SCENARIO :
Un train rouge sang est sur le point d’atteindre Asakusa, son terminus. Dans l’un des wagons, se trouvent
une jeune fille agrippée à un fourreau et un homme vautré, le regard vide. Juste un instant, la lumière
s’éteint. Assez pour permettre à la jeune fille de rejoindre l’autre bout du wagon, de sortir une lame
blanche et de saigner l’inconnu. A sa sortie sur le quai, deux hommes crient son nom : Saya. Tandis que
l’un vérifie le décès de l’inconnu, le second la congratule pour avoir éliminer ce qui semble être un
chiroptère ayant pris forme humaine et lui évoque sa prochaine mission.
Qui est Saya ? De quelle mission s’agit-il ?
COMMENTAIRES :
KAMÏ :
Le moyen-métrage Blood The Last Vampire a eu un succès d’estime fulgurant et internationale comme en
témoignent les quelques mots exprimés par le réalisateur James Cameron et retranscrits sur la jaquette :
« L’animation digitale vient d’entrer dans une nouvelle ère. Blood en est la nouvelle référence. »
Le réalisateur Hiroyuki Kitakubo n’est guère un inconnu dans l’univers de la japanimation mais est
loin de jouir d’une popularité égale ou proche de celle d’un Katsuhiro Ôtomo. En effet, Kitakubo a
travaillé sur l’animation du célèbre Akira de ce dernier ainsi que sur celle des trois premiers
films de la série Urusei Yatsura (plus connue en France sous le titre Lamu). Son Blood The Last
Vampire est sa quatrième réalisation après son sketch dans Robot Carnival, son long-métrage Rôjin Z
et la mise en scène de quelques épisodes de la série Golden Boy.
Comme son titre le suggère amplement, il s’agit d’un animé tournant autour de l’univers glauque et
sanguinaire des assoiffés d’hémoglobine. Mais Saya n’est en aucun cas Sarah Michelle Gellar et Blood
The Last Vampire encore moins une adaptation dessinée de la série Buffy The Vampire Slayer même si
on serait tenté de le croire avant d’avoir insérer le disque dans notre lecteur DVD. Saya, elle, se
bat essentiellement à l’aide d’un sabre. Elle n’a pas un physique de nymphe mais un visage dur,
semble dénuée d’humanisme et perd son sang froid quand elle entend évoquer « Dieu » ou « Jésus ».
Malgré sa réputation, je dois avouer ne pas avoir accroché à l’animation trouvant un manque de fluidité
entre les dessins en deux et trois dimensions. Même si techniquement, Blood est excellent -les décors en
3-D étant bluffants-, les traits des personnages sont par contre irréguliers, peu fins et contrastent
trop qualitativement avec les décors rectilignes.
Avec la scène d’introduction dans le métro, on rentre instantanément dans le feu de l’action. Alors on
espère en savoir plus par la suite sur Saya, sur David et sur l’organisation pour laquelle elle œuvre.
Mais à la fin de ses 45 minutes, rien ou tellement peu a répondu à nos premières questions, l’impression
que le scénario -écrit par des étudiants lors d’un séminaire d’animation organisé par Oshii- n’est pas
assez élaboré pour répondre à ces mêmes interrogations. L’impression surtout que cette intrigue n’est
qu’un prétexte…
Pour résumer, j’ai plus apprécié Blood pour sa forme que pour son fond. Il reste ainsi un animé intéressant
à voir principalement (seulement ?) pour l’apport informatique au niveau de l’animation.
6.5/10
OLI :
Beaucoup de choses ont déjà été dites à propos de BLOOD, et des choses souvent très justes. En effet le film de Kitakubo (produit par Oshii) mérite avant tout le détour pour son aspect technique. Oui la forme prend ici le pas sur le fond. Oui l’histoire tient sur le coin d’une feuille de papier journal. Oui la plupart des questions soulevées durant l’intrigue restent irrémédiablement en suspens.
Et pourtant… difficile de ne pas se laisser piéger par ces quelques 46 minutes d’action et d’ambiance malsaine presque non-stop. Difficile de ne pas être subjugué par la tueuse de service, l’énigmatique Saya, qui tue et tranche du démon dans un style qui n’a rien à envier à celui d’une autre tueuse célèbre : Buffy alias cucul la praline.
Le film de Kitakubo fonctionne donc parfaitement : certes il cultive outrageusement les zones d’ombre, et à la fin on n’en sait pas vraiment plus que ce que l’on pouvait déjà deviner au début. Alors à chacun de se faire ses films, à chacun de s’imaginer ce qui peut bien se cacher derrière le personnage de Saya, derrière ces démons qui semblent lui rappeler de lointains cousins, derrière cette mystérieuse organisation d’hommes en noir, prête à tout pour en découdre avec le Malin.
Une chose est néanmoins certaine : les 46 minutes que dure le film passent à la vitesse du vent.
7.5/10
YUME :
Blood fait parti de ces séries japonaises créées pour exister à la fois sur plusieurs
support de média. Cette mode a même tendance à se généraliser de plus en plus comme
en témoigne le succès énorme de la série Hack./ Sign mais aussi les séries comme
Pokemon et autres Digimon.
Mais trève de parenthèses, revenons à Blood, qui fait donc partie d’un projet de mass
media, comprenant un anime, un jeu video, et un manga. La particularité du système est
de présenter sur chaque support des éléments distincts de l’histoire afin de créer un
ensemble homogène une fois les différents supports exploités.
Le projet Blood part d’une base tres simple : Saya, une mystérieuse vampire qui tue à
coup de katana. Une base simplissime, qui sera developpé coté background du personnage
dans le manga. L’anime quant à lui se place dans le registre de l’action non stop et de
l’expérimentation technique. Car il est clair qu’il ne faut pas chercher à tout comprendre
de l’histoire dans ses moindres détails, tenants et aboutissants.
On est projeté dans une des missions de Saya, sans savoir qui elle est, pour qui elle
travaille, ce qu’exactement elle chasse etc... une mission parmi tant d’autres, se
déroulant à un rythme effréné sur une courte durée de 45 mn. Alors ne vous inquietez
pas si le background général vous parait hermétique, c’est voulu. Et laissez vous donc
emporter dans le tourbillon de démonstration de force technique que constitue Blood.
En effet le Studio IG a frappé fort avec la réalisation, confiée ici à Hiroyuki Kitakubo
(déjà réalisateur entre autres de Roujin Z), et expérimente avec un film entièrement
numérique, mélangeant 2D et 3D, mouvements de caméras et autres artifices de réalisation.
Le rendu final est complètement bluffant, témoignant de la maîtrise technique du Studio.
Bien sur, on peut reprocher le coté flagrant de la démarquation entre 2D et 3D, cette
derniere tranchant vraiment de par sa qualité extrême sur des décors 2D peut êre pas assez
fins.
Au final que penser vraiment de Blood ? Un scenario faisant office d’excuse à une démonstration
technique ? Certes oui, mais ce n’est pas que cela et heureusement. Malgré son goût de trop
peu, Blood parvient quand même à intriguer, Saya étant un personnage à première vue complexe,
tiraillé entre humain et monstre. Le film se déroule de plus dans une ambiance glauque et
sombre, collant parfaitement au thème abordé. Bien sur, si vous vous contentez de cet animé
seul, vous risquez d’avoir un avis mitigé. Par contre si vous vous laissez tenter par
l’aventure de la lecture du tome unique du manga disponible en France chez Panini, vous
porterez un regard différent.
7.5/10
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