Titre original : Ozu Yasujirô : coffret volume II
Origine : Japon
Genre : Drame
Année : 1931 à 1956
Réalisateur : Ozu Yasujirô
Films du coffret : Chœur de Tokyo ; Une auberge à Tokyo ; Eté précoce ; Le goût du riz au thé vert ; Printemps précoce

Test : Oli

Format : 1.33 : 1 - 4/3 N&B
Langages :
- Japonais Dolby Digital Mono
Sous-titres : Français amovibles
Suppléments : Documentaires
Format : PAL - Zone 2 - Coffret 5 DVD9
Editeur : Carlotta
Date de sortie : 6 février 2007


PARTIE 1 : Le Dvd


Menus :
Jolis menus, sobres mais qui reprennent le style des génériques d'Ozu, le tout est discrètement animé avec des images de film, et joliment habillé avec les mélodies simples et inoubliables tirées de la filmographie d'Ozu Yasujirô.



Critique Image :
Les deux premiers films du coffret n'ont pas pu bénéficier du même travail de restauration que le reste des titres. Datant respectivement de 1931 et 1935, CHŒUR DE TOKYO et UNE AUBERGE A TOKYO ont donc une image endommagée (la restauration ne peut pas non plus accomplir des miracles) mais néanmoins tout à fait regardable. On imagine fort bien les déplorables conditions dans lesquelles ces titres ont dû être conservés. Estimons nous donc très heureux de pouvoir bénéficier de l'édition de ces films rares, et indispensables.

Les autres films du coffret ont pour leur part joui d'une excellente restauration. Certes on constate, ponctuellement, de toutes petites griffures d'époque, mais pour avoir déjà vu ETE PRECOCE il y a plusieurs années dans des conditions très moyennes, je peux vous avouer que c'est un réel plaisir de voir (ou revoir) tous ces titres avec une si belle image... Les contrastes sont également bien respectés dans l'ensemble (malgré quelques problèmes de luminosité ponctuels), la compression est excellente et la définition est bonne (encore une fois, parfois la netteté n'est pas fabuleuse, mais les films datent…).



Critique Son :
Passons rapidement sur les deux premiers films du coffret (CHŒUR DE TOKYO est muet, UNE AUBERGE A TOKYO est sonorisé avec une piste musicale, le son y est relativement moyen).

Les autres films, bien évidemment en japonais, ont eux bénéficié d'une sérieuse restauration. Si les voix sont légèrement plus étouffées sur ETE PRECOCE et LE GOUT DU RIZ AU THE VERT, dans l'ensemble, les pistes mono sont en tous points remarquables compte tenu de l'âge des films. Très peu de souffle et de saturation également, c'est un beau tour de force.

Je précise, pour avoir vu quelques uns de ces films il y a plusieurs années dans des salles de ciné, que la restauration saute ici vraiment aux yeux (enfin plutôt aux oreilles, devrais-je dire …). Bruits, échos, tous ces petits désagréments, s'ils existent toujours un peu, ont été considérablement diminués.


Sous-titres :
Sous titres français très lisibles et amovibles.


PARTIE 2 : Interactivités


DVD 1, 2, 3, 4 :
Les quatre premiers dvd du coffret comprennent chacun, en plus des films, quelques petits bonus souvent très sympathiques.

Sur le premier dvd, nous retrouvons ainsi quelques passages d'un film muet perdu mais remonté en 12min pour l'occasion : J'AI ÉTÉ DIPLOMÉ MAIS… L'histoire conte les mésaventures d'un jeune homme fraîchement diplômé mais qui peine à trouver un emploi correspondant à ses qualités. On regrette que le film ne puisse pas durer plus longtemps : il est en effet fort bien mené, jusqu'à sa fin parfaitement bien trouvée.

Le deuxième dvd avec le film ÉTÉ PRÉCOCE propose un petit documentaire sur le long métrage précité. D'une durée de 15min, ce court reportage produit par la télévision japonaise revient quelques instants sur les lieux du tournage du film (la ville de Kamakura, chère à Ozu) et distille une petite poignée d'anecdotes pas véritablement passionnantes. Le documentaire passe néanmoins assez vite et demeure plaisant.
Egalement au programme de ce dvd là, un petit reportage sur les linges, fumées et poteaux électriques (7min), tous ces petits éléments récurrents dans la filmographie d'Ozu. Encore une fois, rien de sensationnel (les images des films d'Ozu s'enchaînent sur fond musical) mais pas franchement déplaisant dans l'ensemble. Un bonus qui pourra paraître inepte aux néophytes, mais qui parlera d'avantage aux passionnés, qui savent à quel point les petits détails de ce genre étaient importants pour Ozu, réalisateur précis et méticuleux à l'extrême.

