![]() Origine : Hong-Kong Genre : Amour / Drame / Science Fiction Année : 2004 Durée : 2h09 Studio : Jet Tone Productions Ltd Réalisateur : Wong Kar-wai Acteurs : Tony Leung Chiu-wai, Carina Lau, Faye Wong, Gong Li, Zhang Ziyi, Chang Cheng, Maggie Cheung |
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Test : Ryô Saeba Format : 1.85 - 16/9 compatible 4/3 Langages : - Cantonais / Mandarin / Japonais Dolby Digital 5.1 - Français Dolby Digital 5.1 Sous-titres : Français Suppléments : Making Of, Bandes annonces, documentaires, scènes coupées… Format : PAL - 2 DVD 9 Editeur : Ocean Films Date de sortie : 26 Mai 2005 |
| PARTIE 1 : | Le Dvd |
| Menus : |
Les DVD possèdent de superbes menus tout à fait en adéquation avec l'ambiance du film. Le thème principal
du film en arrière plan avec des scènes qui défilent lentement et, surprise, si on ne touche à rien pendant
quelques minutes, un clip se lance avec la possibilité de retourner au menu si on le souhaite, une sorte
de système de vieille en quelque sorte.
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| Critique Image : |
Ocean Films ont mis le paquet et malgré la durée imposante du film (plus de 2 heure de métrage) ainsi
que la présence de 3 pistes audio dont une en DTS, l'image reste absolument parfaite. Aucun défaut de
compression (pourtant les scènes sombres ne manquent pas), les couleurs sont superbes et il n'y a rien
à redire sur la définition.
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| Critique Son : |
Le son, que ce soit le Dolby Digital ou le DTS, est vraiment très bien rendu. Bien sur, 2046 n'est pas du
tout un film d'action, donc on pourrait se demander mais où est l'intérêt d'un DTS ou DD 5.1 ? Et bien les
basses sont étonnements puissants et l'ambiance musicale du film très importante prend une autre dimension
avec sa parfaite dispersion sur tous les canaux. Les voix restent malgré tout bien en avant et claires.
Quant à la piste française, le doublage est plutôt bon, de même que la piste audio même si bien sur on ne
saurait vous conseiller la version originale, surtout pour un film mélangeant autant de langues que le
mandarin, le cantonais et le japonais.
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| Sous-titres : |
Pas de défaut majeur constaté sur les sous titres, du bon boulot. Petit détail d'importance : on apprécie qu'ils soient amovibles.
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| PARTIE 2 : | Interactivités |
Ce 2e DVD de bonus est divisé en 5 parties correspondant aux époques visitées dans le film, à savoir 1963,
1966, 1967 et 2046 plus 1224-1225. Tout comme le 1er DVD, si on laisse le DVD sans rien faire trop longtemps,
un clip se déclenche.
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| Zone 1963 : Making of et matériel promotionnel |
Dans cette zone 1963, on retrouve tout d'abord un des gros morceaux de ces suppléments : le Making of
de 37 min. Malheureusement, ce making of n'est pas très intéressant et rappelle les matériels promotionnels
comme on en voit trop souvent de nos jours. Les acteurs du film interviennent tous pour raconter leur
expérience sur le film, mais tout ça est trop superficiel, on n'apprend pas grand-chose sur le tournage
ou la mise en scène en elle-même. A part de rares moments comme l'interview de Faye Wong par exemple,
un peu plus au dessus des autres en terme d'informations, ce making of est plus quelque chose de formaté.
En dehors de ce Making of, on retrouve 2 petits suppléments, respectivement de 3 min et 5 min. Le 1er " Dans la peau de Mlle Bai " est une succession de moments de tournage concentrés sur Zhang Ziyi qui interprète le personnage dans le film. Ce qui ravira les fans de l'actrice mais qui n'a pas vraiment d'intérêt d'autant plus qu'il n'y a aucun sous titres. Le 2e petit supplément intitulé : " 2046 : anatomie du souvenirs " montre l'évolution de la vision de la ville futuriste de 2046 par son réalisateur à travers des croquis et images de synthèse. Il est intéressant de voir comment a évolué la représentation de la ville du départ du projet en 2001 jusqu'à la version définitive. Enfin, pour terminer avec cette zone, on retrouve du matériel promotionnel classé par année avec le promo-réel de mai 2002, le teaser de septembre 2002, le promo-réel de mai 2003 et enfin le teaser définitif de mai 2004. |
| Zone 1966 : scènes coupées, galeries de photos, musique et wallpapers |
Ici, nous retrouvons tout d'abord les scènes coupées qui sont au nombre de 8 et d'intérêt assez inégal.
