SCENARIO :
Un groupe de scientifiques coréens part en expédition afin d'atteindre un point supposé inaccessible en Antarctique. En route, ils trouvent le journal d'un homme, écrit 80 ans auparavant.
COMMENTAIRES :
LOLOP4 :
Première réalisation d'Im Pil-Seong, Antartic Journal narre les mésaventures d'une expédition composée de six hommes dont le but est d'atteindre le point d'inaccessibilité situé au fin fond du continent Antarctique. Inspiré de l'épopée d'une véritable équipe coréenne ayant échoué lors d'une expédition similaire sur ce même vaste territoire, Im Pil-Seong focalise son récit sur l'évolution des relations entre les différents protagonistes et en particulier sur l'emprise de la folie qui s'empare du capitaine. Le tout dans un univers paradoxalement infini et claustrophobique. Alors qu'Im Pil-Seong pouvait jouer la carte de la simplicité en s'appuyant uniquement sur les exploits physiques de ses différents personnages, le réalisateur a le mérite de proposer un récit inattendu, basé sur les troubles comportementaux de ses protagonistes en difficulté face à l'effort.
Le pitch commence à prendre de la consistance lorsque l'équipée découvre le journal d'une expédition anglaise menée 80 ans auparavant. Antarctic Journal bascule alors dans un univers à la limite du fantastique. L'angoisse omniprésente est crédibilisée par la méconnaissance de ce territoire blanc à perte d'horizon et aussi mystérieux que fascinant. D'étranges phénomènes commencent à se produire tels que des troubles du comportement et autres hallucinations. Le déterminisme de son capitaine d'expédition (rôle interprété par l'immense Song Kang-Ho) va déstabiliser la cohésion de l'équipe avec son lot de tensions et de drames.
Antartic Journal est donc un film qui prend une direction inattendue en surfant sur les genres avec une habileté rare. Le tout est appuyé par un niveau technique de l'ensemble absolument sidérant, il est vrai aidé des décors naturels de toute beauté (les paysages photogéniques y sont pour beaucoup). L'interprétation est de très haut niveau avec comme figure de proue le monstrueux Song Kang-Ho (Sympathy For Mister Vengeance, Memories of Murder, The Host) qui relègue tout le reste du cast au second plan. Il donne la réplique à l'inégal Yoo Ji-Tae (Natural City, Old Boy). La complicité de ce duo apporte donc un plus évident à ce huis-clos en extérieur. Pour couronner le tout, Kawai Kenji nous fait l'honneur de pondre une partition envoûtante et inquiétante qui colle parfaitement au contenu du film, même si l'ensemble se veut quelque peu répétitif sur la longueur.
Enfin, en guise de final, le réalisateur nous offre un cultissime coucher de soleil qui ponctue magistralement la torture mentale ressentie par l'angoissante attente de la tombée de la nuit polaire.
Antarctic Journal est donc une œuvre difficile à appréhender à la limite des genres. Les conditions de tournage difficiles se ressentent à l'écran et tendent à rendre l'expérience tout aussi éprouvante pour le spectateur. Du grand spectacle à la fois excitant pour les yeux et remuant pour l'esprit.
8/10
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