THE FOUL KING
(Ban-chik Wang)


Pays : Corée du Sud
Année : 2000
Durée : 1h43 / VOSTF + VOSTA
Un film de : Kim Jee-woon
Avec :Song Kang-ho (Dae-ho), Jang Jin-young (Min-young), Park Sang-myun
Distribué par : B.O.M.
Sorti à Singapour le : 4 février 2000

PRESENTATION :

Resté plus de six mois consécutifs à la première place du box-office coréen, The Foul King est au final l'un des plus gros succès de l'année 2000. Cette comédie sociale marque les débuts à l'écran du duo d'acteurs Song Kang-ho et Shin Ha-kyun (qui fait une apparition dans la peau d'un voyou), reformé ensuite dans JSA et Sympathy for Mr Vengeance. Afin de parfaire son interprétation sportive, Song a appris le catch en trois mois et a assuré d'ailleurs lui-même toutes les cascades. Outre l'acteur comique Park Sang-myun (My Wife Is a Gangster, Hi Dharma!), on peut noter la présence au casting de la charmante Jang Jin-young, incarnant la fille de l'entraîneur, et dont c'est là un des tout premiers rôles (son talent se confirmera ensuite dans Sorum et surtout Singles, un des hits du box-office coréen en 2003).


SCENARIO :

Dae-ho est un petit employé de bureau sans envergure qui, non content d'être improductif trouve aussi le moyen d'arriver perpétuellement en retard. Ce qui le transforme rapidement en souffre-douleur de son patron qui l'humilie régulièrement. Un beau jour, lassé des brimades et de cette vie trop bien réglée, il s'inscrit dans un club local de catch. Cela va déclencher une nouvelle vocation et résoudre chez lui de nombreux problèmes existentiels…


CRITIQUE DE FA XING :

Les réalisateurs asiatiques en général ont tendance à faire d'une histoire sans-intérêt toute une philosophie. Ils ne cessent de transformer ce qui aurait pu être un drame plat en Europe en véritable fable humaniste. Les films d'action deviennent un lieu de romantisme. Les comédies deviennent des paraboles de la vie. "The Foul King" n'échappe pas à la règle... et ce n'est pas pour nous déplaire.
Alors que dans la majorité des comédies occidentales, on a juste droit à un enchaînement de gags, ou de situations comiques, ici, les gags se font rares et les situations comiques sont beaucoup plus basées sur l'intimisme que sur le grand-guignolesque. "The Foul King" nous fait rire à chaudes larmes, innovant à chaque seconde, mais il nous fait aussi beaucoup réfléchir.


Dire que le film est une comédie est un euphémisme, je serais presque tenté de dire : "Qui ne rit pas devant The Foul king est vraiment 'le roi des idiots'...". Si ce n'était que pour une scène, ce serait pour les chatouilles que Dae Ho (Song Kang-Ho) fait à son patron pour se débarrasser de son étreinte... un humour simple et efficace. Cette capacité de produire un humour basique vient sans doute du fait que le réalisateur Kim Jee-Woon est avant tout un réalisateur de théâtre. On remarque d'ailleurs que les mouvements de caméras sont quasiment absents (des que la camera bouge, on a un peu à faire à du n'importe quoi).

Comme je le disais au début, le film est avant tout basé sur l'humour, mais cet humour a un but. On est loin de se retrouver devant un Scary Movie. Ici, l'humour ne tourne pas à vide, il amène à la réflexion... certains verront la relation entre Dae Ho et son Boss comme une relation père-fils, sorte de version orientale du complexe d'Oedipe, pourquoi pas... à chacun son interprétation, mais en tout cas ce dont je suis sur c'est que le film nous montre avant tout qu'il ne faut pas baisser le bras. Le chemin pour devenir meilleur est truffé d'embûches. Dae Ho ne se croit pas capable de les surmonter seul donc il se créé ce personnage de carnaval, The Foul King.


Sous le masque, il est fort, il file une raclée aux petites frappes du coin, il avoue ses sentiments... le monde ne lui fait pas peur. Ce n'est qu'à la fin qu'il sera capable de combattre sans masque dans un combat apocalyptique qui me rappelle en beaucoup de points "Somebody Upthere Likes Me". Apres des années d'inexistence pour le reste du monde, le cinéma coréen se fait de plus présent... et c'est tant mieux.


Retour au Sommaire