Certaines confirment ce qui était dit implicitement dans le film (d'où la coupe), d'autres insistant
sur la relation du personnage de Tony Leung avec celui de Zhang Ziyi, et enfin les dernières
qui changent complètement la conclusion du métrage déjà plus intéressante, elle nous montre une fin
beaucoup plus optimiste.
Ensuite, on a le droit à des galeries de photos de scènes coupées et autres plans inédits, tout un tas de suppléments sur la musique, assez anecdotiques et assez bref, comme la liste des morceaux ou encore de courts documents écrits. A noter par contre que sur le 1er DVD du film, il est possible d'avoir accès à un chapitrage par passage musicaux, ce qui est plutôt sympathique compte tenu de l'importance de la musique dans le film. Pour ceux qui ne l'auraient pas remarqué, un bonus caché se trouve en haut à gauche du menu et permet d'écouter les essais du doublage français. |
| Zone 1967 : Bandes annonces, affiches et documentaire |
Tout d'abord dans cette zone 1967, on a accès au documentaire : " 2046 : légendes cannoises ". C'est un
des rares documents de ces suppléments à relater ce fameux retard et toutes les complications qui ont
amenées des situations invraisemblables comme nous le raconte Thierry Frémont, le directeur du
comité de sélection du Festival de Cannes. On apprend par exemple que Gong Li intégra le film en
février / mars alors que le film devait être présenté à Cannes au moi de Mai ! Etonnant, Thierry Frémont
nous raconte pas mal de petites anecdotes dans ce genre, de l'arrivée des bobines par jet privé avec
l'échange de projection de presse entre 2046 et Clean de Olivier Assayas, on en
apprend encore un peu plus sur la folle aventure de cette projection qui n'a failli ne pas avoir lieu.
Ensuite encore des teasers chinois, français, international… ainsi que tous les projet d'affiches et les affiches définitives du film. |
| Zone 2046 : Documentaires, portrait et fiches techniques |
Dans cette zone 2046, on retrouve le documentaire " Wong Kar-Wai, Tony Leung, Zhang Ziyi : regards croisés "
qui est une sorte de complément du making of en beaucoup moins promotionnel. Wong Kar-wai nous
explique la nature passionnelle de sa relation avec son personnage tout comme celle avec son acteur
fétiche Tony Leung. Quant à Zhang Ziyi, elle confirme ce que Maggie Cheung avait
déjà expliqué sur les suppléments de In The Mood For Love, à savoir qu'elle ne savait quasiment
rien de l'histoire, et que l'acharnement de Wong Kar-wai à faire 30 ou 40 prises pour atteindre
la perfection est très déstabilisant. On en apprend un peu plus donc sur la démarche artistique du
réalisateur, dommage que le making of n'ait pas été de la même qualité.
Viens ensuite le portrait de Wong Kar-wai fait par différents journalistes des Cahiers du Cinéma, Positif ou encore du Nouvel Obs. Ils font une analyse approfondie du réalisateur et de son cinéma, parfois qui oscille entre les réflexions intéressantes et les visions pompeuses. Ce supplément n'est cependant pas désagréable et permet de voir une certaine vision de son cinéma. Le 3e supplément de cette zone 2046 intitulé : " numérologie de 2046 " recense les différents nombres qui apparaissent dans le film, associés à une petite phrase qui les remet dans leur contexte, sans pour autant vraiment les expliquer. Et pour en finir avec cette zone 2046 qui est sans aucun doute la plus intéressante au niveau de la qualité des suppléments, on a accès aux fiches techniques, artistiques ainsi qu'à de courtes biographies des acteurs et membres de l'équipe du film. |
| Zone 1224 - 1225 : Bandes annonces, crédits et catalogues |
Cette zone se limite tout simplement à la promotion des autres titres de l'éditeur, avec les bandes
annonces des autres titres asiatiques déjà sortis, le catalogue de leur DVD, le générique complet sous
forme écrite du film et enfin les crédits du DVD.
