Dae-ho est un petit employé de bureau sans envergure qui, non content d'être improductif trouve aussi le
moyen d'arriver perpétuellement en retard. Ce qui le transforme rapidement en souffre-douleur de son
patron qui l'humilie régulièrement. Un beau jour, lassé des brimades et de cette vie trop bien réglée,
il s'inscrit dans un club local de catch. Cela va déclencher une nouvelle vocation et résoudre chez lui
de nombreux problèmes existentiels…
Les réalisateurs asiatiques en général ont tendance à faire d'une histoire sans-intérêt toute
une philosophie. Ils ne cessent de transformer ce qui aurait pu être un drame plat en Europe en
véritable fable humaniste. Les films d'action deviennent un lieu de romantisme. Les comédies
deviennent des paraboles de la vie. "
The Foul King" n'échappe pas à la règle... et ce n'est
pas pour nous déplaire.
Alors que dans la majorité des comédies occidentales, on a juste droit à un enchaînement de gags,
ou de situations comiques, ici, les gags se font rares et les situations comiques sont beaucoup
plus basées sur l'intimisme que sur le grand-guignolesque. "
The Foul King" nous fait rire à
chaudes larmes, innovant à chaque seconde, mais il nous fait aussi beaucoup réfléchir.
Dire que le film est une comédie est un euphémisme, je serais presque tenté de dire : "Qui ne
rit pas devant
The Foul king est vraiment 'le roi des idiots'...". Si ce n'était que pour
une scène, ce serait pour les chatouilles que Dae Ho (
Song Kang-Ho)
fait à son patron pour se débarrasser de son étreinte... un humour simple et efficace. Cette capacité
de produire un humour basique vient sans doute du fait que le réalisateur
Kim Jee-Woon
est avant tout un réalisateur de théâtre. On remarque d'ailleurs que les mouvements de caméras
sont quasiment absents (des que la camera bouge, on a un peu à faire à du n'importe quoi).
Comme je le disais au début, le film est avant tout basé sur l'humour, mais cet humour a un but.
On est loin de se retrouver devant un
Scary Movie. Ici, l'humour ne tourne pas à vide, il
amène à la réflexion... certains verront la relation entre Dae Ho et son Boss comme une relation
père-fils, sorte de version orientale du complexe d'Oedipe, pourquoi pas... à chacun son interprétation,
mais en tout cas ce dont je suis sur c'est que le film nous montre avant tout qu'il ne faut pas
baisser le bras. Le chemin pour devenir meilleur est truffé d'embûches. Dae Ho ne se croit pas
capable de les surmonter seul donc il se créé ce personnage de carnaval,
The Foul King.
Sous le masque, il est fort, il file une raclée aux petites frappes du coin, il avoue ses sentiments...
le monde ne lui fait pas peur. Ce n'est qu'à la fin qu'il sera capable de combattre sans masque dans
un combat apocalyptique qui me rappelle en beaucoup de points "
Somebody Upthere Likes Me". Apres
des années d'inexistence pour le reste du monde, le cinéma coréen se fait de plus présent... et c'est
tant mieux.