CHAMPION (2002)

A.k.a : -
Genre : Drame
Durée : 1h57
De : Kwak Kyung-Taek
Avec : Yu Oh-Sung, Chae Min-Seo, Jeong Du-Hong, Ji Tae-Han, Kim Byeong-Seo
Vidéo 2.35 - 16/9
Audio Coréen - DTS ES 6.1
Coréen - DD 5.1 EX
Sous-Titres Anglais amovibles
Coréen amovibles
Bonus - Making of
- Bandes annonces
- Spot publicitaires
Présentation Menus animés musicaux
Chapitrage
Edition Entertainment No.1
Format NTSC - 1 DVD9
Zone 3
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SCENARIO :

Issu d'une famille pauvre, Kim décide de faire carrière dans la boxe pour s'en sortir. Après quelques combats, Kim se révèle être un grand champion. Le champion du monde Ray "Boom Boom" Mancini défie Kim pour remettre son titre en jeu à Las Vegas. Donné perdant, Kim se montre à la hauteur de son adversaire lors d'un combat d'une rare violence. Mais au 14ème round, Kim s'écroule inconscient...


COMMENTAIRES :

RYÔ SAEBA : A peine cinq mois après avoir réalisé Friend, qui est encore aujourd'hui un des films les plus rentable du cinéma Coréen (44 millions de $US), Kwak Kyung Taek retrouve l'acteur Yoo Oh-Sung pour s'attaquer à Champion. L'histoire du film, tous les Coréens et les amateurs de boxes la connaissent. En effet, suite au décès du boxeur Kim Deuk-gu, le 14 novembre 1982 à la fin du quatorzième round d'un match âprement disputé, les règles changent et il est décidé qu'il n'y aurait désormais plus de match de 15 rounds (passé depuis à 12 rounds).

Partant d'une histoire dont tout le monde connaît déjà la fin, Kwak Kyung Taek se démarque par un traitement de l'histoire pouvant être déroutant mais finalement terriblement efficace. Le genre "film de boxe" comportant de nombreux chefs d'œuvres, le réalisateur fait un pari audacieux en choisissant de limiter au maximum les scènes de combats (on ne voit d'ailleurs jamais un combat en entier) pour mieux éviter les facilités dramatiques du scénario. Avec des idées narratives et de mises en scènes brillantes, Kwak Kyung Taek préfère insister sur les enjeux psychologiques de son personnage, interprété avec charisme et un énorme talent par Yoo Oh-Sung qui a reçu un entraînement intensif durant 6 mois. Ainsi, le film nous montre des petites scènes du quotidien de Kim Deuk-gu, décrivant son enfance difficile, ses débuts de boxeur miteux, son histoire d'amour et finalement son ascension au sommet, tout cela sans jamais tomber dans un sentimentalisme facile ou un auto-apitoiement. Que dire devant la beauté absolue du traitement de la mort du boxeur et du générique si ce n'est que Kwak Kyung Taek est un grand réalisateur.

Doté d'un score tantôt classique et discret, tantôt énergique et en rapport avec l'époque (le générique de Robot Taekwon …) et d'une photographie ocre pour renforcer le sentiment du passé, Kwak Kyung Taek surprend tout le monde en réalisant, d'une main de maître, un film intimiste et touchant. Passé le traitement déroutant du film, Champion s'avère être un drame émouvant sur la vie d'un homme se battant contre lui-même. Il serait vraiment dommage de passer à côté. 8/10


SANJURO : Champion est le second film du réalisateur Kwak Kyung-Taek déjà responsable du superbe Friend, un des plus gros succès de l'histoire du cinéma sud-coréen. D'ailleurs on retrouve dans Champion la même tonalité que dans le précédent chef d'œuvre de Kwak Kyung-Taek c'est à dire un mélange de tragédie et de films intimiste, une ambiance nostalgique douce amère traversée par des éclairs de violence.

Tout comme Friend, Champion traite de la fêlure résultant d'une transition difficile entre l'enfance et l'âge adulte. Kim Daek Gu est un enfant qui a trop vite grandi, partagé entre une réalité sordide (il est né dans un village de pêcheurs misérables, ne connut pas son père, fut surnommé le chien par ses camarades car sa mère collectionnait les amants et fugua enfin pour la grande ville à l'âge de 14 ans et où il y vécut en tant que SDF) et ses rêves enfantins (devenir un grand champion). D'ailleurs comme tous les enfants livrés trop rapidement à la vie active, Kim Daek Gu est un grand gamin, souvent paumé, entêté, peu à l'aise dans les rapports sociaux , parfois naïfs (la scène où, pataud et timide, il essaye de draguer pour la première fois sa future femme est à ce titre phénoménale) mais aussi un peu poète à sa manière (ah ! La scène où il coure derrière le bus pour prouver son amour !).
Ensuite, de même que dans son précédent opus, Kwak Kyung-Taek dresse une radiographie assez sévère mais juste de la société sud-coréenne des années 70 et 80 en montrant du doigt sa paupérisation (avec un passage assez dur où des enfants SDF se battent très violemment pour assurer leur survie), sa rigidité (le père qui refuse à sa fille, majeure et salariée, de fréquenter Kim Daek Gu car ce dernier est boxeur) et sa sévérité extrême (voir le passage où le coach frappe Kim Daek Gu à coups de bâtons, car ce dernier a perdu un match, devant tous ses camarades).

En ce qui concerne la structure du film, il est vrai que la première moitié du film, même si elle contient son lot de passages émouvants (et notamment une très touchante scène de beuverie) est assez déroutante voir confuse. On a du mal à voir se former un tout vraiment cohérent, la narration étant assez elliptique. Toutefois cela se révèle rapidement être un choix de mise en scène, assez pertinent d'ailleurs, du réalisateur visant à démontrer le caractère paumé du personnage, confronté à ses hésitations, ses doutes et ses démons intérieurs. Ainsi la deuxième partie commence quand, sur l'instigation de son coach il décide d'affronter le reflet renvoyé par le miroir (et donc tout ce qui l'empêche de progresser). Dès ce moment le scénario est plus linéaire et moins elliptique, épousant le mental d'un Kim Daek Gu plus confiant et ayant enfin affronté son chaos personnel.

De même, le réalisateur livre par la suite certaines clés sur la vrai personnalité boxeur en insérant des flash-backs sur son enfance dans, notamment, une scène superbe faisant directement écho à un discours tenu par le boxeur devenu le héros local de la ville même qu'il avait fui des années avant.
Et de véritables moments de grâce, le film en contient un nombre assez impressionnant, que ce soit la scène du miroir justement (où la chansonnette du héros devant la glace accompagne les images du combat de boxe qui lui assura le titre de champion Asie-Pacifique) mais aussi des images fugaces mais superbes comme la vieille mère égrenant un chapelet en priant pour son fils dans le coin d'un café bondé ou alors le coach penché au dessus du cerceuil de son poulain, lâchant, comme à un soldat mort en héros au champ d'honneur, un " good job son ". Et que dire de la fin si ce n'est qu'elle est d'une intensité poétique rare en plus d'être un hommage émouvant à la boxe et aux sportifs en général, achevant de transformer Kim Daek Gu, mais aussi tous les autres boxeurs, en héros mythologique hantant à jamais le lieu où il versa son sang et sa sueur pour atteindre son idéal (on est alors plus très loin du Ken de Kenji Misumi).

Reste les scènes de boxe, peu nombreuses mais parfaitement exécutées que ce soit dans la chorégraphie (brutale) et la réalisation (sobre et élégante avec des montées d'adrénaline). 9/10