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| Conclusion : |
Ocean Films nous offre là un DVD qui est parfait techniquement, mais dont les 3 heures de suppléments
sont assez inégales. On regrette en effet que la majorité soient purement promotionnels avec cependant
le document Légendes cannoises et ceux de la zone 2046 qui rattrapent heureusement le tout. Au final,
cette édition reste malgré tout une édition référence pour ce film qui a mis 4 ans à voir le jour.
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| PARTIE 3 : | Le Film |
| Scénario : |
Qui sait, elle peut encore changer... Chow Mo Wan est maintenant un écrivain de science fiction qui s'évade
dans une ville imaginaire, 2046, dont on ne revient jamais. 2046 est aussi le numéro de la chambre où il
rencontra Su Lizhen il y a quelque temps. Il s'installe dans la chambre 2046 et observe ce qui se passe
à côté...
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| Critique de Eric Draven : |
Ca y est, le nouveau Wong KAR-WAI est arrivé. Après cinq ans d'attente… Le réalisateur était
attendu au tournant par ses fans (tout comme " Happy Together " l'était en son temps), comment
a-t-il su gérer la situation? La copie circulant à Cannes laissait présager le pire : pas cohérente,
effet spéciaux non finis, longueurs… A ce moment là, le golden boy de Hong-Kong avait déçu son public
et les critiques qui ont enterré le film un peu vite. Heureusement le montage a été revu et un nouveau
film en est sorti ; les spectateurs peuvent s'en réjouir. Ce film s'inscrit dans le prolongement direct
de " In The Mood for Love ". On peut le voir comme une suite.
CHOW est un écrivain frustré. Il en est réduit à écrire des histoires qu'il n'aime pas, à flirter avec des femmes qu'il n'aime pas. Il s'installe dans un hôtel, chambre 2046. C'est le numéro de chambre où il rencontra jadis l'amour de sa vie à jamais disparue, Su Lizhen (voir " In The Mood for Love "). Il réfléchit, observe les gens autour de lui, essaie de comprendre. Il décide d'écrire un livre de science fiction intitulé " 2046 " dans lequel il mettrait indirectement en scène sa frustration et sa remise en question sous les traits d'un japonais… On sent, dans tous ses films, que Wong KAR WAI cherche à trouver l'instant magique : un mouvement, une image, arriver à capter les émotions de chaque personnage. Il tourne sans scénario, juste avec une esquisse grossière de ses personnages. Car ce qui prime chez ce réalisateur hors norme, c'est ses acteurs, cette peinture, ce portrait de gens ordinaires mais tellement humains que ça en est bouleversant. Ce sont les émotions les plus pures qui en ressortent et qui permettent de nous toucher au plus profond de nous même, dans notre coeur. Il est vrai qu'il ne se passe pas grand-chose durant les deux heures de film, mais il faut accepter de se laisser porter par le film, par ses émotions. 2046 est un film complexe à appréhender. Le réalisateur fonctionne sur le principe de répétition des images et des moments, soit par rapport à ses personnages dans le film même, soit carrément par rapport à ses précédent films (Tony LEUNG ou Carina LAU font le lien par exemple). Cela permet de montrer plusieurs personnages réagissant différemment à des situations similaires. Ce procédé permet également au réalisateur de trouver à chaque fois de nouvelles émotions, de nouvelles sensations à faire partager aux spectateurs. Et notamment à essayer de nouveaux trucs. Un coté nostalgique se dégage également de ça : un plan aperçu dans un film précédent, un mouvement, une pose qui nous semble familière, etc… Depuis toujours, le cinéma de Wong KAR-WAI est expérimental, tant au niveau de l'image, de la musique mais aussi au niveau des émotions et des sentiments. Malgré un coté hésitant ici, cela lui permet de toujours trouver des plans, des moments forts comme seul le cinéaste sait les emballer, même s'il ne réussi pas à tous les coups. Après qu'Orson WELLES ait quasiment inventé le cinéma, Godard était un des premier à d'expérimenter différentes techniques cinématographiques : ses films sont aujourd'hui étudiés dans le monde entier et