SCENARIO :
Dans un futur indéterminé, les hommes ont conçu une nouvelle forme d'énergie à partir de leurs excréments. Pour
contrôler cette nouvelle forme d'énergie, une puce biométrique à été installée dans l'anus de chaque citoyen afin
de surveiller leur niveau de défécation. Chaque "pause caca" est récompensé par un "juicybar" (une sorte de sorbet
additif). Peu à peu le trafic de "juicybars" se développe jusqu'a prendre une ampleur considérable. L'addiction
à cette drogue finira par créer une race de mutants bleus complètement débiles qui s'organiseront en gangs afin
de dérober le plus de sorbets possible...
Aachi et Ssipak, deux dealers minables, se retrouveront, par la force des choses, mêlés à une conspiration menée par
le gang des couches, une véritable armée rassemblant des milliers de mutants accros aux "juicybars" et traquée
sans relâche par Geko, un cyborg surpuissant.
COMMENTAIRES :
SANJURO :
Véritable OVNI au sein d'un cinéma d'animation sud-coréen ayant un peu trop tendance à singer le cousin japonais (l'insignifiant Wonderful days) où à livrer des bêtes de festival pas toujours désagréables mais un poil trop calibrées (Oseam ou bien Mari Iyagi), Aachi and Ssipak se présente comme un gros trip scato, ultra violent, complètement idiot et réalisé sous acides...Autant dire que cette grosse guignolade pour ados attardés se démarque des autres dessins-animés coréens que j'ai eu l'occasion de voir. Rien que le character design, agressif et bien foutraque, détonne un minimum comparé aux films cités un peu plus haut.
Une des principales qualités du film est de démarrer sur les chapeaux de roue via une excellente séquence d'intro en forme de carnage hystérique et burlesque...Mais, au fur et à mesure que le métrage défile, on se rend compte que le fait de débuter en beauté deviendra aussi une de ses principales faiblesses. Disons le tout de suite, sorti des scènes d'action, le film n'est pas des plus intéressants...Certes on retrouve la folie furieuse caractérisant la scène d'ouverture à 3 ou 4 reprises, notamment durant les apparitions (remarquées) de Geko, un pseudo Robocop rouge expert dans l'art de décimer avec classe des centaines (et encore je suis loin du compte !) de petits schtroumfs grognons (le plus souvent avec une rafale de plombs dans la caboche, mais le réalisateur nous réserve cependant son lot de petites surprises sadiques !). Ces grands moments de bourrinage jouissifs et décomplexés sont portés par une animation des plus fluides et une réalisation hyper dynamique qui utilise avec imagination les possibilités de l'animation 2D et, à quelques rares occasions, 3D en proposant une multitude de plans tout bonnement impossibles à imaginer dans le cadre d'un film live. Pas de doute possible, en ce qui concerne les scènes de démastiquage, Jo Beom-Jin se montre des plus inventifs...Dommage cependant, qu'il ait oublié le script en cours route.
Disons que là où il aurait pu se permettre un véritable délire apocalyptique carburant à la connerie cosmique, le réalisateur reste un brin trop sage en matière de narration et nous livre un récit qui, se reposant trop sur les lauriers de son pitch délirant, tourne vite en rond et se révèle sans véritable surprises...On est loin d'animes tels que le controversé FLCL, pour ne citer que celui-ci, où la folie furieuse du scénario (sans queue ni tête mais tout sauf ronflant) se révèle en adéquation avec le parti pris graphique. En fin de compte, sorti des scènes d'action et de quelques parodies fort sympathiques qui reflètent un véritable amour du cinoche de genre (True romance, Scarface, Aliens, Misery et Indiana Jones et le temple maudit sont cités à tour de bras), Aachi and Ssipak se montre un brin soûlant dans ses délires scato archi-répétitifs et finalement peu imaginatifs. On citera à titre d'exemple le gag nous montrant des centaines de juicybars (sortes de bâtonnets en esquimau que les personnages produisent quand ils défèquent...Le père Miike doit être fan du concept) tomber dès que l'héroïne pose sa pêche...Une fois ça va, mais répété toutes les 10 minutes ça devient un peu lourd.
Etant donné que la durée du film n'excède pas l'heure et demie, le spectateur ne se fait pas trop chier (pour garder un champ lexical dans l'esprit du film) entre deux démastiquages massifs de petites créatures bleues (nommées le gang des couches...tout un programme) mais reste qu'au final on est un tantinet déçu face a cet OVNI trashos, par moments très fun et au capital sympathie certes conséquent (le duo de anti-héros, hélas un brin sous exploité, n'y est pas pour rien), mais trop inégal pour convaincre totalement.
Toutefois, je ne saurais que conseiller ce Aachi and Ssipak aux amateurs de SARS wars (un gros n'importe quoi made in Thaïlande mixant gore "zombiesque", parodies à gogo, SPFX foireux, humour gras et séquences animées -loin d'être aussi maîtrisées que dans le métrage nous concernant-) qui y retrouveront la même poésie, la même noblesse d'âme, la même sensibilité bucolique et intimiste (quoique en ce qui concerne l'intimité...Bon, vaut mieux que j'arrête là, sinon je vais finir par écrire des conneries !).
6.5/10
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