SCENARIO :
Michio Hayashi travaille pour la recherche médicale. Dix ans auparavant, il a conçu une machine
novatrice qui permet à la compagnie qui l’emploie de faire de gros profits. Ses employeurs ont de
grandes espérances avec son nouveau projet, une chaise roulante intelligente qui fait corps avec
son malade. Soumis à cette forte pression, Michio Hayashi traverse une crise difficile à gérer. Un
jour, lors d’une expérimentation, il fait la connaissance de son « doppelganger », un double qui,
d’après les croyances locales, annoncerait une mort prochaine...
COMMENTAIRES :
YUME :
Après une introduction étrange digne de Kairo ou Cure, Kurosawa réussit d’emblée à donner le ton du
film grâce au générique. Sur une musique stressante, le portrait de Koji Yakusho se dédouble pour
finalement s’afficher en deux portraits aux expressions totalement opposées mais tout aussi inquiétantes
l’une que l’autre. De cette façon l’ambiance du film est posée, mais aussi sa narration.
Kurosawa retravaille ici avec son acteur fétiche Koji Yakusho. Et comme à l’accoutumée, le résultat
de cette parfaite entente, et complicité, explose à l’écran. Car l’impact du film, son coté stressant
et bizarre, est sans nul doute dû à la prestation, ou même plutôt à la double prestation de Koji
Yakusho. Interprétant un même personnage, mais sous deux personnalités différentes, il se révèle
tout aussi à l’aise dans la douceur que la violence explosive, avec assez de subtilité pour que les
deux faces de la personnalité se confonde légèrement, jusqu’à par moment brouiller les pistes et
amener le spectateur à ne plus savoir quelle face de la personnalité est à l’écran. Cette histoire
de double personnalité, face étrange du film comme les aime Kurosawa, n’est pourtant pas clairement
expliquée. A-t-on affaire à un vrai double, comme cela est suggéré de temps en temps par les
interactions physiques. Ou bien est-ce un dédoublement schizophrénique, une image mentale du héros,
comme le reste du film le laisse penser (assimilation et acceptation du personnage de sa face noire
etc...). Le mystère reste entier à la vision du film, mais n’est finalement pas essentiel au film,
chacun y trouvant son compte.
Sur le plan purement technique, Kurosawa a magistralement résolu le problème majeur du film : avoir
deux Koji Yakusho à l’image en même temps. Pour cela, pas besoin d’effets spéciaux coûteux, hors de
portée du budget du film, mais plutôt place à un retour ingénieux aux effets à l’ancienne : doublure
corps quand un des personnages ne montre pas son visage, effets de profondeurs des champs avec
superposition de plans, et même couper l’écran en deux ou trois parties et ainsi intégrer dans chaque
des plans filmés séparément. Le résultat est proprement bluffant.
Mais non content de nous servir un personnage à deux personnalités opposées, Kurosawa ose sans aucun
préavis faire basculer son film de manière inattendue dans une seconde partie, sorte de doppelganger
de la première, complètement décalée. La noirceur du ton laisse donc la place à un road movie burlesque
étonnant et détonnant.
Doppleganger reste donc un film parfaitement dans la lignée des réalisations récentes de Kurosawa : étrange,
fascinant, inquiétant par moment, déroutant aussi (plus encore que les films précédents). A voir, ne
serait-ce que pour l’interprétation sublime de Koji Yakusho.
8.5/10
BUNMAN :
Après la déception de Seance, je me suis dit, on va embrayer sur le dernier film de Kyoshi Kurosawa,
histoire de repartir sur le bon pied. Et bien j'aurais peu être pas du les enchaîner, car la déception
fut encore plus grande.
Je ne suis absolument pas rentré dans le sujet, avec une certaine honte je vais même dire que j'ai eu
des moments de somnolence. Traiter le sujet des Doppelgangers, c'est en soit une bonne idée car
jusqu'ici ce cas pathologique a eu très peu de développement dans le cinéma en général et dans le
cinéma asiatique encore plus.
En effet, hormis un bon petit film d'Avi Kershner, réalisé en 1990, avec Drew Barrymore, je n'ai pas
souvenir de succès dans le genre. Doppelganger reprend donc le même thème du double maléfique qui
vient pourrir la vie de l'original, en faisant le vide autour de celle-ci. Avi Kershner avait misé
donc sur Drew Barrymore et, hum, sa plastique au combien sympathique pour dynamiser son film de
scènes de douche et autres moments semi érotiques.
Pour Kyoshi Kurosawa, les rôles du Doppelganger et du bon sont interprétés par son acteur fétiche
Koji Yakusho, qui même s'il n'a pas la plastique de Drew Barrimore, fait preuve d'une réelle justesse
comme d'habitude, interprétant donc avec brio ces deux personnages aux comportements vraiment antagonistes.
Il faut signaler aussi des effets spéciaux réellement réussis, qui rendent d'autant plus crédible le thème
et les personnages.
En dehors de ça, je suis donc resté sur ma faim, on se désintéresse assez vite de ce qui va arriver aux
personnages, certes le double maléfique fait bien son job, mais bon cela n'a pas suffit pour me tenir en
haleine pendant tout le film. Il en ressort un film en demi teinte, avec une réalisation super soignée
ainsi qu'une réelle maîtrise de son art, mais après pour ma part, un scénario bancal qui m'a très peu touché.
6/10
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