LA SERIE DES "IL ETAIT UNE FOIS EN CHINE"

Dossier réalisé par Kami alias the one-armed-swordman


En 1990, Tsui Hark a la pertinente idée de réaliser sa propre version des récits légendaires de Huang (ou Wong) Fei-hung, pertinente car 1/ près d'une centaine de films ayant le mythique héros de Fu Shan comme personnage principale ont précédé Once Upon A Time In China, 2/ le dernier film mettant en scène le Maître Wong date de 1981, "Martial Club" de Liu Chia-Liang et 3/ remplacer l'incontournable Kwan Tak-Hing, Fei-hung âgé, par Jet Lee, Fei-hung jeune, n'ayant à son actif qu'une trilogie Shaolin et quelques navets (Dragon Fight, The Master) peut paraître bien risqué.


# 1/ Les 6 volets de la grande saga des Once Upon A Time In China :
    Il était une fois en Chine :


Pour défendre Leung Fu (Yuen Biao), le boucher Li Shin-Rong (Kent Cheng) et quelques membres de la milice de Wong Fei-Hung (Jet Lee) se retrouvent emmellés dans une im- portante bagarre avec une triade de Shahe qui finira dans le restaurant occidental de la ville. Peu de temps après, Po Chi Lam, la clinique de Maître Wong, est incendié par cette même triade. Dénoncé par un prètre, Hong et ses brigands s'enfuient et demandent de l'aide à Mr Jackson, chef des troupes américaines.
Wong Fei-Hung se retrouvent alors traqué par les soldats de ce même Jackson et méprisé par la police locale.
Le premier volet de la saga est grandiose. On ne peut que rester ébahis devant les choré- graphies du trio Lau Kar Wing/Yuen Chun-Yi/Yuen Chong-Yan (surtout pour la désormais célèbre scène finale où le docteur Wong et le maître Yim s'affrontent sur des échelles). Le réalisateur Tsui Hark a remarquablement réussit son pari : moderniser la grande série des Wong Fei-Hung Movies.

Réalisé et produit par Tsui Hark
Monté par Mak Chi-Sin
Chorégraphié par Lau Kar-Wing, Yuen Chun-Yi et Yuen Chong-Yan
Avec Jet Lee, Rosamund Kwan, Yuen Biao, Kent Cheng, Jacky Cheung



  La secte du lotus blanc :

Le conflit entre chinois et colons est de plus en plus intense. Invité à une conférence médicale au consulat, Wong Fei-Hung (Jet Lee) retrouve deux amis médecins Sun Yat- Sen et Luke (David Chiang), républicains confrontés à l'hostilité du pouvoir locale et traqués comme des criminels. C'est alors que le consulat est attaqué par la secte du Lotus Blanc, en plein jour.
Seul, les troupes du prefet parviennent à stopper les membres de cette secte, mais son intervention n'est pas fortuite. En effet, le commandant Lan (Donnie Yen) est venu au consulat pour arrêté Sun et Luke. La nuit venant, le groupuscule xénophobe revient attaquer le consulat. Conspirant avec cette secte, Lan arrive et tue le consul mais le maître wong aidé de Leung (Max Mok) et de Tante Yee (Rosamund Kwan) parvient à faire fuir son ami, Luke. Décidé à l'aider, il parvient à entrer dans le temple de la secte pour affronter le maître des 9 palais, Kung (Hung Yan-Yan)
 

Une merveille (tout comme le premier volet) pour les yeux, un délice chorégraphique et un talent martial des protagonistes étincelant (Donnie Yen, Hung Yan-Yan et Jet Lee)

Réalisé et produit par Tsui Hark
Monté par Mak Chi-Sin
Chorégraphié par Yuen Woo-Ping
Avec Jet Lee, Rosamund Kwan, Donnie Yen, Hung Yan-Yan, Max Mok, David Chiang


    Le Tournoi du Lion

Fei-Hung (Jet Lee) accompagné de Tante Yee (Rosamund Kwan) et de Leung Fu (Max Mok) rendent visite à son père, à l'Association Cantonaise qu'il tient à Pekin. Une fois arrivée dans le local de l'association, le docteur Wong apprend que la bande de l'infâme Chu Tin Bai aidé par le mystérieux Pied-Bot (Hung Yan-Yan) ont saccagé ce même bâtiment (ainsi que les têtes de lion qu'ils confectionnent) et frappé son propre père.