Sur le troisième dvd, un nouveau reportage de la télévision japonaise (15min), toujours présenté par la même journaliste (insupportable - critique bien évidemment très subjective de ma part) et qui revient cette fois-ci sur le dernier film d'Ozu : LE GOUT DU SAKÉ. Voyage express dans les studios, quelques interventions sympathiques, mais rien de véritablement renversant.

Avec le film PRINTEMPS PRÉCOCE on retrouve le même type de bonus que sur le deuxième dvd, à savoir une succession de passages de films d'Ozu ayant ici pour thèmes les affiches et panneaux japonais. Doc sans doute un peu long (10min d'affiches et panneaux ça fait beaucoup), mais qui a l'heureuse idée de proposer ces images dans un ordre chronologique.



DVD 5 :
Le dernier dvd du coffret propose un reportage de 1983 de Inoue Kazuo, et intitulé J'AI VECU, MAIS… (Ikite wa mita keredo - Ozu Yasujirô den).
Déjà proposé chez Critérion, les fans français s'estimeront heureux de retrouver ce documentaire édité en France. Il fut tourné à l'origine au Japon pour le vingtième anniversaire de la mort d'Ozu.
Détail excessivement important : c'est le directeur photo attitré d'Ozu, Atsuta Yuuharu, qui a ici repris exceptionnellement la caméra pour l'anniversaire de la mort de son maître. Je dis bien " exceptionnellement " puisque après LE GOUT DU SAKE (1962) et la mort d'Ozu Yasujirô en 1963, Atsuta Yuuhara avait mis un terme à sa carrière. Il est donc sorti de vingt années de retraite pour rendre un dernier hommage au maître, ce qui est bien évidemment très révélateur du respect qu'éprouvait Atsuta pour Ozu. Souvenez-vous d'ailleurs de l'intervention du caméraman dans le documentaire TOKYO-GA de Wim Wenders : Atsuta y expliquait qu'il n'arrivait pas à travailler avec un autre depuis le décès d'Ozu, et l'intéressé se fendait alors d'une larme très touchante…

J'AI VECU, MAIS… alterne ainsi extraits de films et interventions de proches (et collaborateurs) d'Ozu. Atsuta Yuuharu est bien évidemment présent, des réalisateurs parleront également d'Ozu et de son influence sur leur travail (Imamura et Kinoshita qui ont été assistants d'Ozu), beaucoup d'acteurs interviendront également (Chichu Ryu, la toujours si délicieuse Awashima Chikage), bref beaucoup de beau monde, mais pas de Hara Setsuko (normal, et les passionnés savent pourquoi). Je regrette néanmoins que ces interventions ne durent pas plus longtemps, les personnes précitées se fendant souvent d'une très courte anecdote pour ensuite définitivement disparaître du reportage…dommage.

Autre regret, mais ici la critique est très subjective et n'engage que moi : il y a un peu trop d'extraits de films, on assiste même parfois au défilement de scènes entières (souvent des scènes finales…). Il faut aimer…moi je n'apprécie le procédé qu'à moitié. Surtout, il convient de préciser que les néophytes risquent d'être désagréablement surpris car un certain nombre de dénouements de films sont ainsi clairement évoqués. Le reportage s'adresse donc avant tout aux passionnés d'Ozu, celles et ceux déjà au fait de sa filmographie complète. Mais un nouveau problème surgit alors… lesdits passionnés apprendront-ils beaucoup d'éléments nouveaux qui justifieraient qu'ils s'attardent deux heures durant (c'est long) sur le documentaire ? Tout dépendra de la sensibilité et des goûts de chacun. Pour ma part, si j'ai trouvé ce reportage intéressant sur la durée, il faut bien avouer que parfois des longueurs se font sentir, et que de nombreuses anecdotes se révèlent fort peu intéressantes, car déjà bien connues. Heureusement, le fait que ce soit Atsuta Yuuharu à la caméra donne au film un cachet certain. Son regard est chaud et touchant.

S'attardant d'avantage sur l'influence qu'a eu Ozu sur les gens qui l'ont entouré que sur le fond de ses films même, J'AI VECU, MAIS… est bien évidemment indispensable à tout passionné d'Ozu, avec malgré tout la petite réserve mentionnée ci-dessus.



Conclusion :
Vendu autour des 60 euros, ce coffret est une absolue merveille. Les films sont extraordinaires, et la restauration se révèle être à la hauteur. De plus, les bonus proposés devraient contenter le plus grand nombre.

Celles et ceux qui ont eu auparavant la chance d'assister à des projections de films d'Ozu Yasujirô datant de cette époque vont, plus que les autres, mesurer l'ampleur du travail accompli.


LIENS :
Voici les liens vers les critiques des 5 films du coffret :

- Auberge à Tokyo, Une
- Choeur de Tokyo
- Eté Précoce
- Goût du Riz au Thé Vert, Le
- Printemps Précoce