SCENARIO :
Le Japon au XVIème siècle : trois clans luttent pour asseoir leur domination sur le pays. Takeda
Shingen rêve de réunifier les différentes régions pour, enfin, faire du Japon un pays fort et puissant,
pour que s’arrêtent ces guerres sanglantes qui ravagent les campagnes.
Souvent secondé par Nobukado, son frère, pour le remplacer dans les moments délicats, ce dernier,
visiblement fatigué par ce rôle, va trouver un remplaçant : un voleur condamné à mort. Le sosie parfait,
l’ombre incarnée de Takeda Shingen. Ce double, ce « kagemusha » tout d’abord réticent, va bientôt être
amené à prendre d’avantage de responsabilités le jour où, au grand malheur du clan, le Seigneur Shingen
va se faire grièvement blesser…
COMMENTAIRES :
DARTH-OLI :
Après l’échec retentissant que fut Dodes’Kaden, Kurosawa alla chercher du soutien à l’étranger. En
Russie tout d’abord, pour mettre sur pied Dersou Ouzala, puis aux Etats-Unis, où grâce à Georges Lucas
et Francis Ford Coppola, il trouva les fonds nécessaires à la réalisation de Kagemusha.
Peut-on vivre dans l’ombre d’un homme sans s’oublier soi même ? Kurosawa pose la problématique, lorsque
Nobukado avouera avoir du mal à vivre depuis qu’il n’est plus l’ombre de son frère… depuis qu’il n’est plus
celui qu’il a dû incarner des années durant … si longtemps qu’il est alors possible de perdre sa propre
personnalité pour épouser celle de la personne originale. Le nouveau Kagemusha illustrera parfaitement cette
situation puisque, les années passant, il en viendra à incarner parfaitement le véritable Shingen, à tel point
que certains se demanderont même si il n’y a pas un peu de Takeda dans cet homme là. Le sosie se prendra ainsi
d’affection pour son présumé petit fils, il acquérra d’avantage d’aplomb dans ses réparties et ses choix politiques,
et comme le vrai Shingen, il se mettra à dos le fils naturel de ce dernier. L’ombre se fondra dans le moule
original, comme le caméléon, le Kagemusha verra ce mimétisme imprégner sa peau, pour plus tard, poindre jusqu’à
son cœur.
Une nouvelle fois, Kurosawa nous livre un grand film, mêlant le destin guerrier de centaines d’hommes à celui
d’une poignée d’entre eux, rongés par la jalousie et la soif de reconnaissance. Une fresque tragique et violente,
où Kurosawa nous révèle que derrière le clinquant des armées féodales japonaises se cachaient aussi une barbarie
sauvage et une fourberie … finalement très humaine.
9/10
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