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Le remake le plus connu de tous reste The Blade, sombre interprétation
du légendaire sabreur manchot qui était la " vedette " de la
trilogie One-Armed Swordsman du grand Chang Cheh. Dans
The Blade, Tsui Hark réinstalle le mythe du sabreur manchot
dans son propre univers tout en gardant des détails signifiants
ou non pour qu'une sorte de continuité soit visible entre
l'original et son film, par exemple : Ding On/Chiu Man-Chuk
devenu alors manchot doit travailler comme serveur dans une
auberge, méprisé par les clients comme Lei Li/David Chiang, dans
La Rage Du Tigre/The New One-Armed Swordsman (il ne faut pas
oublier que Daniel Lee, qui considère d'ailleurs Cheh comme son
mentor, réinterpréta aussi ce mythe dans Frères D'Armes/What Price
Survival : One Armed Swordsman'94).
La liste de remake de wu xia pians (ou kung-fu pians) made in Shaw Brothers est très (trop) longue : Tsui Hark, encore lui, fît un remake du Dragon Gate Inn de King Hu avec L'Auberge Du Dragon/The New Dragon Gate Inn, très bon d'ailleurs. |
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Le réalisateur Johnny To (Lifeline, All About Ah Long ou
Running Out Of Time) réactualisa Les Disciples De Shaolin
du même Chang Cheh avec son très moyen The Bare-Footed Kid
(dans lequel joue " l'ancien " Ti Lung et chorégraphié par
un autre " ancien " Liu Chia-Liang), ici, c'est l'irrégulier
Aaron Kwok qui reprend le rôle de Kuan Feng-Yi, jeune employé
d'une fabrique de textile qui va monter très vite les échelons
grâce à ses prouesses martiales. Mais au résultat Aaron Kwok
n'arrive à aucun moment à égaler le regretté Alexander Fu Sheng.
De Blade Of Fury de Samo Hung (rmk de Iron Bodyguard de Chang Cheh) au Swordsman 2 de Ching Siu-Tung (rmk de Clans Of Intrigue de Chu Yuan) en passant par les 2 Chinese Odyssey de Jeff Lau (relecture du mythe du "roi des singes" mis en scène auparavant par Ho Meng-Hua via son The Monkey/Monkey Goes West) ou encore le The Lovers (rmk de Love Eternal/The Butterfly Lovers de Li Han-Hsiang), les cinéastes de la nouvelle vague n'ont eu de cesse de puiser dans l'héritage cinématographique de la compagnie des frères Shaw, et je ne cite là que les plus notoires car d'autres films modernes portent le même titre que certaines œuvres de cette compagnie (Flying Daggers, The Sword Stained With Royal Blood, The Golden Swallow ou encore All Men Are Brothers) mais la difficulté de récupérer les œuvres originales ne me permet pas d'en parler avec certitude comme des remakes de films de la Shaw. |
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Crouching Tiger & Hidden Dragon de Ang Lee n'est ni plus,
ni moins qu'un incontestable hommage aux wu xia pians et en
particulier ceux de la Shaw Brothers. L'aspect contemplatif,
l'esthétique minutieux, le duel dans l'auberge, la course-poursuite
et le vol d'un objet rare (ici, l'épée Destinée remplace
le manuscrit de Xuan Zang) nous font penser au style King
Hu (Raining In The Mountain, Dragon Gate Inn).
Ang Lee met en scène les relations entre différents personnages féminins (Jen Yu, Yu Shi Lien et Jade Fox/Jade La Hyène) comme le fît Ho Meng-Hua sur Jade Raksha, Lady Of Steel mais surtout Les Griffes De Jade/The Lady Hermit où les personnages principaux étaient des femmes ; Tsui Peng et Chung Kuei-Yang, interprétées respectivement par Shih Szu et Cheng Pei-Pei, qui annoncent Jen/Ziyi Zhang et Yu/Michelle Yeoh. Toujours pour la touche féminine, il est à noter que le rôle du " méchant " est joué par Cheng Pei-Pei, la grande reine des wu xia pians dans entre autres, Come Drink With Me, Golden Swallow ou The Thundering Sword. Ce choix de Lee n'est donc pas fortuit. |
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Autre inspiration, mais toujours lié au cinéaste
Ho Meng-Hua : la fascination pour les armes, pour
mieux comprendre, voir la scène où Yu change à mainte
reprises d'arme afin de trouver la parade face à l'épée
Destinée que détient Jen (scène qui nous rappelle aussi
la deuxième partie de Les Démons Du Karaté/Heroes Of East
de Liu Chia-liang où Chang/Liu Chia-Hui doit trouver
l'arme, la technique ou la ruse nécessaire pour contrer
l'attaque ou la spécialité de chacun des mercenaires japonais, ndlr).
