef de cette
dernière tente de l’assassiner après avoir essuyer de nombreux refus de la part de
l’acteur. Mais Billy a survécu et décide de se faire passer pour mort afin de se
faire oublier et pouvoir ainsi se venger de ses criminels.
Partant de cette trame,
Raymond Chow doit régler le problème de l’absence de
Bruce Lee (sic). Pour cela, il fait appel à de nombreux
sosies plus ou moins ressemblants (entre autres,
Bruce Li,
Yuen Biao et
Liu Chia-Yung) et
demande à ses derniers de porter de grandes lunettes, un casque de moto ou une
barbe-postiche voir sous des bandages (au choix). On insère des gros plans-archives de
Bruce Lee par moment et le reste du temps on demande aux
sosies de rester dans l’ombre, de ne parler que de face ou mieux de dos (en cas de
problème de sosie trop improbable, on colle carrément une photo de Lee sur son visage).
Après avoir retrouvé le QG de l’organisation, Billy monte les marches et tombe nez-à-nez
avec un tueur philippin (joué par
Dan Inosanto) et nous
revoilà dans la partie tournée par Bruce Lee initialement. On raccourcit les combats
car sur les bandes apparaissaient à l’écran (surtout dans le fond vu leurs rôles de
faire-valoir)
James Tien et
Shieh Yuan.
Ainsi à l’origine, les combats (surtout contre
Jin Han-Jae)
étaient plus longs et plus bavards. Bruce Lee se permettait de provoquer Inosanto,
de faire du trash-talking (« Tu aimes ça ? ») ou d’exprimer haut et fort ses talents
de manière arrogante (« Ce bâton de bambou va maintenant être un sabre »). On voit aussi
que le combat entre Lee et Jin était plus laborieux (dans le sens de la difficulté
à gagner) et surtout que le grand
Abdul-Jabbar est vraiment
un combattant au style inconnu.
Une touche de surréalisme, de mysticisme enlevée dans
la version pâte-à-modeler de Clouse où les combats sont réellement hachés (ce
qui explique l’incohérence dans les combats surtout dans le second) et où l’altercation
entre
James Tien et
Kareem Abdul-Jabbar est utilisée comme un « flash-back » montrant
le sort qui a été réservé à un acteur nommé Wang qui avait refusé les avances du milieu.
Le Jeu De La Mort perd aussi tout son sens (celui du titre) dans la version
de Robert Clouse.
Que dire, si ce n’est que le montage original est conseillée vivement à tout « fan »
de
Bruce Lee car mis à part la nostalgie d’ex-gamins amateurs
et mateurs de kung-fu pians, je ne vois rien d’intéressant dans le film en lui-même sauf
le combat final, en particulier celui entre Lee et l’ancien champion des Los Angeles Lakers.
Un combat culte. Ainsi on notera la parodie de
Ramzy Bedia
dans
La Tour Montparnasse Infernale ou les clins d’œil dans le
Shaolin Soccer
de
Stephen Chow et
Lee Lik-Chi,
dans
Kill Bill de
Tarantino, dans
le
High Risk et le
Boys Are Easy tous deux de
Wong Jing
ainsi que l’hommage « sympa » de
Jackie Chan dans le
Niki Larson / City Hunter de...
Wong Jing (encore et toujours).
Pour faire saliver les intéressés, sachez que le DVD de
HK Legend propose la version
uncut du film (avec « l’apparition » de la scène où Billy Lo se retrouve face-à-face
avec un mannequin représentant le Docteur Land avec les veines tranchés et le sang
coulant) et de nombreux bonus,
un vidéo-clip avec une sorte de « bêtisier » du film
initial, des photos très rares (Bruce Lee derrière la caméra), un documentaire et un
historique sur le Jeet Kune Do, un document autobiographique sur Bruce Lee (avec des
témoignages des producteurs de la Golden Harvest et de ses amis,
Sammo Hung
(qui chorégraphie d’ailleurs le peu de combats dans le film de Clouse),
Dan Inosanto,
Georges Lazenby et
Taky Kimura, des
interviews plus longues de ces deux derniers qui étaient prévu au projet initial et donc
le fameux « film » selon Bruce Lee.