AKIRA (1988)

A.k.a : -
Genre : Animé culte
Durée : 2h04
De : Katsuhiro Otomo
Doubleurs : Mitsuo Iwata, Nozomu Sasaki, Mami Koyoma, Tessho Genda, Yuriko Fuchizaki, Masaaki Okura, Hiroshi Otake, Koichi Kitamura
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SCENARIO :

Néo Tokyo. Kaneda et sa bande sont des jeunes motards désoeuvrés et sans avenir.
Un soir de combat de territoire avec la bande rivale des Clowns, Tetsuo est victime d’un etrange accident. Il est alors evacué par les militaires, et sert de cobaye à des expériences qui vont eveiller en lui un pouvoir psychique incontrolable. Kaneda de son coté va tout faire pour retrouver Tetsuo et va croiser le chemin de la jeune Kei, une rebelle qui semble en savoir beaucoup sur un certain projet Akira.


COMMENTAIRES :

YUME : Akira est tout simplement l’oeuvre qui a ouvert la voie aux films d’animation japonais en Occident. Cette phrase peut paraitre pompeuse, mais c’est tout simplement l’exacte vérité.

1988 la France ne connait que les séries d’animation japonaises plus ou moins infantines alors qu’au Japon sort sur les écrans de cinéma ce qui s’avere être le film d’animation le plus couteux de son histoire : imaginez une animation en 24 images par seconde sur une majorité de scènes, un tournage en 70mn pour un rendu optimum, des effets visuels inédits, un doublage effectué en amont pour un meilleur lipsing, un chara design élégant, des décors ultraréalistes et remplis de détails. Une débauche de moyens faramineux pour l’adaptation d’un manga de Otomo par Otomo lui meme.

Quelques années plus tard, la France a le plaisir de se mesurer au phénomène Akira, qui souleve un tolé général d’indignation des biens pensants face à ce film résolument adulte et sombre (la drogue y a meme sa place, quelle horreur, puisqu’un dessin animé n’est fait que pour les enfants). Pourtant Akira s’installe doucement, grâce au soutien sans faille de personnalités telles que Jean Giraud, comme le film culte de la génération Goldorak qui decouvre enfin l’autre visage de la production nippone.
Personnellement rarement un film d’animation ne m’aura fait autant d’effet qu’Akira. Tout y est demesurement beau, violent, sombre, enchanteur, sale, politique, scientifique, pessimiste, salvateur, ponctué de scènes folles comme le cauchemar de Tetsuo, et porté par une musique à jamais mémorable de Geinoh Yamashiro. Une sorte d’irréalité en image où tout semble plausible, tant le sens du détail est un des maitres mots.

Mais en plus de ses qualités techniques évidentes, une des grandes forces d’Akira est la consistance incroyable de son scénario. Tout semble y être traité, des machinations politiques à l’amitié, en passant par les manipulations scientifiques et les pouvoirs psychiques. Un mélange hétéroclite savoureux, mais diablement compliqué puisque, il faut l’avouer, nous sommes nombreux à etre sortis du premier visionnage d’Akira en se demandant : mais qu’est ce qui c’est passé ? Et les dizaines de visionnages successifs semaines après semaines parviennnent lentement à répondre à cette question sans jamais malheureusement pouvoir la faire taire définitivement.

Puis quelques années plus tard, les éditions Glénat publient le manga d’origine d’Akira, et là tout s’explique : Akira le film résume une oeuvre monstrueusment dense et complexe, n’en prenant que le début, et la toute fin, occultant au passage des dizaines de personnages importants pour se concentrer sur la dualité Kaneda-Tetsuo. Et revoir le film d’animation après cette lecture salvatrice le rend limpide, en permettant pour une fois une vision purement jouissive, où le spectateur se laisse une fois de plus prendre au jeu de cet exercice technique et narratif incroyable, se laissant bercé par le festival continu d’action.

Akira reste et demeurera un film de référence de l’animation nippone. Techniquement tout d’abord, il n’a pas réellement été dépassé (à méthode de travail égale), mais surtout il s’en dégage le petit plus magique inexplicable qui fait un grand film. Et tant pis si la compréhension n’est pas au rendez vous. Combien d’entre nous aiment Lost Highway sans avoir pu en saisir le sens... 9/10