Et en regardant de plus près le personnage de Li Mu Baï/Chow Yun-Fat, on se dit qu'un Ti Lung, le noble chevalier selon Chang Cheh, aurait pût très bien remplacer ce dernier (voir faire mieux que Chow quand on sait que Ti Lung est un véritable artiste martial, ce qui n'est pas le cas du célèbre tueur à gages de The Killer). |
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Beaucoup d'acteurs, réalisateurs et chorégraphes
ont commencé pour ou sont passés par la Shaw Brothers
même dans la dernière génération de réalisateurs,
celle de Andrew Lau, de Patrick Leung ou de Jingle Ma,
il y a des réalisateurs qui ont côtoyé la fameuse
compagnie. Gordon Chan, réalisateur de Beast Cops ou de
Final Option, était durant son passage, superviseur
d'un département effets spéciaux et Daniel Lee n'a de son
côté jamais caché son admiration pour King Hu
mais surtout Chang Cheh.
Mais la génération la plus Shawesque reste celle de Woo, Hark, Hui et consorts. Et il est intéressant d'analyser ces cinéastes comme les fils spirituels de réalisateur de la S.B : John Woo/Chang Cheh, Tsui Hark/King Hu ou encore de citer Ho Meng-Hua comme l'un des précurseurs de la vague des wu xia pians fantasy, tant il a été l'un des seuls (avec, mais dans une moindre mesure Lo Wei) celui qui mettra en avant aussi bien des personnages féminins que masculins et son extravagance dans le choix de ses armes. |
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Prenons le cas John Woo, c'est du pur Chang Cheh en ce
qui concerne les scènes finales de ses films et le
traitement réservé à ses héros. Prenons par exemple
un film comme Les Disciples De Shaolin ou
Le Justicier De Shanghaï/The Boxer From Shantung
(puisque la scène finale en question était réalisé
par Cheh), il y a ici toute l'inspiration " sanguinaire "
et violente que puisa Woo pour " finir " certains de
ses films dont les plus représentatifs restent les
deux Syndicat Du Crime/A Better Tomorrow. On y voyait
Ken Gor/Chow Yun-Fat et Tsung Tse-Ho/Ti Lung marcher
sur des cadavres tout chaud comme le fît auparavant
Lei Li/David Chiang dans la scène finale sur le pont,
de La Rage Du Tigre/The New One-Armed Swordsman. On
sait que cinéaste de la S.B aime torturer ses héros
voir l'état physique (et parfois mental) de ses
chevaliers après coup, et Woo a les mêmes " plaisirs " ;
Jeff/Chow Yun-Fat dans The Killer, Tsing Yi/Damian Lau
dans La Dernière Chevalerie/Last Hurrah For Chivalry
ou Mark Gor/Chow Yun-Fat dans le premier volet de
A Better Tomorrow. Il est amusant de voir le deuxième
volet de ABT comme un hommage au maître : Kit/Leslie
Cheung se fait tuer par le tueur à gages du Patron de
la mafia et sera venger par son propre frère Tsung
Tse-Ho/Ti Lung à la fin du film lors d'une boucherie
visuelle (avec des flingues) qui nous rappellent
(encore) La Rage Du Tigre, où Feng Chun-Chieh/Ti
Lung trouva la mort face à l'infâme bras droit du
Maître Long et sera violemment venger par son " frère "
Lei-Li/David Chiang (avec des sabres). La vendetta a
toujours la même saveur, seuls les acteurs (sauf Ti
Lung) et les armes ont changé…..
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Autre héritage stylistique, celui de Liu Chia-Liang, lançant
la vague des Kung-Fu Comedy grâce à ses Dirty Ho ou
Les Démons Du Karaté/Heroes Of East, genre sublimé par
la suite par l'équipe des Eagle's Shadow et Drunken Master
(Jackie Chan, Yuen Woo-Ping et Ng See Yuen) et Samo Hung
(Prodigal Son reste l'un des meilleurs Kung-Fu Comedy).
Liu Chia-Liang, encore lui, annonce par son
Wang Yu Défie Le Maître De Karaté/The Spiritual Boxer, un
mélange sorcellerie/kung-fu qui prendra le nom de
Ghost Kung-Fu Comedy. Dans ce film, Li Cheung/Wong Yue
berne les villageois puis ses ennemis en se faisant passer
pour un sorcier taoïste et lors de la scène préliminaire,
on voit lors d'une démonstration faite à son excellence,
un fat-si prodiguer des pouvoirs martiaux surnaturels
à ses disciples (interprétés par Chen Kuan-Tai et Ti Lung)
dont les corps sont devenu insensibles aux points des lances
et aux balles des fusils. La S.B est bel et bien devenu
un patrimoine cinématographique.
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