COAST GUARD (Hae Anseon)

Pays : Corée du Sud
Année : 2002
Durée : 1h36 / VOSTF
Un film de : Kim Ki-duk
Avec : Dong-gun (Kang), Kim Jeong-hak (Kim), Park Ji-a (Mi-yeong)
Distribué par : Pretty Pictures
Sorti en France en : Juin 2004
Sorti en Corée le : 22 novembre 2002


PRESENTATION :

A travers son huitième film, Kim Ki-duk se remémore ses années de jeunesse perdues au service militaire. Mais surtout fait la critique virulente d'une armée qui brise les hommes et dont les aberrations et absurdités sont nourries par une situation géopolitique hors normes (depuis 1953, les deux Corée sont séparées par une zone démilitarisée étroitement surveillée, avec une forte présence américaine au Sud). Coast Guard pourrait être ainsi presque considéré comme un prolongement logique de son Address Unkown qui dépeignait déjà le mal-être notamment d'un soldat américain. Charismatique en diable, Jang Dong-gun, détective dans Sur la Trace du Serpent, truand dans Friend ou encore flic à la recherche de la vérité dans 2009 Lost Memories, fait à nouveau montre ici d'un talent indéniable.


SCENARIO :

Kang est un soldat intégré dans une base militaire située le long de la frontière entre les deux Corée et dont la mission est de surveiller la côte pour prévenir l'improbable débarquement d'espions nord-coréens. Sous pression perpétuelle et taraudé par le désir de s'illustrer auprès de ses camarades, Kang commet l'irréparable : il tue un civil en train de faire l'amour sur la plage avec sa fiancée. Félicité par ses supérieurs pour avoir accompli son devoir, Kang se met petit à petit à sombrer dans la folie…


CRITIQUE DE RYÔ SAEBA :

Le film se passe sur les côtes de la Corée du Sud et une petite introduction nous apprend que depuis la guerre de Corée, et même encore aujourd’hui, toute personne franchissant les barrières de la côte est considéré comme espion et donc abattue.
Kang, sous chef de peloton est en service et prend son boulot un peu trop au sérieux et le speech de son supérieur, sur le fait que tuer un espion est une reconnaissance à vie, le fait se concentrer encore plus. Il s'entraîne tout le temps très dur et n'a qu'une seule idée en tête, tuer un espion. Un soir, un homme et sa copine, tous deux un peu saouls, décident de faire l'amour derrière la côte. Kang, prenant l'homme pour un espion, lui vide son chargeur dessus et le tue. C'est la que lui et la fille vont tous deux sombrer dans la folie.


Le film est une satire sur l'armée et sur l'hystérie des frontières entre la Corée du sud et du nord. Il nous montre que la seule chose que doit craindre l'armée, c'est elle même et que ces frontières et barrières côtières n'ont plus lieu d'exister. Le choix de ce thème n’est pas dû au hasard puisque le réalisateur Kim Ki Duk garde un très mauvais souvenir de ses trois années passées à faire son service militaire justement à la frontière. On retrouve également pas mal de thèmes récurrents de ses films comme Address Unknown (on retrouve les mêmes rapports entre la population et l'armée) ou The Isle (les personnages qui exercent leur frustration sur les poissons).
Coté réalisation, rien à redire, la photographie est très belle, l'acteur principal Jang Dong-Kun (Friend, 2009), qui n'a plus rien à prouver, est encore une fois excellent.


Le film souffre malheureusement d'un problème de rythme vers les 3/4 du film où cela commence à devenir répétitif et ça n'avance plus. Le match de foot effectué par les militaires à la fin, avec la carte du pays tracée à la craie sous leurs pieds, représente bien la division du pays et le problème du conflit entre le nord et le sud de la Corée, tous deux contraint à rester dans les limites d'un terrain coupé en deux, en essayant de marquer des points afin de prendre l’avantage sur l’autre camp.

Ca reste tout de même un bon film très politiquement engagé mais qui n’arrive pas cependant à la hauteur d’un Address Unknown.


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