ont atteint le statut de " classique du cinéma. Le temps nous dira si Wong KAR-WAI est un génie ou seulement un imposteur… Comme toujours avec Wong KAR-WAI, les acteurs sont magnifiques. Tony LEUNG est, comme d'habitude, exceptionnel. Il reprend le rôle de Chow, héro du précédent film, mais cette fois ci, son personnage a changé de caractère. Il est complètement différent : il n'est plus introverti comme avant et n'hésite plus à flirter avec les femmes. Je trouve néanmoins le changement un peu brusque. J'ai eu du mal à m'y faire au début du film. Malgré sa courte apparition à l'écran, Maggie CHEUNG fait le lien entre " In the Mood for Love " et " 2046 ". Gong Li la remplace dans un autre rôle, mais de façon un peu moins convaincante. Ceci étant dit, c'est toujours agréable de la revoir, ses apparitions à l'écran se faisant de plus en plus rares. Toujours aussi charmante, Zhang Ziyi a atteint ici une maturité et un glamour que l'on ne lui soupçonnait pas. J'irais même jusqu'à dire qu'elle fait naître une certaine pitié à travers son personnage de femme délaissée. Faye WONG, quant à elle, obtient un double rôle : celui de l'androïde du roman, prolongement fantasmé et virtuel du seul personnage féminin du film que Chow ne peut avoir et qui lui permettra d'ouvrir les yeux sur le sens de sa propre vie. Le cinéaste filme ses acteurs avec une certaine pudeur et une certaine retenue, comme s'il ne voulait pas les dévoiler complètement : les scènes d'amour sont sensuelles sans en montrer d'avantage, les murs en premier plan permettent de cadrer uniquement les personnages et de se focaliser sur eux, voir même de cacher certaines de leurs actions aux spectateurs, comme pour leur laisser une part d'intimité. Au niveau visuel, le film est superbe. Les effets spéciaux ajoutés dans cette dernière version sont originaux et de toute beauté (ça change des dessins fixes présentés à Cannes) mis à part la pub grossière pour une marque dans le dernier plan. La photographie, très stylisée, lorgne plutôt du coté de " In the Mood for Love " plutôt que celui de " Fallen Angels ". Dans ce film tout est beau malgré un coté un peu glacé: beaux décors, belle photo, beaux acteurs, beaux costumes, maquillage appuyé… Le rythme très lent du film permet de les contempler longuement et renforce un peu ce coté froid. Malgré cela, le montage n'en reste pas moins excellent et un modèle de précision. Comme toujours, la musique n'est pas en reste : le thème, toujours composé par Shigeru UMEBAYASHI, apporte une puissance et un coté envoûtant au film. Mais il y a toujours chez le réalisateur l'envie d'emprunter des musiques extérieures, tout comme Tarantino sait si bien le faire (voir les superbes musiques de films de Delerue ou celle de Preisner présentes dans le métrage), Certaines sont directement reprises de ses films précédents. Elles permettent là aussi de faire le lien (en plus des images et des personnages) entre les différents films du cinéaste. A travers tous ses films, on peut ainsi dire que Wong KAR-WAI créé une œuvre cohérente et homogène, même si, d'après ce que l'on entend à droite et à gauche, on peut douter que cette cohérence soit voulue de sa part. 2046 ne plaira pas à tout le monde. C'est un fait. Il y a beaucoup de choses à dire sur ce film mais une sensation ne s'explique pas, elle se vit. C'est comme lorsque l'on fait un voyage, c'est très difficile de le raconter et de le faire partager à quelqu'un qui ne l'a pas vécu. Comme pour " Dolls " ou " Hana-bi " de Kitano, les histoires d'amour développées, le coté romantique (les moments en suspensions notamment), le visuel, sont, pour moi, les points forts du film. Je pense, déjà, que tous les fans de Wong KAR-WAI peuvent se précipiter pour voir le film. Il n'est pas uniquement réservé aux amateurs de films d'auteurs contemplatifs (moi-même, je suis loin d'être un adepte de ce genre de cinéma pseudo intellectuel…) comme on a pu le lire dans certains journaux en presse, mais il s'adresse à tous les spectateurs, à tout les êtres humains, en fait, car l'amour (le thème principal du film) est le sentiment le plus noble de l'homme. |



