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DOLLS (2002)
Genre : Drame
Cat : -
De : Kitano Takeshi
Avec : Kanno Miho, Nishijima Hidetoshi, Mihashi Tatsuya, Matsubara Chieko, Fukada Kyôko, Takeshige Tsutomu, Osugi Ren, Kishimoto Kayoko |
| Vidéo |
1.85:1 - 16/9 anamorphique |
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| Audio |
Japonais – Dolby Digital 5.1 |
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| Sous-Titres |
Français imposés |
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| Bonus |
- Interviews de Kitano Takeshi, Kanno Miho, Nishijima Hidetoshi, Yamamoto Yohji
- Mostra de Venise
- Making of
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| Présentation |
Menus animés musicaux
Chapitrage
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| Edition |
Aventi |
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| Format |
PAL - Double DVD |
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| Zone |
2 |
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| Prix Conseillé |
6 € |
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SCENARIO :
Une jeune femme, idole de profession, ne conçoit sa vie qu’entourée d’admirateurs, elle ne pense pas pouvoir
sourire si elle n’est pas aimée de tous. Tout bascule le jour où un grave accident la défigure : elle décide
alors de se couper du monde.
A l’opposé, le personnage interprété par Matsubara Chieko est la femme d’un seul homme, elle n’a l’a pas revu
depuis des dizaines d’années. Lui, il l’a plus ou moins oubliée, même si il s’en souvient parfois, le coeur
serré. Pourtant il ne s’était jamais douté qu’elle pouvait l’attendre aujourd’hui encore, dans le même parc,
sur le même banc, là où ils se sont quittés il y a plus de vingt ans.
Matsumoto avait promis le mariage à Sawako, sa délicieuse petite amie. Pour des raisons qui n’ont rien à voir
avec les sentiments, il ne s’en tiendra pas à cet engagement et demandera la main d’une autre personne. Mais le
jour du mariage, il apprend que Sawako a tenté de mettre fin à ses jours : elle s’en est sortie, mais les séquelles
sont parait-il énormes. Matsumoto va tout abandonner pour la rejoindre.
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COMMENTAIRES :
OLI :
Dès l’apparition du sigle Office Kitano des frissons ont commencé à parcourir mon corps, la chair de poule
gagnant bien vite toute ma peau : un nouveau film de Kitano ça reste pour moi, et à chaque fois, un véritable
événement.
Kitano Takeshi effectue cette fois ci un parallèle entre le Bunraku et les désordres amoureux de trois
couples japonais. Kitano met ainsi en scène trois histoires qui s’entremêlent sans pourtant jamais
véritablement se croiser. Trois histoires (celle de Sawako et Matsumoto étant sensiblement mise en avant
et servant de fil conducteur) et trois amours différents, trois drames surprenants pour tout autant de
parallèles avec les poupées nippones issues du Bunraku. Le Bunraku est un théâtre de marionnettes né à
Osaka au XVI ème siècle. Les poupées (toujours magnifiques) sont manipulées par des hommes vêtus de noir
(ils ne se cachent pas et apparaissent sur scène, leur art difficile consistant à savoir s’effacer pour
disparaître aux yeux des spectateurs). Les représentations sont accompagnées au shamisen (instrument
traditionnel à trois cordes) tandis qu’un récitant commente l’action pour le public. Le Bunraku fait partie
des grands théâtres traditionnels japonais (avec le Nô, le Kabuki, et aussi dans une moindre mesure le
Takarazuka). Un spectacle auquel on peut assister en trois ou quatre occasions chaque année à Tokyo, tandis
qu’il y a un peu moins d’une dizaine de spectacles (qui durent environ vingt jours chacun) à Osaka, dont
c’est pourtant la grande spécialité au Théâtre National de Bunraku. Des théâtres pour touristes existent
également, comme c’est le cas à Kyoto, et plus précisément à Gion (le quartier des Geishas). Le théâtre Gion
Corner propose ainsi une compilation de divers arts traditionnels (cérémonie du thé, danses de Geishas, et
bien entendu Bunraku).
Dans DOLLS, la vie des protagonistes des trois histoires du film est ainsi faite : ils n’existent que par
les autres, uniquement grâce à cet amour puissant qui les maintient éveillés, comme ces fils animant les
marionnettes qui dansent et chantent sur les planches. Pareils à des pantins, ils paraissent parfois prisonniers
de leurs sentiments, esclaves de leurs propres émotions. Par l’intermédiaire des différents personnages du film,
Kitano nous démontre donc que l’amour peut prendre bien des teintes, un peu à la manière des saisons qui se
succèdent au Japon. L’amour sincère peut ainsi tourner à l’obsession, il peut rendre aveugle, dépendant, et
basculer parfois dans la folie, et l’oubli total.
Plastiquement, le film est une réussite remarquable (mention spéciale aux superbes costumes réalisés par
Yamamoto Yohji). Kitano a filmé DOLLS dans un souci esthétique de tous les instants, il a ainsi étalé le
tournage sur de longs mois pour filmer les quatre saisons : chaque feuille traînée par le vent, chaque
fleur bourgeonnant à la pointe d’’une branche de cerisier semblant avoir été placée là à dessein. Le film
emprunte ainsi un chemin irréel et rêveur, un aspect lisse et parfait rehaussé par l’apparence de Sawako
et Matsumoto, habillés dignement malgré le dépouillement, malgré leur statut de vagabonds amoureux et
errants. Cette irréalité, Kitano a souhaité l’illustrer d’’avantage par les images que par la musique,
la partition de Hisaichi se faisant un peu moins poétique que d’habitude, et surtout bien moins présente
(la bande originale ne comporte ainsi que 5 morceaux, pour un total de 22 minutes seulement).
DOLLS est un film ambitieux et risqué, une peinture colorée mais pessimiste des dégâts que causent les
amours impossibles. Une oeuvre qui laissera sans aucun doute une partie des spectateurs de marbre puisque
le parallèle établi avec le Bunraku ne passionnera évidemment pas toutes les foules.
Après la projection, DOLLS a survécu de longues heures en moi, teintant mon inconscient d’une douce et très amère mélancolie.
8.5/10
TEQUILA :
Dolls est un film profondément mélancolique qui peint le destin dramatique de trois relations amoureuses.
Confectionné comme une œuvre d’art, avec des teintes déclinées sur les 4 saisons de l’année (des cerisiers en
fleurs aux pistes enneigées en passant par un rouge automnale saisissant), ce long métrage de Takeshi Kitano procure
un plaisir graphique de tous les instants.
Peintre de talent (on a pu mesurer son inspiration à travers les nombreux tableaux qui parsèment Hana Bi ), le
réalisateur a bâti son œuvre autour de 3 histoires, la première d’entre elles pouvant être assimilée à une ligne
directrice héritée du théâtre de marionnette japonais.
Si l’amour de la représentation et le soin fétichiste apporté aux costumes constituent les attraits immédiats du
film, ils restent cependant au service d’un flot d’émotion continu et sincère.
Les thématiques abordées sont nombreuses (trahison, thérapie post traumatique, adulation ironiquement aveugle, vie
superficielle…) mais elles ont un point commun : elles puisent leur source dans une relation amoureuse manquée.
Profondément amère et humain, Dolls est un film dans lequel il faut se plonger en laissant son cœur grand ouvert.
10/10
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