Classé dans le Top 10 des plus gros succès de l'année 2003 avec plus de trois millions d'entrées,
Deux Soeurs est une version contemporaine du conte folklorique coréen Janghwa & Hongryun (déjà
adapté par cinq fois sur grand écran entre 1924 et 1972). Alors que l'histoire originale se veut une
illustration basique du conflit moral entre le Bien et le Mal, Kim choisit de la placer à la croisée
du thriller intimiste et du film de fantômes. Résultat : un effrayant voyage psychotique sans espoir
de retour rythmé par la musique envoûtante de Lee Byung-woo, compositeur
de Mari Iyagi et de Memories, moyen-métrage de Kim. A noter la performance de
Yeom Jeong-a en belle-mère inquiétante, précédemment détective
tourmenté dans le thriller H et meurtrière élevée comme un garçon dans La Sixième Victime
(sorti dans les salles françaises le 5 juin 2002).
Après une longue période d'hospitalisation, Su-mi et Su-yeon, deux sœurs très complices, sont de
retour dans la grande bâtisse familiale. Les jeunes filles se retrouvent alors à côtoyer leur
belle-mère Eun-joo qu'elles détestent par-dessus tout depuis la mort de leur mère. Petit à petit,
la cadette se met à faire des cauchemars, hantée par les souvenirs de cette mère dont le fantôme
prend doucement possession des lieux. Suite à un évènement mystérieux, un conflit très violent
éclate entre Su-mi et Eun-joo…
Une nouvelle déception après le catastrophique
UNBORN BUT FORGOTTEN (encore un film
d’épouvante coréen). J’étais pourtant parti sur des à priori presque positifs, mais j’ai
rapidement déchanté devant le manque d’originalité et la platitude de l’intrigue. Car dans son
genre,
A TALE OF TWO SISTERS m’a fait l’effet d’un beau pétard mouillé : un film bien
emballé, une jolie photo mais, car il y a un mais, une histoire qui nous rappelle des souvenirs
pas si lointains. En effet, dans ce nouveau film coréen le spectateur se sent rapidement manipulé.
Il sait que la vérité n’est pas forcément là où il l’attend, au contraire d’un
SIXIEME SENS,
qui malgré ses innombrables défauts est parvenu (du moins à l’égard d’une majorité de spectateurs)
à manipuler une audience sans que celle-ci s’en aperçoive. Et bien dans
TALE OF TWO SISTERS
il en va autrement, on sent que quelque chose cloche, on ne sait pas vraiment quoi, mais on
y pense constamment.
Rajoutez à cela des effets horrifiques vus et revus un nombre incalculable de fois (un personnage
se baisse et laisse traîner sa main par terre quelques instants, on sait tous que c’est à ce moment
là qu’une autre main surgit pour lui saisir violemment le poignet … et c’est ce qui arrive…), une
histoire trop lente à se mettre en place, et des crises d’hystérie si répétitives qu’on a parfois
envie de donner une paire de claques aux actrices, et avec tout cela vous obtenez un film très ennuyeux,
classique dans le mauvais sens du terme, mais qui demeure néanmoins très agréable à l’œil.
A TALE OF TWO SISTERS a donc tout de la musique d’ascenseur : ce n’est pas franchement
désagréable, mais c’est sans saveur, un peu comme un produit bien calibré, fabriqué à la chaîne,
un film comme on en a donc déjà vu un certains nombres … comme on en reverra également sans doute
prochainement.
Allez, pour finir sur une note positive je vais dire deux mots à propos du générique d’intro, puisque
celui-ci est en effet magnifique, sensuel et mélancolique à la fois : il épouse la forme d’un doux
rêve, comme une tapisserie fleurie dont les pétales s’évanouiraient au fil de l’eau. Le meilleur
moment du film.