Kang est un soldat intégré dans une base militaire située le long de la frontière entre les deux Corée
et dont la mission est de surveiller la côte pour prévenir l'improbable débarquement d'espions nord-coréens.
Sous pression perpétuelle et taraudé par le désir de s'illustrer auprès de ses camarades, Kang commet
l'irréparable : il tue un civil en train de faire l'amour sur la plage avec sa fiancée. Félicité par
ses supérieurs pour avoir accompli son devoir, Kang se met petit à petit à sombrer dans la folie…
Le film se passe sur les côtes de la Corée du Sud et une petite introduction nous apprend que
depuis la guerre de Corée, et même encore aujourd’hui, toute personne franchissant les barrières
de la côte est considéré comme espion et donc abattue.
Kang, sous chef de peloton est en service et prend son boulot un peu trop au sérieux et le speech
de son supérieur, sur le fait que tuer un espion est une reconnaissance à vie, le fait se concentrer
encore plus. Il s'entraîne tout le temps très dur et n'a qu'une seule idée en tête, tuer un espion.
Un soir, un homme et sa copine, tous deux un peu saouls, décident de faire l'amour derrière la côte.
Kang, prenant l'homme pour un espion, lui vide son chargeur dessus et le tue. C'est la que lui et
la fille vont tous deux sombrer dans la folie.
Le film est une satire sur l'armée et sur l'hystérie des frontières entre la Corée du sud et du nord.
Il nous montre que la seule chose que doit craindre l'armée, c'est elle même et que ces frontières et
barrières côtières n'ont plus lieu d'exister. Le choix de ce thème n’est pas dû au hasard puisque
le réalisateur
Kim Ki Duk garde un très mauvais souvenir de ses
trois années passées à faire son service militaire justement à la frontière. On retrouve également
pas mal de thèmes récurrents de ses films comme
Address Unknown (on retrouve les mêmes rapports
entre la population et l'armée) ou
The Isle (les personnages qui exercent leur frustration
sur les poissons).
Coté réalisation, rien à redire, la photographie est très belle, l'acteur principal
Jang Dong-Kun (
Friend, 2009), qui n'a plus rien à prouver,
est encore une fois excellent.
Le film souffre malheureusement d'un problème de rythme vers les 3/4 du film où cela commence à
devenir répétitif et ça n'avance plus. Le match de foot effectué par les militaires à la fin, avec
la carte du pays tracée à la craie sous leurs pieds, représente bien la division du pays et le
problème du conflit entre le nord et le sud de la Corée, tous deux contraint à rester dans les
limites d'un terrain coupé en deux, en essayant de marquer des points afin de prendre l’avantage
sur l’autre camp.
Ca reste tout de même un bon film très politiquement engagé mais qui n’arrive pas cependant à la
hauteur d’un
Address Unknown.