SCENARIO :
Norimichi et Yusuke semblent en pincer pour la même fille, la jolie mais discrète Nazuna. Cette dernière
va alors commencer à agir étrangement : ses camarades de classe ne le savent pas encore, mais les parents
de la jeune fille vont divorcer, et Nazuna devra quitter l’école et la ville pour suivre sa mère.
Loin de tous ces premiers désordres amoureux, le reste de la joyeuse bande commence à se passionner pour
cette journée qui doit se clôturer par un feu d’artifices. Mais une question les divise : les feux
d’artifices sont-ils plats ou bien ronds, lorsqu’on les observe de coté ?
COMMENTAIRES :
OLI :
Iwai Shunji sort de l’école du vidéoclip. Fort de ses succès en la matière, il se lance bien vite dans des
réalisations plus ambitieuses, et les courts métrages qu’il va alors réaliser pour la télévision (depuis 1991)
vont lui permettre de s’aguerrir tant au niveau de la réalisation que sur le strict plan narratif. Mais ces
courts vont être bien plus que de simples brouillons de ses films à venir, certains sont en effet de véritables
petits bijoux (PICNIC, et plus tard le superbe APRIL STORY). FIREWORKS se situe d’ailleurs à peu près au même
niveau que les deux films précités: il s’agit en effet d’une oeuvre intéressante à plus d’un titre.
La réalisation est calme et maîtrisée, on sent que Iwai cherche, et parvient, à s’éloigner de l’esthétique
vidéoclip. Les couleurs occupent déjà une place prépondérante dans le récit, notamment ces bleus magnifiques
auréolant toutes les scènes au bord de la piscine. Avec ces teintes, et ces musiques (Remedios, un des
compositeurs attitré de Iwai signe avec FIREWORKS une très belle partition), on parvient à se détendre,
à rire, à prendre du bon temps. Aux cotés de tous ces jeunes, Iwai réussit le tour de force de nous faire
retomber en enfance, et on se surprend à s’amuser gaiement des émerveillements naïfs et enfantins de tous
ces jeunes écoliers, on aborde aussi plus gravement ces instants plus noirs durant lesquels on découvre que
même des jeunes à priori sans histoires peuvent cacher des blessures secrètes.
FIREWORKS est donc incontestablement une belle réussite, et il apporte déjà la preuve que Iwai sait dépeindre
les joies et les petits malheurs des enfants comme peu d’autres réalisateurs. Cette jeunesse japonaise, Iwai
semble l’aimer, et il en a aussi bien abordé les cotés les plus touchants (LOVE LETTER, APRIL STORY) que les
plus sombres (ALL ABOUT LILY CHOU-CHOU), faisant alors passer les travaux d’autres réalisateurs s’étant attarder
sur les maux de cette jeunesse pour de vulgaires brouillons.
Si vous appréciez le style Iwai, cette douce mélancolie qui transpire de la plupart de ses oeuvres, vous devez
découvrir son court métrage FIREWORKS. Car parfois il est bon de faire comme Peter Pan et de retrouver ses 13 ans,
pour s’émerveiller comme la joyeuse petite bande du film, avec vos vieux yeux d’enfants, d’un simple feu
d’artifices déchirant les entrailles de la nuit.
8/10
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