Leurs femmes partant ensemble une journée en Thaïlande, Tin et ses amis ont quatorze heures devant eux
pour s'encanailler. Frime absolue, automobile luxueuse, karaoké avec hôtesses et même suite royale avec
call-girls : ils ont tout prévu, sauf que quelqu'un s'amuserait à ruiner leur plan si parfaitement huilé…
Produit par UFO (United Filmakers Organization), la société de production crée en 1992 par
des réalisateurs associés, entres autres
Eric Tsang et
Peter Chan pour ne citer qu’eux,
Men Suddenly in Black
est une très bonne surprise. De nos jours où les comédies romantiques règnent en maître sur le
paysage cinématographique, accompagnées par la comédie ultra lourde de
Wong Jing,
ça fait vraiment du bien de voir une comédie d’un autre genre et qui plus est réussie. Le film
est axé sur la parodie, mais ce n’est pas un film parodique qui se contente d’aligner les parodies
des derniers films à la mode à la manière d’un
Scary Movie, mais au contraire le film parodie tout
un genre : le polar. Tout le genre y passe, du film de héros à la
A Better Tomorrow au polar
à suspense comme
Infernal Affairs. Enfin parodie, pas vraiment, le film est vraiment tourné
comme un polar tout ce qu’il y a de plus sérieux, tout comme les acteurs qui jouent tous aussi
sérieusement, pas de folie à la
Leslie Nielsen ou
Stephen Chow. La différence est que les enjeux ne sont pas
les mêmes, ici le but de nos quatre amis est de se payer du bon temps par tous les moyens
possibles sans se faire découvrir par leur femme. Tout comme des gangsters qui planifient
un casse, ils s’occupent du moindre détail afin de ne laisser aucune trace qui pourrait
faire que leur femme puisse remonter jusqu'à eux.
C’est donc un vrai plaisir de voir les déboires de
Eric Tsang,
Jordan Chan,
Chapman To et
Gu Zong Chao. Chaque acteur délivre une bonne performance,
Jordan Chan en docteur un peu timide,
Chapman To
qui doit en être à son 50ème film cette année joue un comique un peu simplet,
Gu Zong Chao
est le petit nouveau du groupe, il est originaire de Beijing et ne parle que mandarin (d’où
l’utilité de voir le film en cantonais) et enfin
Eric Tsang
joue le vétéran, le chef du groupe qui organise tout. Pour jouer leurs femmes, on retrouve entre
autre
Teresa Mo, qui sait faite très rare ces dernières
années et
Candy Lo. En plus de tout ce petit monde, le film
est rempli de beaucoup de très bon caméos dont celui de
Tony Leung Ka Fai
absolument sublime en 9ème oncle. Je n’en dis pas plus pour ne pas trop gâcher le plaisir.
Le film néanmoins n’est pas exempt de défauts, le rythme est très inégal. Alors que le film
démarre sur les chapeaux de roues pour garder un rythme plutôt soutenu, vers la moitié du film
au changement de point de vue et le passage du coté des femmes, le rythme du film s’adoucie un
peu. Ce passage est peut être un petit trop longuet et on a une trop grande impression de déjà
vu. Passé ce passage, le film repart mais la rupture entre les 2 fait que même si ça reste plaisant,
ce n’est pas du niveau de la première partie.
Au final le film reste tout de même extrêmement plaisant et le casting ainsi que le concept plutôt
original arrive à tenir tout au long du film avec une fin surprenante mais qui cependant reste
parfaitement en adéquation avec l’esprit du film. C’est donc une très bonne surprise que je
vous conseille fortement.