SAMARIA(2003)

A.k.a : Samaritan Girl
Genre : Drame humain
Durée : 1h35
De : Kim Ki-Duk
Avec : Lee Eol, Seo Min-jeong, Gwak Ji-Min
Vidéo 1.85:1 - 16/9 anamorphique
Audio Coréen - Dolby Digital 5.1
Coréen - Dolby Digital 2.0
Sous-Titres Anglais amovibles
Coréen amovibles
Bonus - Bande annonce du film
- TV Spots
- Bande originale du film sur cd audio
- Livret collector
- Making of
Présentation Menus animés musicaux
Chapitrage animé
Edition Starmax
Format NTSC - Edition limitée vendue avec un cd audio
Zone 3
Prix Conseillé 19€
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SCENARIO :

Jae-yeong est une jeune fille encore insouciante : désireuse de s’envoler pour l’Europe, elle n’a pas trouvé de moyen plus simple et plus rapide que la prostitution pour parvenir sans mal à ses fins. Elle prend le tout avec calme et naïveté, bientôt convaincue d’être capable, à l’image de prostituées légendaires, d’apporter bonheur et félicité à ses nombreux clients. Yeo-jin, sa meilleure amie mais aussi sa plus proche collaboratrice, voit bientôt d’un très mauvais œil les esquisses de relations que Jae-yeong tente de tisser avec ces hommes traversant épisodiquement sa vie.


COMMENTAIRES :

YUME : On connaissait le penchant de Kim Ki-Duk pour les histoires noires, violentes et humaines, malgré une certaine exagération nécessaire mais dérangeante. Samaritan Girl ne déroge pas à la règle, mais dénote réellement en comparaison de la filmographie du réalisateur, qui l’avoue lui même en disant que ce film est un tournant dans sa carrière.
En effet alors que les personnages des films précédents se renfermaient sur eux, Kim Ki-Duk essaie ici de montrer un phénomène social dont les personnages sont justes des protagonistes qui essaient de le comprendre ou vivre avec. Alors bien entendue cette distinction peut paraître minime ou juste une question de vocabulaire, mais toujours est-il que Samaritan Girl est un film sensiblement différent des réalisations précédentes.

Tourné en 10 jours seulement avec un budget restreint, Kim Ki-Duk arrive cependant à maîtriser totalement sa mise en scène, faisant ressortir une certaine poésie des situations les plus graves et lourdes de sens. Car Samaritan Girl, bien qu’il ne juge à aucun moment (la force des films de Kim Ki-Duk) est un film dextrement dur sur le plan moral. Il est en effet presque impossible de rester de marbre face au sourire perpétuel de Jae-Young, qui l’accompagne même dans la mort, ni de rester insensible à la détresse de Yeo-Jin.
Le sujet du film est grave, prostitution d’une adolescente qui fait ça par amour pour son amie, traité sur un thème du catholicisme : la samaritaine, le nom de chacune des trois partie du film... Et c’est d’ailleurs cette forme qui a valu au film une réputation plus que sulfureuse, à cause de l’affiche mettant en scène l’héroïne nue, seulement vêtue d’une coiffe de nonne (affiche censurée bien entendue quelque temps après sa sortie). Et pourtant Samaritan Girl ne traite à aucun moment de religion.

Sûrement jugé plus ou moins immoral selon les sensibilités, Samaritan Girl est finalement un film grave. Un film d’une grave beauté. 9/10

OLI : Kim Ki-Duk ne peut rien faire comme tout le monde. Aussi je ne m’attendais pas à un simple nouveau film sur cette prostitution adolescente et volontaire, genre difficile mais qui commence à être assez couru en raison du développement de ce phénomène dans l’Asie entière (Japon, Taiwan, et bien évidemment Corée du Sud). Kim Ki-Duk prend ainsi bien vite ses distances avec deux films ayant marqué le genre ces dernières années : il n’a opté ni pour le récit très riche et truffé de personnages de ALL ABOUT LILY CHOU-CHOU (Iwai Shunji), ni pour le parti pris du documentaire (BOUNCE KO GALS, de Harada Masato). Bien entendu, il ne faut pas non plus s’attendre à un simple point de vue critique vis-à-vis du phénomène de la prostitution volontaire de ces jeunes adolescentes : Kim Ki-Duk ne pouvait se contenter de cela, le phénomène d’ailleurs ne pouvant se résumer à cela, le problème étant d’une complexité rare.

Le film démarre pourtant comme un énième BOUNCE KO GALS : deux jeunes filles, l’une vendant son corps, l’autre arrangeant les rendez vous malgré elle, le tout bien entendu non pour survivre, mais pour se payer le luxe d’un voyage en Europe. D’un coté la jeune Jae-yeong, pleine de vie et de naïveté, convaincue d’œuvrer pour le meilleur, ne voyant le mal nulle part, et surtout pas dans ces hommes qu’elle se propose de conforter amoureusement. De l’autre coté il y a Yeo-jin : plus terre à terre, plus inquiète aussi. Elle aide son amie dans l’organisation des rendez vous, elle monte également la garde devant les appartements, juste au cas où un flic serait tenté de s’intéresser trop à elles. Bien évidemment sa démarche semble dictée par une amitié (amour ?) sans bornes pour sa jeune amie, et plutôt que de rester à l’écart d’un système qui la dégoûte, elle préfère y plonger les deux pieds en avant par peur de perdre son espiègle Jae-yeong pour toujours.
Le récit va alors évoluer dans des directions que l’on ne pouvait soupçonner au départ, aussi je ne vous en parlerai pas plus dans les détails : de multiples émotions vont traverser les protagonistes, un personnage un peu à l’écart va bientôt se recentrer dans l’histoire, il y aura des larmes, des tensions, des retrouvailles aussi. Le tout bien entendu sous l’œil affiné de Kim Ki-Duk, baladant majestueusement sa caméra depuis Séoul jusqu’à ces montagnes magnifiques et reculées, s’imposant alors comme des camps retranchés de la folie humaine.

Si Kim Ki-Duk signe avec SAMARIA une œuvre parfaitement maîtrisée, ce n’est sans doute pas le meilleur film de l’année, ni même le long métrage le plus intéressant de son réalisateur : mais qu’importe. Le film parvient à transporter ses spectateurs, à les faire réfléchir, à les émouvoir également : n’est-ce pas là tout ce que l’on est en droit de demander au cinéma ? 8.5/10