

|
A tout seigneur tout honneur, commençons par LA HYENE INTREPIDE
(FEARLESS HYENA), seul film de la collection qui ne soit pas
tout à fait de la période Lo Weï (qui a quand même co-écrit
le scénario), car réalisé après le succès de DRUNKEN MASTER,
en 1979.
On n'est pas dépaysé d'ailleurs, puisque Jackie reprend nombre d'éléments déjà présents dans le film de Yuen Woo-Ping : il vit en effet de nouveau dans une cabane, cette fois avec son grand-père qui lui enseigne les arts martiaux, et se révèle un peu garnement sur les bords puisqu'il "enseigne" à son tour les arts martiaux dans une école en cachette de son grand-père, mais c'est pour la bonne cause puisqu'il doit lui acheter un remède pour le soigner. Mais quand celui-ci se fait tuer par le vilain de l'histoire, c'est un mendiant qui le prend en main et lui enseigne comment se battre avec ses émotions (!), ou comment rire ou pleurer pendant un combat pour déstabiliser l'adversaire, un gimmick équivalent à la boxe de l'homme ivre pratiqué dans DRUNKEN MASTER évidemment. Au niveau technique le film est correctement réalisé et chorégraphié, il vaut largement DRUNKEN MASTER, aucune raison de bouder son plaisir donc, Jackie révélant de plus déjà son aptitude hallucinante à inclure des objets inanimés dans ses combats. Et le long final de vingt minutes est absolument magnifique. |
|
Le deuxième film de la collection est L'IRRESISTIBLE
(SPIRITUAL KUNG FU), assurément l'un des plus intéressants
du lot, non seulement parce qu'il est bien réalisé et
chorégraphié, mais parce qu'il permet à Jackie Chan
de mettre au point son personnage de gamin naïf et
gouailleur qui fera sa fortune, le tout dans le cadre
d'une histoire assez inhabituelle qui change un peu des
films de vengeance, puisque Jackie, gardien de la
bibliothèque du temple Shaolin, se retrouve au prises
pendant la nuit avec cinq fantômes bizarres (attendez de
voir leur dégaine) qui vont lui enseigner les arts
martiaux (quand même).
Personnellement je l'ai vu plusieurs fois au cours de ces dernières années et je le redécouvre toujours avec le même plaisir, donc pour moi pas d'hésitation, je vais me l'offrir ! |
|
|
Viennent ensuite dans la collection LE POING DE LA VENGEANCE
(DRAGON FIST) et L'IMPITOYABLE (SHAOLIN WOODEN MEN). Ceux-là
je ne les ai pas vus, mais j'ai quelques informations
dessus : dans le premier Jackie Chan tient un rôle
classique et très sérieux d'un garçon qui cherche à
se venger. Une histoire banale apparement donc, mais
le film est selon Christophe Champclaux (TIGRES ET DRAGONS)
et les Anglais d'EASTERN HEROES (THE ESSENTIAL GUIDE TO HONG KONG MOVIES)
le meilleur pour ce qui est des combats que Jackie
a réglé dans les Lo Weï films.
|
|
|
Pour le deuxième, le contexte est très intéressant
puisque Jackie est étudiant à Shaolin, comme dans
SPIRITUAL KUNG FU, mais ici ça a l'air plus sérieux si
j'en juge par l'extrait que j'ai vu où il se bat contre
un moine. On dirait LA 36EME CHAMBRE DE SHAOLIN de
Liu Chia-Liang (voir mon dossier), et effectivement
Christophe Champclaux écrit : "L'IMPITOYABLE réussit sur
un mode mineur à retrouver le souffle épique et la
précision pédagogique des films de Chang Cheh et Liu Chia-Liang
consacrés à Shaolin. Les scènes du couloir de la mort ou de
l'entraînement avec le moine fou figurent parmi les meilleurs
moments du film". Donc encore un indispensable,
Jackie en étudiant à Shaolin, immanquable !
Terminons avec LE MAGNIFIQUE (SNAKE AND CRANE ARTS OF SHAOLIN) de Chan Chi-Hwa. Déjà on remarque d'entrée que ce n'est pas Lo |
|
Weï qui réalise (il produit seulement) et ce n'est pas
une mauvaise chose car le film est nettement un
cran au dessus des autres sur ce plan. Je l'ai vu il y
longtemps mais je me souviens nettement qu'il m'avait
agréablement surpris à l'époque. Le look du film est
assez inhabituel (des paysages hivernaux superbes),
et l'histoire ressemble étrangement à celle de SWORDSMAN 2
(ça se passe dans les fameuses "Hua Mountains", et le script
tourne autour de la possession d'un manuscrit d'arts
martiaux...). Bref, c'est le plus connu et estimé
des Lo Weï films, si vous ne devez en prendre qu'un
je vous le conseille sans hésitation.
|
|

|
|
|