Quelques jours plus tard, Fei-Hung doit intervenir dans un conflit entre les plus grandes écoles de Kung-Fu de la ville, les écoles Tam, Chiu, Tsaï Loo Fu et Tai Shing Pak Mai. Un point commun à ces deux évènements : le tournoi du Lion. En effet, ce tournoi a fait naître de nombreuses tensions.

Ce 3ème volet est excellent même s'il met plus l'accent sur les situations politique et sociale auxquels doit faire face notre célèbre docteur, ainsi que sur la relation entre ce dernier et la charmante tante Yee (Rosamund Kwan a un peu été oublié en ce qui concerne son -grand- apport à la saga). Malgré tout, les quelques scènes de combats, chorégraphiées par Yuen Woo-Ping, sont très bonne et nous permettent d'apprécier le "jeu de jambes" de Club foot/ Pied Bot, futur disciple de Fei-Hung.

Réalisé par Tsui Hark
Produit par Raymond Chow
Monté par Mak Chi-Sin
Chorégraphié par Yuen Woo-Ping
Avec Jet Lee, Rosamund Kwan, Max Mok, Hung Yan-Yan



  La Danse du Dragon

Après avoir gagné le tournoi du Lion, la notoriété de Wong Fei-Hung (Chiu Man Chuk) s'est accentuée et la foule s'ammasse dans la rue pour écouter les divaguations de Fu (Max Mok), disciple indiscipliné, qui s'en prendra au cortège du général Guan Shingtao. Mais l'arrivée de celui-ci n'a pas pour but de défier le maître mais de lui redonner sa ré- compense et de lui parler d'un nouveau tournoi du Lion organisée par les 8 nations. Et à la surprise de ses disciples, Wong accepte.
Peu de temps après, une secte d'amazones nationaliste appelée La lanterne rouge, s' attaque à un dispensaire allemand. C'est sans compter sur l'efficace intervention de Fei-Hung. Mais dans la confusion, il est arrêté avec une de ces guerrières par les soldats des territoires sous-tutelles.
 
Le 4ème volet est le volet de rupture, Tsui Hark délaisse la réalisation à Yuen Bun, Jet Lee abandonne sa tunique (reprise par Chiu Man-Chuk) et Tante Yee/Rosamund Kwan s'absente et donne sa place à Tante May/Jean Wang. Assez moyen, ce volet n'est qu'une répétition inutile du précédent volet et n'apporte donc rien d'intéressant à la saga.

Réalisé par Yuen Bun
Produit par Tsui Hark
Monté par Mak Chi-Sin
Chorégraphié par Samo Hung, Hung Yan-yan et Lau Kar-Wing
Avec Chiu Man-Chuk, Jean Wang, Max Mok, Hung Yan-yan, Chin Kar-Lok



    Docteur Wong et les pirates

Les mers de Chine étant quadrillées par les pirates, toute circulation de vives alimentaires, de riz pour Hong-Kong est impossible. Ces mêmes pirates s'en prennent même au cupide propriétaire d'une usine de riz en le "rackettant" avec comme guise d'avertissement une valise pleine de doigts coupés et une lettre écrite par l'infâme Cheung.

La paranoïa est telle que Wong Fei-Hung (Chiu Man-Chuk) et ses disciples Leong Fu (Max Mok) et Pied-Bot (Hung Yan-yan) ainsi que tante Yee et Wong Kei-Ying sont attaqués par les villageaois, croyant avoir affaire aux pirates. Maître Wong comprend très vite que la situation est grave : les officiers sont forcés de voler pour manger, le tribunal ne fonctionne plus, l'impératrice douanière est partie et les étrangers occupent la capitale. Et le coupable de cette situation est Cheung Yuk Lun, le fils de Cheung.

Tsui Hark reprend le contrôle intégral de la saga et cela se ressent à l'image. Certes moins fort que les 3 premiers volets, docteur Wong et les pirates est très bon. Les disciples y utilisent pour la 1ère fois des armes à feu et Wong Fei-Hung retrouve Tante Yee/Rosamund Kwan.

