MATRUBHOOMI : A NATION WITHOUT WOMEN (2003)

A.k.a : Matrubhoomi
Genre : Plaidoyer fantastique
Durée : 1h33
De : Manish Jha
Avec : Joshi, Sudhir Pandey, Piyush Mishra, Pankaj Jha, Deepak Kumar
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SCENARIO :

Dans une Inde rurale futuriste, les femmes ont pratiquement disparu en raison d’innombrables infanticides féminins. Cette absence de femmes oblige les hommes à se tourner vers d'autres sources de libération : pornographie, homosexualité, bestialité, violence, travail... Un beau jour, une jeune fille est repérée. Elle est rapidement vendue et mariée à cinq frères. Ces derniers, ainsi que son beau-père, exercent leurs droits conjugaux à tour de rôle. Mais la jeune femme commence à se rapprocher du plus jeune frère, le seul qui la traite en tant qu'être humain, à la grande désolation du père et des autres frères…


COMMENTAIRES :

YUME : Malgré qu’en Inde de nombreuses divinités de première importance soient des déesses, la condition de la femme reste bafouée. Continuellement sous estimées, humiliées, battues, les femmes sont en Inde totalement méprisées. La cause ? Tout simplement la dot (pourtant abolie) que toute famille doit verser à la famille de l’époux de leur fille. Une dot qui demande alors à toute famille ayant une fille de travailler énormément et économiser depuis la naissance de l’enfant. Cet état de fait a alors pour monstrueuse conséquence l’infanticide des bébés filles juste après la naissance. L’équilibre démographique de l’Inde est donc de plus en plus menacé.

Se basant sur des études démographiques des plus sérieuses au sujet de ce futur manque de filles en Inde, Manish Jha pousse l’idée à l’extrême et ouvre son film sur une Inde dépeuplée de femmes. Le ton est alors plutôt humoristique, égratignant le machisme indien à tour de bras dans par exemple une hilarante scène digne d’un film de Bollywood où un homme se travestie pour danser devant un parterre de males surexcités.
Le film fait plutôt mouche à tous les coups sur un ton satirique, qui disparaît bien vite lors de la seconde partie du film qui en devient dramatique. Bien que les hommes sachent que la femme est un bien précieux, aucun ne la traite correctement, incapables de prendre conscience et changer le comportement qui a valu la presque extinction des femmes. Malheureusement, cette seconde partie voit son impact diminué par sa monotonie générale, avec répétitions de même scènes un nombre incalculable de fois. Scènes censées marquer l’imbécillité des hommes, mais qui lassent fortement.

Matrubhoomi est quand même un film intéressant et surtout osé car engagé. Quand on sait les déchaînements de violence qui peuvent avoir lieu en Inde envers les films, les cinémas, les réalisateurs qui évoquent des sujets tabous (Deepa Mehta en avait déjà fait les frais avec sa trilogie), espérons que la foule comprenne le message de Manish Jha lorsque son film sortira mi 2004 en Inde. 7/10