SCENARIO :
Le jeune Xia Wu vit seul chez lui puisque sa mère est régulièrement en voyage d'affaires à l'étranger. Un jour l'arrivée
d'une nouvelle personne, un coréen nommé Jung, va bouleverser le vie du jeune garçon.
COMMENTAIRES :
YUME :
Révélé par le film choc 15, Royston Tan surprend en prenant ici un total contre-pied au style clipesque, hystérique et
épileptique de son précédent film. Il réalise ici une histoire simple, placée du point de vue unique du jeune personnage
principal, et utilise de longs plans fixes, quelques fois répétitifs, pour conter cette recherche d'un enfant pour
combler sa profonde solitude. Car si bien sur il vit avec un nouveau colocataire, il n'y a aucun dialogue entre les
deux, le fossé de l'age, des préoccupations et de la langue étant infranchissable. Alors Xia Wu va tenter de
s'approprier, de cerner, par lui-même l'identité et la vie de cet autre.
4:30, étrange titre du film représente l'heure à laquelle Jung rentre de ses virées nocturnes, souvent saoul. 4:30
représente aussi l'heure à laquelle le jeune Xia Wu se lève pour chercher à comprendre qui est cet homme. Il collectionne
ainsi des petits riens, baguettes ayant servi à manger des nouilles, un poil pubien, et les garde précieusement en
imaginant ainsi le caractère de cet homme à qui il n'ose finalement pas parler.
C'est avec cette naïveté touchante qui caractérise la recherche de l'enfant que Royston Tan touche juste, au plus profond.
Il est impossible de ne pas ressentir un attachement pour le jeune personnage principal de par l'universalité du thème.
4:30 se déroule peut être à Singapour, mais Royston Tan éclipse rapidement le décor pour ne s'attacher qu'aux gestes simples,
candides, mais remplis d'espoir d'amour. Un parti pris étonnement mature pour un si jeune auteur, qui se réinvente à chaque
réalisation, tout en gardant une ligne directrice sur la fracture de la communication entre les générations. Certes
Xia Wu n'est pas un de ces jeunes en totale perdition physique et morale de 15, mais il partage avec eux cette incompréhension
envers les adultes et cet isolement complet. Sans avoir de comportement auto destructeur, Xia Wu n'en reste pas moins en marge
comme le montre son comportement scolaire, mais aussi les séquences avec les pratiquants de tai chi. Peut être est il un
protagoniste de 15 en devenir, mais pour le moment il reste dans cet age candide où les rêves sont encore possibles. Et
c'est avec un brio incontestable que Royston Tan nous plonge au cœur de la douce mélancolie de ce Xia Wu tout en faisant
ressortir des restes d'enfance en chacun des spectateurs.
Magnifique.
9.5/10