Réalisé par Tsui Hark
Produit par Tsui Hark et Ng See-Yuen
Monté par Mak Chi-Sin
Chorégraphié par Yuen Bun
Avec Chiu Man-Chuk, Rosamund Kwan, Jean Wang, Max Mok, Hung Yan-Yan, Kent Cheng



  Docteur Wong en Amériques :

Dans le désert Ouest Américain, la dilligence de Fei-Hung (Jet Lee), venu inaugurer avec Tante Yee (Rosamund Kwan) et Pied-Bot (Hung Yan-Yan) la clinique de So (qui a appelé sa clinique Po Chi Lam en l'honneur de Maître Wong), croise le chemin d'un cow-boy solitaire du nom de Billy (Jeff Wolfe).

Arrêtés dans une forêt pour une halte, ils sont attaqué par une horde d'indiens. Et la bagarre tournant mal, les chevaux s'enfuient et la dilligence tombe à l'eau. Retrouvé au bord de la rivière, Tante Yee et Pied-bot sont amenés et réanimés à la clinique de So tandis que Fei-Hung , devenu amnésique à la suite d'un choc brutal avec un rocher, est recueulli par une tribu de peaux rouges.
 
Le retour de Jet Lee n'y fais rien, la saga est belle et bien à bout de souffle. Tourné par Samo Hung comme un mélange western spaghetti/comedy kung-fu, le dernier volet en date de la saga Once Upon A Time In China est assez médiocre (tout comme Shanghaï Noon, autre tentative de concilier Western et kung-fu).

Réalisé par Samo Hung
Produit par Tsui Hark
Monté par Mak Chi-Sin
Chorégraphié par Samo Hung, Hung Yan-Yan et Lau Kar-Wing
Avec Jet Lee, Rosamund Kwan, Hung Yan-Yan, Jeff Wolfe


2/ Les alternatives et parodies de la saga des Once Upon A Time In China :

   
Le premier réalisateur (opportuniste) a profiter du succès de la saga se nomme Lee Lik-Chi avec les très médiocres Master Wong Vs Master Wong et Once Upon A Time A Hero In China tourné la même année (1993). Alan Tam n'a pas 1/10 du talent de Jet Lee.

Le départ de Jet Lee de la saga va précipiter les choses. Ainsi, il va tourné dans des parodies ridicules de Il Etait Une Fois En Chine (Last Hero In China/Claw of Steel) et des alternatives assez moyennes même si elles comportent d'excellentes chorégraphies (The Legend Of Fong Saï-Yuk et sa suite), réalisé par Corey Yuen Kwaï.
Tsui hark, lui même, va produire une alternative à la saga avec l'extravagant Iron MonkeyTsang Sze-Man incarne Wong Fei-Hung enfant. Ici, c'est son père Wong Kei-Ying (Donnie Yen) qui est au premier plan.
Passons l'inconsistant Fist From Shaolin, le film (le seul) qui réussira à retenir l'attention, c'est le bon Combat Des Maîtres/Drunken Master 2 (quoique un peu sur-estimé) avec Jackie Chan, excellent, qui reprend là le rôle du jeune Fei-Hung, 16 après le premier volet de Drunken Master. Le réalisateur Liu Chia-Liang (même si Jackie Chan aurait selon ses dires retourner près de 90% de Drunken Master 2, ndlr), viré par ce dernier, tournera (seul) une suite avec le médiocre Drunken Master 3, avec un Wong Fei-Hung, interprété par Willie Kwai, invisible (cela reste interessant de revoir les "anciens" Lui Chia-liang, Liu Chia-Hui et Adam Cheng de nouveau réunis dans un film, ndlr).

En 1997, Tsui Hark décide de donner une suite, 3 ans après, au Docteur Wong Et Les Pirates, avec le 6ème volet de la saga, Docteur Wong En Amérique, (mal) réalisé par Samo Hung. En effet, ce dernier volet est tout aussi moyen que ses propres parodies (sic). En espèrant un jour voir un 7ème volet…………….